Le Concours d’innovation i-Nov constitue l’un des dispositifs publics de financement les plus importants proposés en France aux jeunes entreprises innovantes et aux petites et moyennes entreprises. Il peut soutenir des projets ambitieux de recherche, de développement et d’innovation dont les dépenses admissibles atteignent plusieurs millions d’euros.
Toutefois, i-Nov n’est pas un dispositif de subvention ouvert en permanence. Le concours est organisé par vagues successives, et chaque nouvelle vague peut prévoir des dates limites, des priorités thématiques, des conditions financières, des documents de candidature et des critères d’admissibilité différents.
En juillet 2026, aucune nouvelle vague i-Nov n’avait encore été officiellement annoncée. La dernière référence complète reste donc la vague 14, clôturée le 1er octobre 2024, dont les lauréats ont été présentés en 2025. Les entreprises peuvent s’appuyer sur ses conditions pour comprendre le fonctionnement du dispositif, mais elles devront vérifier l’ensemble des exigences lors de la publication du prochain appel.
Qu’est-ce que le Concours d’innovation i-Nov ?
Le Concours d’innovation i-Nov est financé par l’État français dans le cadre de France 2030. Il est mis en œuvre par Bpifrance en collaboration avec l’ADEME.
Son objectif est de repérer des projets d’innovation à fort potentiel portés par des jeunes entreprises et des PME, puis d’accélérer le développement d’entreprises susceptibles de devenir des acteurs majeurs en France et sur les marchés internationaux.
Le dispositif cofinance des projets de recherche, de développement et d’innovation, et non de simples projets d’expansion commerciale. Dans le cadre de la vague 14, le montant total des dépenses admissibles devait être compris entre 1 million et 5 millions d’euros, pour une durée prévue de 12 à 36 mois.
Chaque projet devait être présenté par une seule PME, et non par un groupement formel de plusieurs partenaires.
Le concours s’adresse surtout aux entreprises qui ont dépassé les premières études de faisabilité, mais qui doivent encore résoudre des difficultés technologiques, techniques, réglementaires, expérimentales ou liées à la démonstration avant de pouvoir déployer pleinement leur solution sur le marché.
Il n’est généralement pas destiné à tester une idée commerciale à très petite échelle, à financer le développement ordinaire d’un produit sans véritable incertitude technologique, à acheter du matériel de production courant, à couvrir des dépenses générales de promotion commerciale ou à construire un premier site industriel sans composante importante de recherche et d’innovation.
La place d’i-Nov dans le système de financement de France 2030
France 2030 regroupe plusieurs dispositifs destinés à différentes étapes du développement d’une entreprise et de sa technologie. Le choix du bon programme est essentiel, car même un projet de qualité peut être rejeté s’il est présenté dans le cadre d’un instrument conçu pour une autre phase de développement.
Tableau 1. Place d’i-Nov dans le parcours français de financement de l’innovation
| Programme | Objectif principal | Candidat ou stade de développement habituel | Situation dans laquelle il peut être plus adapté qu’i-Nov |
|---|---|---|---|
| i-PhD | Soutenir des projets entrepreneuriaux issus de la recherche publique | Jeunes chercheurs développant un projet d’entreprise fondé sur une innovation scientifique ou technologique | L’entreprise n’a pas encore été créée et le projet reste étroitement lié à la valorisation de travaux de recherche |
| i-Lab | Soutenir la création et le développement initial d’entreprises technologiques innovantes | Porteurs de projet ou entreprises technologiques récemment créées | La priorité consiste à créer l’entreprise et à achever les premières étapes du développement technologique |
| i-Nov | Financer des projets de recherche, de développement et d’innovation à fort potentiel | Jeunes entreprises et PME établies disposant d’un programme d’innovation important | L’entreprise possède déjà une technologie définie, une équipe, un marché cible et un budget de projet conséquent |
| i-Démo | Soutenir des projets structurants de recherche et d’innovation dans des marchés stratégiques | Entreprises ou partenariats menant des projets plus vastes et plus complexes | Le projet est de plus grande ampleur, collaboratif ou organisé autour d’un démonstrateur important |
| Première Usine | Soutenir les premiers projets d’industrialisation en France | Jeunes entreprises industrielles et PME innovantes | Le principal enjeu consiste à créer une ligne pilote ou une première usine commerciale |
Dans l’organisation française des concours d’innovation, i-PhD et i-Lab interviennent en amont d’i-Nov. i-PhD soutient les jeunes chercheurs qui développent un projet entrepreneurial fondé sur des technologies de pointe, tandis qu’i-Lab accompagne la création d’entreprises technologiques innovantes.
i-Démo concerne des projets de recherche et d’innovation plus structurants, notamment des initiatives collaboratives et des démonstrateurs. Première Usine est destiné à la création d’un premier outil de production industrielle en France.
