Développer un produit innovant et parvenir à le fabriquer de manière fiable à une échelle commerciale sont deux défis très différents.
Une jeune entreprise française peut avoir mené à bien ses recherches en laboratoire, protégé sa propriété intellectuelle, construit un prototype et validé sa technologie auprès de clients potentiels. Elle peut néanmoins ne pas disposer des ressources nécessaires pour acquérir des équipements industriels, qualifier un procédé de fabrication, obtenir les certifications requises, aménager un site de production, recruter une équipe industrielle et financer la période précédant l’atteinte d’un niveau de production stable.
Le dispositif Première Usine de France 2030 a été créé pour répondre à ce besoin de financement de l’industrialisation.
Première Usine soutient les jeunes entreprises industrielles innovantes ainsi que les petites et moyennes entreprises qui préparent le premier déploiement industriel d’un nouveau produit ou d’un nouveau procédé de fabrication en France. Le dispositif peut contribuer à la création d’une première usine, d’une ligne pilote ou d’une première ligne de production, ainsi que de capacités préindustrielles partagées permettant à des produits innovants d’accéder au marché.
Au 23 juillet 2026, l’appel à projets reste ouvert. La prochaine date de dépôt publiée est fixée au 8 septembre 2026 à 12 heures, heure de Paris. La dernière échéance prévue est le 6 avril 2027 à 12 heures. Les projets doivent généralement représenter plus de 5 millions d’euros de dépenses totales admissibles et durer approximativement de 12 à 48 mois.
Qu’est-ce que le dispositif Première Usine ?
Première Usine est un instrument de France 2030 administré par Bpifrance pour le compte de l’État français. Il est placé sous le suivi de la Direction générale des entreprises et du Secrétariat général pour l’investissement.
Le dispositif a été lancé en 2022 afin d’aider les jeunes entreprises industrielles innovantes et les PME à créer leur première capacité de production en France. Son objectif ne consiste pas uniquement à soutenir des entreprises individuelles. Il vise également à transformer les capacités scientifiques et entrepreneuriales françaises en moyens de production, en emplois industriels, en chaînes d’approvisionnement stratégiques et en activités manufacturières commercialement viables.
Première Usine intervient dans la partie avancée du parcours de financement de l’innovation au sein de France 2030. Des dispositifs tels qu’i-Lab, i-Nov et i-Démo servent principalement à réduire les risques scientifiques, technologiques et liés au développement. Première Usine répond au défi suivant : démontrer qu’un produit innovant peut être fabriqué de manière répétée, économiquement viable, sûre et à une échelle compatible avec la demande du marché.
Cette distinction est essentielle. Un prototype techniquement validé n’est pas automatiquement prêt pour la production. L’industrialisation nécessite des procédés reproductibles, des fournisseurs qualifiés, des contrôles de qualité, des outils de production, le respect des exigences réglementaires, du personnel formé, un besoin en fonds de roulement correctement financé et un plan réaliste de montée en cadence.
L’appel à projets 2026-2027 actuellement ouvert
La version actuelle du dispositif a été ouverte en janvier 2026. Trois dates de dépôt ont été publiées : le 7 avril 2026, le 8 septembre 2026 et le 6 avril 2027.
L’échéance d’avril 2026 est passée. Pour les nouveaux candidats, la prochaine date pertinente est donc le 8 septembre 2026. La dernière possibilité actuellement prévue est fixée au 6 avril 2027.
La procédure publiée commence par le dépôt d’un dossier simplifié. Les projets retenus à l’issue de cette première analyse peuvent ensuite être invités à présenter un dossier technique, industriel, environnemental et financier complet.
Le dossier simplifié ne doit pas être considéré comme une simple manifestation d’intérêt. Il doit déjà démontrer que l’entreprise, la technologie, le projet d’usine, la structure de financement et les perspectives commerciales correspondent aux objectifs du dispositif.
Tableau 1. Principales conditions de l’appel à projets Première Usine actuellement ouvert
| Condition | Exigence actuelle |
|---|---|
| État de l’appel à projets | Ouvert au 23 juillet 2026 |
| Prochaine échéance | 8 septembre 2026 à 12 heures, heure de Paris |
| Dernière échéance prévue | 6 avril 2027 à 12 heures, heure de Paris |
| Candidat | Jeune entreprise industrielle innovante ou PME |
| Structure de la candidature | Généralement une entreprise porteuse unique plutôt qu’un consortium financé |
| Taille minimale du projet | Plus de 5 millions d’euros de dépenses totales admissibles |
| Durée indicative du projet | De 12 à 48 mois |
| Lieu de l’investissement | France |
| Forme du financement | Subvention associée à une avance remboursable |
| Répartition actuelle de l’aide | 50 pour cent sous forme de subvention et 50 pour cent sous forme d’avance remboursable |
| Objectif principal | Première industrialisation d’un produit ou d’un procédé innovant |
Le seuil de 5 millions d’euros concerne le total des dépenses admissibles présentées dans le projet. Il ne s’agit pas du montant minimal de l’aide publique et cela ne signifie pas que l’État financera la totalité de l’investissement.
Qui peut déposer une candidature ?
Le dispositif actuel s’adresse aux jeunes entreprises industrielles innovantes et aux PME.
Selon la définition européenne des PME, l’entreprise doit généralement employer moins de 250 personnes et présenter soit un chiffre d’affaires annuel ne dépassant pas 50 millions d’euros, soit un total annuel de bilan ne dépassant pas 43 millions d’euros.
Le calcul doit tenir compte des entreprises partenaires et liées. Une société appartenant à un groupe ne peut pas déterminer son statut de PME uniquement à partir des comptes de la personne morale française qui dépose la candidature.
La formulation officielle de l’appel à projets actuel vise les jeunes entreprises industrielles et les PME innovantes. D’anciens documents et certaines présentations antérieures peuvent également mentionner les entreprises de taille intermédiaire. Les candidats doivent toutefois se fonder sur le cahier des charges actuel et non sur des résumés archivés du dispositif.
Le candidat doit être capable de diriger le projet industriel et d’en exploiter les résultats. Des fournisseurs, bureaux d’études, entreprises de construction, fabricants d’équipements, laboratoires et futurs clients peuvent contribuer au projet. Cependant, Première Usine n’est pas organisé comme un consortium de recherche i-Démo dans lequel plusieurs partenaires reçoivent chacun une aide distincte.
Une structure particulière peut également être créée pour mettre en place des capacités préindustrielles ou productives partagées entre plusieurs jeunes entreprises industrielles. Un tel projet doit reposer sur un modèle crédible de propriété, d’accès, de gouvernance et de financement.
Il faut préciser qui contrôle les actifs, comment les entreprises accèdent aux équipements, comment les frais de fonctionnement sont couverts et de quelle manière l’installation contribue à l’industrialisation de produits innovants.

Que signifie réellement « première usine » ?
L’expression « première usine » ne doit pas être interprétée de manière trop restrictive.
Une entreprise ne doit pas nécessairement construire son tout premier bâtiment industriel. La question principale consiste à déterminer si le projet représente la première industrialisation du produit, de la technologie ou du procédé innovant concerné.
Une PME existante peut donc être admissible lorsqu’elle crée une activité de fabrication véritablement nouvelle et sensiblement différente de sa production actuelle.
Une entreprise qui dépendait auparavant de fabricants sous contrat peut être admissible lorsqu’elle crée sa première capacité industrielle interne. Une ligne pilote ou une première ligne de production peut également entrer dans le dispositif lorsqu’elle est nécessaire au lancement commercial et représente un véritable passage du développement à la fabrication industrielle.
Tableau 2. Types de projets susceptibles de correspondre à Première Usine
| Type de projet | Objectif industriel possible | Condition principale |
|---|---|---|
| Première usine commerciale | Créer le premier site de fabrication d’un produit innovant | La technologie et le produit doivent être suffisamment mûrs |
| Première ligne de production | Lancer une production commerciale ou précommerciale reproductible | La ligne doit constituer une véritable première industrialisation |
| Ligne pilote industrielle | Valider les résultats de fabrication tout en fournissant les premiers clients | Le projet doit dépasser le stade du démonstrateur de recherche |
| Nouvelle activité industrielle au sein d’une PME existante | Produire un nouveau produit au moyen d’un procédé sensiblement différent | Il ne doit pas s’agir d’une extension ordinaire de l’activité existante |
| Capacité de production sur le site d’un tiers | Installer une ligne réservée sur un site industriel spécialisé | Le candidat doit conserver un contrôle suffisant sur le projet |
| Plateforme industrielle partagée | Mettre des équipements ou des capacités à la disposition de plusieurs entreprises innovantes | La gouvernance, l’accès, la propriété et les recettes doivent être organisés de manière crédible |
L’entreprise doit décrire précisément son point de départ industriel. Elle doit expliquer ce qui a déjà été validé, quelle capacité de production n’existe pas encore et pourquoi l’investissement proposé constitue un premier déploiement industriel plutôt qu’une croissance ordinaire.
Ce que Première Usine ne finance pas
Première Usine n’est pas une subvention générale à la construction d’usines.
Une augmentation classique de capacité pour un produit déjà établi a peu de chances de correspondre au dispositif. Le remplacement de machines anciennes par des équipements courants, l’ouverture d’une succursale régionale ordinaire, le déplacement d’une ligne de production existante ou le financement d’un projet immobilier sans contenu technologique et industriel important ne correspondent généralement pas à ses objectifs.
Un projet peut également être trop précoce si la technologie centrale nécessite encore d’importantes recherches, une refonte fondamentale ou une démonstration à grande échelle dont l’issue reste incertaine. Dans ce cas, i-Démo ou un autre instrument de recherche-développement peut être plus approprié.