Une entreprise ne doit pas choisir i-Nov uniquement parce que le programme peut apporter un financement public important. Le projet doit correspondre au bon stade de développement et comporter de véritables obstacles de recherche ou d’innovation.
Qui peut présenter une candidature à i-Nov ?
La vague 14 était destinée aux projets présentés par une seule PME au sens de la définition de l’Union européenne. L’entreprise candidate devait être suffisamment structurée pour gérer un projet d’innovation de grande ampleur et financer la part des dépenses non couverte par l’aide publique.
Le statut de PME doit être vérifié au niveau de l’ensemble du groupe, et non uniquement à partir des effectifs et des comptes de la société qui dépose la demande. Les participations au capital, les droits de vote, les entreprises partenaires et les entreprises liées peuvent modifier le calcul.
Un candidat solide à i-Nov dispose généralement d’une entreprise juridiquement constituée, d’une équipe de direction et d’une équipe technique complètes, d’une technologie ayant dépassé le simple stade de la faisabilité, d’obstacles techniques clairement définis, d’une capacité financière suffisante et d’une voie crédible vers un marché important.
Le simple fait d’être une jeune entreprise innovante ne suffit pas. Dans les conditions de référence de la vague 14, le candidat devait être capable de mettre en œuvre un projet représentant au moins 1 million d’euros de dépenses admissibles et de financer la partie non couverte par l’aide publique.

Montant du projet, durée et intensité de l’aide
La vague 14 prévoyait des taux maximaux d’aide différents pour les petites entreprises et les entreprises de taille moyenne. Cette distinction est importante, car une entreprise de taille moyenne devait financer une part plus importante du projet à partir de ses propres ressources ou d’autres sources admissibles.
Tableau 2. Principaux paramètres financiers de la vague 14 d’i-Nov
| Paramètre | Condition de référence de la vague 14 | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Structure du candidat | Une seule PME présentant un projet individuel | La demande ne pouvait pas être déposée par un groupement formel de plusieurs partenaires |
| Coût total du projet | De 1 million à 5 millions d’euros | Les projets situés sous le seuil minimal devaient rechercher un autre dispositif |
| Durée du projet | De 12 à 36 mois | Le programme de travail devait comporter des étapes techniques, opérationnelles et financières clairement définies |
| Taux maximal d’aide pour une petite entreprise | 45 pour cent des dépenses admissibles | L’entreprise devait financer au moins 55 pour cent des dépenses admissibles |
| Taux maximal d’aide pour une entreprise de taille moyenne | 35 pour cent des dépenses admissibles | L’entreprise devait financer au moins 65 pour cent des dépenses admissibles |
| Composition de l’aide | 60 pour cent sous forme de subvention et 40 pour cent sous forme d’avance remboursable | La totalité de l’aide n’était pas acquise définitivement |
| Premier versement | 20 pour cent de l’aide accordée | L’entreprise devait disposer d’une trésorerie suffisante pour démarrer et poursuivre le projet |
| Solde final | Au moins 20 pour cent | Une partie de l’aide restait conditionnée à l’achèvement du projet et à la remise des rapports requis |
Ces chiffres décrivent les conditions de la vague 14. Ils ne doivent pas être considérés automatiquement comme les conditions confirmées d’un futur concours. Une nouvelle vague peut modifier les seuils financiers, les taux d’aide, les domaines thématiques ou les modalités de versement.
Pourquoi un taux d’aide de 45 pour cent ne signifie pas une subvention de 45 pour cent
L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à croire qu’une petite entreprise peut recevoir une subvention correspondant à 45 pour cent du budget total de son projet.
Dans le cadre de la vague 14, les 45 pour cent représentaient le taux maximal de l’aide publique totale accordée à une petite entreprise. Seuls 60 pour cent de cette aide étaient versés sous forme de subvention. Les 40 pour cent restants prenaient la forme d’une avance remboursable.
Prenons l’exemple d’une petite entreprise présentant 2 millions d’euros de dépenses admissibles acceptées.