À l’autre extrémité du cycle de développement, un investissement peut être trop courant si le procédé est déjà entièrement normalisé et si le seul objectif consiste à augmenter les volumes d’un produit commercialement établi.
La question essentielle concerne le risque restant. Première Usine peut prendre en charge une partie du risque lié à la première mise en œuvre industrielle, mais il n’a pas vocation à remplacer un financement d’entreprise ordinaire pour une extension prévisible.
Différence entre maturité technique et maturité industrielle
Les candidats sous-estiment souvent l’écart entre un prototype fonctionnel et un système de production stable.
La maturité technique signifie que le produit ou le procédé peut remplir la fonction prévue. La maturité industrielle signifie qu’il peut être fabriqué avec une qualité constante, au coût visé, au rythme prévu, avec un rendement acceptable et une chaîne d’approvisionnement fiable.
Une entreprise peut disposer d’un prototype réussi sans avoir encore défini les caractéristiques de production, les contrôles du procédé, les matières qualifiées, les méthodes d’essai industrielles, les autorisations réglementaires, les fournisseurs fiables, les modalités d’entretien ou l’équipe de production expérimentée nécessaires.
Pour Première Usine, l’entreprise doit pouvoir démontrer que les principales questions de recherche ont été résolues. Certaines améliorations industrielles peuvent rester nécessaires, mais le projet ne doit plus dépendre de la démonstration du fonctionnement fondamental de l’invention.
Dépenses admissibles
Le dispositif peut soutenir les dépenses directement liées au projet d’industrialisation.
Selon le régime d’aide d’État applicable et l’évaluation du projet, les catégories admissibles peuvent notamment comprendre :
-
les machines de production, l’outillage, les systèmes automatisés, les équipements de contrôle de qualité et les installations industrielles spécialisées ;
-
les travaux d’ingénierie et d’industrialisation nécessaires pour transformer une conception validée en un procédé de fabrication maîtrisé ;
-
les brevets, licences, connaissances techniques, logiciels et autres actifs incorporels nécessaires à la production ;
-
les essais, la qualification, la certification, la normalisation et les travaux réglementaires liés au lancement industriel ;
-
certains coûts de terrains, bâtiments, aménagements et installation du site, lorsque le régime d’aide applicable le permet ;
-
les dépenses de personnel directement attribuables, les services de conseil et les prestations techniques externes acceptées dans le cadre du programme.
Toutes les dépenses du budget global de l’usine ne seront pas automatiquement admissibles. Le besoin total de financement peut comprendre des dépenses immobilières non admissibles, des frais commerciaux, le besoin en fonds de roulement, les réserves pour imprévus, les charges de financement et les pertes d’exploitation pendant la montée en cadence.
Le candidat doit donc distinguer clairement le coût industriel total du projet, la base de dépenses admissibles, le montant d’aide publique demandé et le besoin résiduel de financement privé.
La règle relative au démarrage du projet
L’aide d’État doit produire un effet incitatif. L’entreprise doit donc déposer sa demande avant de prendre des engagements irréversibles qui montreraient que le projet aurait été réalisé sous la même forme sans soutien public.
Les candidats doivent être particulièrement prudents avant de signer des commandes fermes d’équipements, de commencer les travaux de construction, d’accepter des contrats industriels non résiliables ou de lancer les activités pour lesquelles une aide sera demandée.
Les études préparatoires, les échanges avec les fournisseurs, la recherche d’un site, la planification technique et les négociations financières peuvent ne pas être traités de la même manière que le démarrage officiel de l’investissement. La distinction peut toutefois avoir des conséquences juridiques et financières importantes.
La solution la plus sûre consiste à établir une chronologie documentée du projet et à obtenir une confirmation écrite de Bpifrance avant d’engager des dépenses importantes.
Même un projet industriel solide peut perdre son droit au financement si l’investissement admissible est considéré comme ayant commencé trop tôt.
Subventions et avances remboursables
L’appel à projets Première Usine actuellement ouvert prévoit une aide combinant subvention et avance remboursable.
L’aide accordée est répartie à parts égales :
-
50 pour cent de l’aide sous forme de subvention ;
-
50 pour cent de l’aide sous forme d’avance remboursable.
Cette répartition concerne l’aide publique accordée. Elle ne signifie pas que le soutien public couvrira 100 pour cent des coûts du projet.
Prenons l’exemple d’un projet comprenant 10 millions d’euros de dépenses admissibles. Si l’intensité finale de l’aide publique est fixée à 30 pour cent, l’aide totale s’élèvera à 3 millions d’euros.
Selon la répartition à parts égales, 1,5 million d’euros sera accordé sous forme de subvention et 1,5 million d’euros sous forme d’avance remboursable. L’entreprise devra encore financer 7 millions d’euros de dépenses admissibles, ainsi que les dépenses non admissibles et le besoin en fonds de roulement.
Tableau 3. Exemple indicatif de financement Première Usine
| Élément de financement | Montant indicatif |
|---|---|
| Dépenses totales admissibles du projet | 10 000 000 euros |
| Intensité indicative de l’aide publique | 30 pour cent |
| Aide publique totale | 3 000 000 euros |
| Subvention, soit 50 pour cent de l’aide | 1 500 000 euros |
| Avance remboursable, soit 50 pour cent de l’aide | 1 500 000 euros |
| Dépenses admissibles financées par l’entreprise et d’autres sources privées | 7 000 000 euros |
Cet exemple est fourni à titre indicatif et ne représente pas une intensité d’aide garantie.
Le montant final dépend des règles d’aide d’État applicables, des caractéristiques du projet, de son implantation, de la taille de l’entreprise, des catégories de dépenses admissibles, des autres aides publiques et de l’analyse financière menée par Bpifrance.
L’entreprise doit également comprendre le mécanisme de remboursement. Une avance remboursable ne constitue pas des fonds propres et ne doit pas être considérée comme une ressource financière permanente.
La convention de financement fixe les conditions et le calendrier de remboursement. Elle peut également établir un lien entre le remboursement et les résultats techniques ou commerciaux du projet.
Pourquoi le financement privé reste indispensable
Première Usine vise à mobiliser des capitaux privés, et non à les remplacer.
Le candidat doit généralement démontrer qu’il dispose de fonds propres suffisants, d’un soutien de ses actionnaires, de prêts bancaires, de crédit-bail, de financements apportés par des investisseurs ou d’autres ressources crédibles.
L’aide publique peut renforcer la structure financière et réduire une partie du risque industriel, mais l’entreprise reste responsable d’une part importante de l’investissement.
La dernière évaluation officielle du soutien apporté par France 2030 aux jeunes entreprises industrielles a montré que la valeur médiane des aides Première Usine accordées à ces entreprises atteignait environ 2 millions d’euros. Le taux médian d’aide publique représentait approximativement 37 pour cent des dépenses des projets soutenus.
L’évaluation a également constaté qu’une aide France 2030 pouvait constituer un signal positif pour les banques, les investisseurs, les clients et les fournisseurs. Toutefois, les investisseurs privés continuent de mener leur propre analyse technique et commerciale.
Ces résultats sont importants pour les candidats. Ils montrent qu’une sélection dans le cadre de Première Usine peut renforcer la crédibilité du financement, mais qu’elle ne remplace ni la préparation à l’investissement, ni les preuves commerciales, ni un plan industriel susceptible d’obtenir un financement bancaire.
Le montage financier de Vulkam illustre ce principe. L’entreprise a annoncé une opération de financement de 34 millions d’euros pour sa première usine de métaux amorphes. Cette opération associait 14 millions d’euros de fonds propres et environ 20 millions d’euros de prêts et de financements publics.
Sur ce dernier montant, 6 millions d’euros provenaient de dispositifs de France 2030, dont Première Usine, tandis que 14 millions d’euros correspondaient à des emprunts bancaires soutenus par Bpifrance.
La procédure de candidature
La procédure publiée commence par le dépôt d’un dossier simplifié avant la date limite applicable.
Ce premier dossier doit présenter l’entreprise, l’innovation, l’usine envisagée, les investissements admissibles, le calendrier industriel, les perspectives commerciales, les effets environnementaux et le plan de financement.
Les projets jugés adaptés peuvent ensuite être invités à déposer un dossier plus complet.
La phase détaillée exige normalement davantage de preuves concernant le procédé technique, le site, les équipements, les autorisations, la stratégie d’achat, les clients, les fournisseurs, la propriété intellectuelle, les prévisions financières, le financement par les actionnaires, le soutien bancaire et les risques liés à la mise en œuvre.
Une entreprise ne doit pas attendre la présélection pour commencer sérieusement la préparation. L’obtention de devis pour les équipements, l’analyse des sites, la planification réglementaire, la collecte de preuves commerciales, les négociations financières et le recrutement de responsables industriels peuvent nécessiter plusieurs mois.
Dans le même temps, l’entreprise doit éviter de commencer trop tôt l’investissement admissible.
Il existe donc une difficulté de calendrier : le projet doit être suffisamment avancé pour être crédible, mais il ne doit pas faire l’objet d’engagements irréversibles avant la date d’admissibilité applicable.
Comment les projets Première Usine sont-ils évalués ?
Un projet convaincant doit démontrer davantage qu’une technologie intéressante et un bâtiment industriel attrayant.
Les évaluateurs doivent comprendre si l’entreprise peut construire le site, le faire fonctionner, financer la montée en cadence, produire au niveau de qualité attendu, obtenir des clients et créer une valeur économique durable en France.