Tableau 3. Exemple de calcul du financement i-Nov pour une petite entreprise
| Élément du financement | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Dépenses totales admissibles | Budget de référence | 2 000 000 EUR |
| Aide publique totale maximale | 2 000 000 EUR × 45 pour cent | 900 000 EUR |
| Part versée sous forme de subvention | 900 000 EUR × 60 pour cent | 540 000 EUR |
| Part versée sous forme d’avance remboursable | 900 000 EUR × 40 pour cent | 360 000 EUR |
| Dépenses à financer par d’autres sources | 2 000 000 EUR moins 900 000 EUR | 1 100 000 EUR |
Dans cet exemple, la subvention effective représente 27 pour cent du total des dépenses admissibles, et non 45 pour cent. L’avance remboursable représente 18 pour cent supplémentaires, tandis que l’entreprise doit financer les 55 pour cent restants.
Le montant réellement accordé peut être inférieur au maximum théorique. L’organisme gestionnaire peut ajuster la base des dépenses admissibles, l’intensité de l’aide et les modalités de versement en fonction des règles relatives aux aides d’État, de l’analyse financière, des ressources disponibles et de la qualité générale du dossier.
Une avance remboursable ne doit pas être présentée comme une subvention ou comme un apport financier gratuit. Ses conditions de remboursement sont définies dans la convention de financement. L’entreprise doit évaluer l’effet des remboursements futurs sur sa trésorerie, en tenant compte de ses fonds propres, de ses emprunts bancaires et des investissements privés.
Dépenses admissibles
La vague 14 prévoyait plusieurs catégories de dépenses pouvant être acceptées lorsqu’elles étaient directement liées au projet d’innovation approuvé.
Les dépenses admissibles pouvaient comprendre les coûts du personnel interne affecté au projet, les travaux de recherche confiés à des prestataires, la sous-traitance, l’amortissement du matériel utilisé, les déplacements professionnels, les matières premières, les composants, les consommables et certains frais connexes calculés selon les méthodes prévues.
La sous-traitance était généralement limitée à 30 pour cent du coût total du projet. Ce plafond pouvait atteindre 40 pour cent lorsque les travaux étaient réalisés par un organisme de recherche ou un laboratoire.
Ces limites traduisent un principe important du programme. L’entreprise candidate doit conserver une maîtrise réelle de l’innovation et ne peut pas confier la quasi-totalité des travaux techniques à des cabinets de conseil, à des laboratoires ou à des prestataires d’ingénierie.
Un budget crédible doit établir une relation directe entre chaque dépense, chaque objectif technique et chaque volet de travail. Il doit préciser les salariés chargés des différentes tâches, expliquer pourquoi une expertise extérieure est nécessaire, justifier le calcul de l’amortissement du matériel et relier les dépenses de matériaux aux activités de développement, d’essai ou de validation.
Les frais de fonctionnement courants, les dépenses commerciales générales, les activités ordinaires de promotion et les investissements sans lien direct avec le programme de recherche et de développement doivent être exclus de la base des dépenses admissibles.
Domaines stratégiques de la vague 14
Chaque vague d’i-Nov définit des domaines thématiques liés aux priorités de France 2030. Un projet doit non seulement être innovant, mais aussi correspondre précisément au champ détaillé de l’un des thèmes publiés.
La vague 14 comprenait quatre grands domaines.
Tableau 4. Domaines stratégiques de la vague 14 d’i-Nov
| Domaine de la vague 14 | Exemples de secteurs couverts |
|---|---|
| Technologies numériques | Systèmes numériques avancés, technologies des données, cybersécurité, infrastructures numériques et innovations numériques à forte valeur ajoutée |
| Santé | Technologies médicales, biotechnologies, santé numérique, solutions de diagnostic et autres applications innovantes dans le domaine de la santé |
| Transports, mobilités, villes et bâtiments durables | Mobilité durable, systèmes de transport, technologies urbaines, matériaux de construction et bâtiments à faible impact environnemental |
| Énergies, ressources et milieux naturels | Énergies renouvelables et nucléaire, hydrogène, stockage de l’énergie, économie circulaire, eau, biodiversité, bioéconomie, adaptation au changement climatique et transition écologique |
Le domaine consacré aux énergies, aux ressources et aux milieux naturels couvrait de nombreux enjeux, notamment la production et le stockage de l’énergie, la biomasse durable, la sécurité de l’approvisionnement en eau, la biodiversité, les produits et services circulaires, l’efficacité dans l’utilisation des matières, la qualité de l’air ainsi que la transformation durable de l’industrie et de l’agriculture.