Tableau 4. Principaux domaines d’évaluation des projets Première Usine
| Domaine d’évaluation | Questions auxquelles la candidature doit répondre |
|---|---|
| Innovation du produit | Le produit est-il réellement différent et protégé contre une imitation facile ? |
| Innovation du procédé | Le système de production crée-t-il un avantage industriel significatif ? |
| Maturité technique | Les principaux risques scientifiques et liés au prototype ont-ils été résolus ? |
| Faisabilité industrielle | Le site, les équipements, les fournisseurs, les autorisations, les effectifs et le calendrier sont-ils crédibles ? |
| Preuves commerciales | Les clients sont-ils prêts à acheter la production prévue ? |
| Économie de la production | L’usine peut-elle atteindre des coûts unitaires, des rendements et des volumes compétitifs ? |
| Capacité financière | L’entreprise peut-elle financer sa contribution, les retards et son besoin en fonds de roulement ? |
| Retombées stratégiques | Le projet renforcera-t-il les capacités industrielles, les chaînes d’approvisionnement ou la souveraineté de la France ? |
| Emploi et retombées régionales | Créera-t-il des emplois industriels durables et des investissements locaux ? |
| Résultats environnementaux | L’installation contribue-t-elle à la décarbonation ou évite-t-elle des atteintes importantes à l’environnement ? |
| Propriété intellectuelle | Le candidat possède-t-il les droits nécessaires pour fabriquer et commercialiser le produit ? |
| Capacité de gestion | L’équipe comprend-elle les compétences industrielles, financières et opérationnelles nécessaires ? |
Le plan d’affaires industriel doit relier ces différents éléments.
Le volume de production doit correspondre à la demande des clients. La capacité des équipements doit être cohérente avec les prévisions de vente. Les recrutements doivent suivre le calendrier de mise en service. Le besoin en fonds de roulement doit tenir compte des délais de paiement des fournisseurs et des clients. Les affirmations environnementales doivent reposer sur des comparaisons mesurables.
L’importance des preuves commerciales
Une usine peut échouer même lorsque sa technologie fonctionne parfaitement.
Elle doit disposer d’une demande suffisante pour couvrir ses coûts fixes et soutenir la montée en cadence. Les candidats doivent donc distinguer un vaste marché théorique d’une demande réellement accessible.
De simples affirmations concernant un marché mondial de plusieurs milliards d’euros sont rarement suffisantes.
La candidature devient plus solide lorsqu’elle est accompagnée d’essais réalisés avec des clients, de procédures de qualification, de lettres d’intention, d’engagements d’achat conditionnels, d’accords d’approvisionnement, de partenariats de distribution ou d’échanges détaillés avec des utilisateurs industriels identifiés.
Les évaluations officielles du soutien aux jeunes entreprises industrielles considèrent l’accès aux premiers marchés comme un défi central. Les entreprises et les investisseurs soulignent régulièrement que les contrats et les preuves commerciales crédibles peuvent être plus déterminants pour la croissance industrielle que des aides techniques supplémentaires.
Une lettre d’intention n’équivaut pas à une commande ferme. Elle peut néanmoins démontrer que le client comprend le produit, son prix prévu, le parcours de qualification, le calendrier de livraison et les risques liés à la production.
Économie industrielle et période de montée en cadence
De nombreux projets d’usine se concentrent fortement sur les bâtiments et les équipements tout en sous-estimant la période qui suit la mise en service.
Une nouvelle ligne de production atteint rarement sa capacité maximale immédiatement. Les premières opérations peuvent être marquées par des rendements plus faibles, des reprises de fabrication, des difficultés avec les fournisseurs, la formation du personnel, la qualification par les clients, des réglages de machines et des retards dans l’obtention des autorisations définitives.
Le modèle financier doit donc prévoir une montée en cadence réaliste plutôt que de supposer que l’usine atteindra sa capacité maximale dès son premier mois de fonctionnement.
L’entreprise doit également financer son besoin en fonds de roulement. Les matières premières peuvent devoir être achetées avant que les clients ne paient. Les produits finis peuvent rester en stock pendant la phase de qualification. Les fournisseurs peuvent exiger des acomptes.
Les salaires, l’énergie, les loyers, les assurances et l’entretien doivent être payés même lorsque la production reste inférieure aux prévisions.
Première Usine peut contribuer à l’investissement, mais le candidat doit démontrer qu’il pourra traverser la période comprise entre la construction de l’installation et l’obtention de flux de trésorerie durablement positifs.

Derniers résultats du dispositif
Première Usine est devenu l’un des principaux instruments d’industrialisation de France 2030.
En avril 2025, le gouvernement français a annoncé neuf lauréats lors de la septième sélection du dispositif. Près de 49 millions d’euros d’aides ont été accordés à ces projets.
À cette date, Première Usine avait soutenu 91 projets au moyen de 392 millions d’euros d’aides publiques. Ces projets représentaient près de 5 milliards d’euros d’investissements productifs prévus.
En 2024, les jeunes entreprises industrielles représentaient 20 pour cent des nouvelles ouvertures d’usines en France, sans tenir compte des extensions de sites existants.
En mars 2026, le gouvernement a annoncé 13 lauréats supplémentaires issus des huitième et neuvième sélections.
Environ 60 millions d’euros ont été accordés dans le cadre de la huitième sélection et près de 21 millions d’euros dans celui de la neuvième. L’aide totale destinée aux 13 projets dépassait ainsi 80 millions d’euros.
Le gouvernement a indiqué que, depuis son lancement, le dispositif avait financé plus de 100 projets pour un montant total d’environ 500 millions d’euros de soutien public.
Tableau 5. Principaux résultats du dispositif Première Usine
| Indicateur | Résultat officiellement publié |
|---|---|
| Lancement du dispositif | 2022 |
| Projets soutenus en avril 2025 | 91 |
| Aides publiques engagées en avril 2025 | 392 millions d’euros |
| Investissements productifs représentés par ces projets | Près de 5 milliards d’euros |
| Nouveaux lauréats annoncés en mars 2026 | 13 |
| Aides accordées lors des huitième et neuvième sélections | Plus de 80 millions d’euros |
| Nombre total de projets annoncé en mars 2026 | Plus de 100 |
| Soutien total du dispositif annoncé en mars 2026 | Environ 500 millions d’euros |
| Jeunes entreprises industrielles recensées en France en mars 2026 | Plus de 3 500 |
| Solde français des ouvertures d’usines et extensions importantes en 2025 | Solde positif de 19 |
Le gouvernement a également indiqué que près de 150 projets d’usines supplémentaires étaient en cours d’émergence en France en 2025.
Le passage de plus de 2 500 jeunes entreprises industrielles recensées en avril 2025 à plus de 3 500 en mars 2026 peut s’expliquer en partie par une amélioration du recensement et par une modification du périmètre étudié. Il ne signifie pas nécessairement que 1 000 entreprises entièrement nouvelles ont été créées pendant cette période.
Ces chiffres doivent donc être interprétés comme des indicateurs de l’évolution de l’écosystème, et non comme une série directe de créations d’entreprises.
Ce que construisent les derniers lauréats
Les huitième et neuvième sélections montrent la diversité sectorielle du dispositif.
Les 13 projets retenus concernent notamment le reconditionnement de batteries, les engrais à faible empreinte carbone, la remise en état de matériels électroniques, le stockage thermique, les diagnostics vétérinaires, les matériaux avancés, la propulsion aéronautique hybride-électrique, les structures spatiales et les infrastructures industrielles de traitement des données.
Tableau 6. Lauréats sélectionnés lors des huitième et neuvième sélections de Première Usine
| Entreprise | Projet | Activité industrielle prévue |
|---|---|---|
| Fertighy France | JUNO | Première usine d’engrais à faible empreinte carbone utilisant de l’hydrogène produit par électrolyse |
| Cykero | Cykero | Installation robotisée de diagnostic, de nettoyage et de remise en état d’appareils électroniques |
| Maash France | Champignac | Production industrielle de mycoprotéines par fermentation immergée |
| Mecano I.D | Starman | Fabrication de grandes structures et de composants essentiels pour les systèmes spatiaux |
| Voltr | PU2BL | Usine de reconditionnement de batteries d’une capacité d’environ 40 tonnes par mois |
| Ascendance Flight Technologies | Pionair | Systèmes de propulsion hybride-électrique pour l’aéronautique |
| Enalees | Bâtiment EBE | Production de nécessaires de diagnostic vétérinaire |
| Water Horizon | H2C FAB | Dispositifs mobiles de stockage thermique utilisant la chaleur perdue pour le refroidissement industriel |
| Eclairion Paris Sud | AINFRA Factory | Développement d’un centre de données de nouvelle génération |
| Orixha | L2B2 | Traitement industriel d’un liquide respiratoire destiné à la ventilation liquidienne |
| Carbon Waters | EXFG II | Production d’additifs multifonctionnels prêts à l’emploi fondés sur des matériaux avancés |
| Wattalps | Wattsup | Batteries refroidies par immersion destinées aux machines industrielles |
| Woodoo | BR | Matériau biologique en bois amélioré à hautes performances pour la construction |
Ces exemples montrent que Première Usine n’est pas limité à une seule branche industrielle.
Les projets ont en commun un produit ou un procédé innovant, une préparation suffisante au premier déploiement industriel, des besoins importants en capitaux et la création de capacités de production en France.
Exemple pratique : Expliseat
Expliseat a développé et certifié des sièges légers pour les transports, fabriqués à partir de matériaux composites avancés et de titane.
Avant la création de sa propre usine, l’entreprise fonctionnait selon un modèle reposant sur peu d’actifs industriels détenus directement et confiait une grande partie de sa production à des sous-traitants.
Le projet PUEXP, soutenu par Première Usine, a permis à Expliseat d’établir son propre site de fabrication à Avrillé, près d’Angers.
Ce projet illustre une interprétation plus large de la notion de « première usine ». L’entreprise disposait déjà de produits et de clients, mais elle n’avait pas encore intégré en interne une capacité industrielle importante.
Expliseat présente l’ouverture de son nouveau site industriel comme une étape majeure de son développement. L’entreprise indique aujourd’hui que plus de 10 000 de ses sièges sont en service et qu’elle travaille avec plus de 25 compagnies aériennes.
Son usine montre concrètement comment la maîtrise directe de la fabrication peut devenir stratégique pour la qualité, les délais de livraison, la qualification par les clients et la poursuite de la croissance.
L’enseignement principal est que Première Usine peut accompagner le passage d’une production sous-traitée ou limitée à une fabrication interne maîtrisée, lorsque cette transition représente la première industrialisation du produit innovant.
Exemple pratique : Vulkam
Vulkam développe des alliages métalliques amorphes et des procédés de fabrication de précision issus de plusieurs décennies de travaux universitaires.
Lorsque l’entreprise a préparé sa première usine, elle avait déjà achevé la qualification de sa technologie et la phase de prototypage.
Le défi restant concernait l’industrialisation : construire un site de production, installer les équipements, mettre en place des procédés reproductibles et répondre aux besoins de secteurs utilisant des composants de précision à forte valeur ajoutée.
Vulkam a annoncé un financement de 34 millions d’euros, comprenant 14 millions d’euros de fonds propres et environ 20 millions d’euros de prêts et de financements publics.
Les instruments de France 2030, dont Première Usine, ont apporté 6 millions d’euros. La première usine située en Isère représentait un investissement d’environ 15 millions d’euros et devait produire plusieurs millions de pièces par an.
Cet exemple montre pourquoi une candidature Première Usine ne peut pas être évaluée indépendamment du montage financier global.
L’aide publique était importante, mais l’usine nécessitait également des capitaux apportés par les actionnaires et un financement bancaire conséquent.
Exemple pratique : Toopi Organics
Toopi Organics a développé un procédé de collecte et de transformation de l’urine humaine en produits de stimulation biologique destinés à l’agriculture.
Son projet Première Usine concernait la création de sa première unité industrielle en Gironde, avec une capacité annuelle de traitement prévue d’environ deux millions de litres.
L’installation devait permettre la commercialisation en France des produits agricoles développés par l’entreprise.
Cet exemple montre que Première Usine peut soutenir des technologies inhabituelles relevant de l’économie circulaire lorsque l’entreprise a dépassé la validation en laboratoire et peut présenter un procédé industriel, un approvisionnement, un marché, un parcours réglementaire et une installation de production crédibles.
Première Usine ou i-Démo ?
La distinction entre i-Démo et Première Usine constitue l’une des décisions les plus importantes pour une PME innovante qui cherche le dispositif adapté à son projet.
Tableau 7. Comparaison entre i-Démo et Première Usine
| Critère | i-Démo | Première Usine |
|---|---|---|
| Objectif principal | Achever d’importants travaux de recherche-développement, d’intégration et de démonstration | Créer la première production industrielle |
| Incertitude centrale | La technologie fonctionnera-t-elle dans un environnement représentatif ou à grande échelle ? | Le produit peut-il être fabriqué de manière fiable et économiquement viable ? |
| Résultat habituel | Prototype, système pilote ou démonstrateur industriel | Usine, ligne de production ou première capacité industrielle |
| Structure du candidat | PME seule ou consortium coordonné par une entreprise | Généralement une jeune entreprise industrielle ou une PME unique |
| Taille minimale du projet | Plus de 2 millions d’euros pour un projet individuel ou plus de 4 millions d’euros pour un projet collaboratif | Plus de 5 millions d’euros de dépenses admissibles |
| Durée habituelle | De 36 à 60 mois | De 12 à 48 mois |
| Principales dépenses | Recherche, ingénierie, essais, intégration et démonstration | Équipements, moyens de production, industrialisation et installation du site |
| Signe clair d’adéquation | D’importantes incertitudes technologiques subsistent | La technologie centrale est validée et le principal risque concerne désormais la mise en œuvre industrielle |
| Signe clair d’inadéquation | Le projet concerne principalement la construction ordinaire d’une usine | La technologie centrale doit encore faire l’objet d’une validation fondamentale |
Les deux dispositifs peuvent se succéder, mais le passage de l’un à l’autre n’est pas automatique.
Une entreprise ayant achevé un projet i-Démo doit encore démontrer que sa technologie est suffisamment mûre pour l’industrialisation, que des clients existent, que le plan de production est crédible et que la nouvelle aide produit un effet incitatif distinct.
Le projet est-il prêt pour Première Usine ?
Avant d’investir des ressources importantes dans la candidature, l’entreprise doit pouvoir répondre aux questions suivantes :
-
Le produit et la technologie centrale ont-ils été validés au-delà d’un prototype précoce ?
-
Le principal défi restant concerne-t-il la mise en œuvre industrielle plutôt que la recherche fondamentale ?
-
Le projet crée-t-il la première capacité industrielle destinée à cette innovation ?
-
Le site, les équipements, les fournisseurs, les autorisations et le calendrier de production sont-ils suffisamment définis ?
-
Existe-t-il des preuves commerciales crédibles pour les volumes de production envisagés ?
-
L’entreprise peut-elle financer sa contribution, les dépenses non admissibles, les retards et le besoin en fonds de roulement ?
-
L’équipe dirigeante comprend-elle de véritables compétences industrielles et opérationnelles ?
-
Le projet créera-t-il des retombées industrielles, sociales, environnementales ou stratégiques mesurables en France ?
Une entreprise qui ne peut pas encore répondre à ces questions peut avoir besoin d’une validation supplémentaire du produit, d’essais avec des clients, de financements privés, de travaux d’ingénierie industrielle ou d’un projet comparable à i-Démo avant de solliciter Première Usine.
Faiblesses fréquentes des candidatures
Les insuffisances récurrentes comprennent :
-
Présenter un projet de recherche comme un investissement industriel alors que la technologie centrale reste incertaine.
-
Décrire une augmentation ordinaire de capacité comme la première industrialisation d’une innovation.
-
Ne pas démontrer l’existence de fonds propres, de prêts ou de financements d’investisseurs suffisants pour compléter le montage financier.
-
Utiliser des prévisions de marché ambitieuses sans validation par les clients, procédures de qualification ou preuves d’achat.
-
Sous-estimer le besoin en fonds de roulement, les retards de mise en service, les rendements de production et les pertes pendant la montée en cadence.
-
Commencer l’investissement ou prendre des engagements irréversibles avant la date autorisée.
Parmi les autres risques importants figurent une propriété intellectuelle non clarifiée, des autorisations de site incomplètes, une dépendance envers un fournisseur unique non qualifié, l’absence d’un responsable industriel expérimenté, des délais irréalistes de livraison des équipements et des preuves environnementales insuffisantes.
L’évaluation officielle du soutien aux jeunes entreprises industrielles a également relevé un possible effet de seuil.
Certaines entreprises interrogées estimaient que le seuil minimal de 5 millions d’euros pouvait inciter les candidats à concevoir des projets plus importants que leurs besoins industriels réels.
Il s’agit d’un avertissement important : l’investissement doit être déterminé par un plan industriel crédible et ne doit pas être artificiellement augmenté dans le seul but de dépasser un seuil de financement.
Préparer une candidature compétitive
Une candidature solide commence par le problème industriel, et non par la recherche de la subvention.
L’entreprise doit expliquer pourquoi son innovation validée ne peut pas atteindre le marché sans la capacité de production proposée.
Elle doit préciser l’écart entre ses capacités actuelles et celles nécessaires à une exploitation commerciale, notamment en matière de volume, de qualité, de coût, de rendement, de normes réglementaires et de délais de livraison.
Le plan industriel doit définir le site, son organisation, les équipements, la succession des étapes de mise en service, les recrutements, la stratégie d’approvisionnement, les essais de production et la montée en cadence.
Chaque dépense importante doit être reliée à une fonction industrielle clairement définie.
Le plan commercial doit indiquer quels clients achèteront le produit, à quel moment la qualification sera achevée, comment la demande se traduira en utilisation des capacités de l’usine et comment les prix se comparent aux coûts de production.
Le plan de financement doit intégrer la subvention, l’avance remboursable, les fonds propres, les prêts bancaires, le crédit-bail, le soutien des actionnaires et les éventuels financements régionaux ou européens.
Il doit également expliquer comment l’entreprise couvrira les retards, les dépassements de coûts et le niveau maximal du besoin en fonds de roulement.
Enfin, la candidature doit démontrer l’importance de l’investissement pour la France.
Les retombées peuvent comprendre la production nationale, la souveraineté technologique, l’emploi régional, la réduction des importations, la création de chaînes d’approvisionnement stratégiques, la diminution des émissions, une utilisation plus efficace des ressources, les exportations et le développement de compétences industrielles spécialisées.
Évaluation finale
Première Usine est l’un des principaux instruments de France 2030 destinés aux PME innovantes qui ont validé leur technologie, mais qui n’ont pas encore créé leur première capacité industrielle importante.
Le dispositif peut soutenir le passage du prototype à la production. Il ne supprime toutefois pas les responsabilités commerciales et financières du candidat.
Un projet compétitif doit reposer sur un produit mûr, un procédé de fabrication crédible, une demande commerciale, un projet d’usine réaliste, un cofinancement privé important, un besoin en fonds de roulement suffisamment couvert et une équipe capable de construire puis d’exploiter l’installation.
L’appel à projets actuellement ouvert prévoit encore deux dates de dépôt : le 8 septembre 2026 et le 6 avril 2027.
Les entreprises qui visent l’échéance de septembre 2026 devraient déjà travailler sur les devis d’équipements, les preuves commerciales, la planification du site, les exigences environnementales et réglementaires, la propriété intellectuelle et le financement privé.
Pour une entreprise parvenue au bon stade de développement, Première Usine peut contribuer à combler l’un des besoins de financement les plus difficiles du cycle de l’innovation : le passage d’une technologie éprouvée à une usine fonctionnelle capable de la produire de manière répétée, compétitive et à une échelle commerciale.