Les candidats ne doivent pas considérer qu’un intitulé général suffit à rendre leur projet admissible. Une entreprise numérique ne devient pas automatiquement admissible parce que son produit utilise l’intelligence artificielle. Une entreprise active dans le domaine climatique ne devient pas automatiquement admissible parce qu’elle mentionne la durabilité dans ses documents commerciaux.
Le dossier doit démontrer une correspondance précise entre les travaux proposés et les spécifications détaillées du thème choisi.
Ce que recherchent les évaluateurs
La sélection i-Nov ne repose pas uniquement sur la nouveauté technologique. L’évaluation combine la qualité de l’innovation, la maturité de la technologie, la capacité financière, le potentiel commercial, la capacité de mise en œuvre et les effets mesurables du projet.
Tableau 5. Principaux domaines d’évaluation d’i-Nov et éléments attendus
| Domaine d’évaluation | Questions examinées par les évaluateurs | Éléments attendus du candidat |
|---|---|---|
| Caractère innovant | Quels obstacles scientifiques, technologiques ou techniques restent à résoudre ? En quoi la solution se distingue-t-elle de l’état actuel des connaissances et des techniques ? | Analyse de l’existant, caractéristiques techniques, résultats d’essais, situation en matière de propriété intellectuelle et objectifs chiffrés |
| Maturité technologique | Quel niveau de développement le projet atteindra-t-il ? La trajectoire proposée est-elle réaliste ? | Niveau initial, niveau visé, état du prototype, programme de validation et calendrier des étapes |
| Capacité financière | L’entreprise peut-elle financer sa part et rester solvable pendant toute la durée du projet ? | Comptes financiers, plan de renforcement des fonds propres, prévisions de trésorerie, stratégie de levée de fonds et financements confirmés |
| Effet économique | Le projet peut-il produire un chiffre d’affaires important et créer un avantage concurrentiel durable ? | Segmentation du marché, éléments apportés par les clients, prévisions de revenus, politique tarifaire et analyse de la concurrence |
| Effet social et industriel | Le projet créera-t-il des emplois et renforcera-t-il une chaîne de valeur industrielle ou technologique française ? | Plan de recrutement, localisation des activités, fournisseurs, partenariats industriels et effets territoriaux |
| Effet environnemental | Le projet réduira-t-il les émissions, la consommation d’énergie, l’utilisation de matières ou une autre pression environnementale ? | Situation de départ, méthode de calcul, analyse du cycle de vie si elle est pertinente et objectifs mesurables |
| Reproductibilité et déploiement | La solution pourra-t-elle être utilisée au-delà d’un seul site ou d’un seul client ? | Stratégie de commercialisation, plan de production, parcours réglementaire et potentiel de développement international |
Le candidat doit définir précisément les obstacles techniques qui restent à résoudre. Une affirmation générale selon laquelle le projet est innovant ne suffit pas.
La demande doit également préciser le niveau de maturité visé à la fin du projet. Dans le cadre de la vague 14, les projets pouvaient chercher à atteindre un niveau technologique avancé, comprenant une validation dans des conditions opérationnelles ou une préparation au déploiement commercial.
Les prévisions économiques doivent être crédibles. Les évaluateurs examinent le chiffre d’affaires attendu, la taille du marché accessible, la demande des clients, la différenciation par rapport aux concurrents et la capacité de l’entreprise à commercialiser la solution après la fin du projet financé.
Les affirmations relatives aux effets environnementaux et sociaux doivent également être mesurables. Les engagements portant sur la durabilité, l’emploi ou l’autonomie stratégique doivent reposer sur une situation de référence, des hypothèses explicites et une méthode de calcul transparente.
L’évaluation de la capacité financière
L’ampleur des projets i-Nov crée une contrainte financière que de nombreuses jeunes entreprises sous-estiment.
Même lorsqu’une petite entreprise bénéficie du taux d’aide maximal de référence, elle doit encore financer au moins 55 pour cent des dépenses admissibles. Elle doit également couvrir les dépenses non admissibles, gérer le calendrier des versements publics et absorber d’éventuels retards, surcoûts ou difficultés de financement.
Les critères d’évaluation de la vague 14 accordaient une attention particulière au rapport entre les fonds propres du candidat et le montant de l’aide demandée. Un rapport minimal proche d’un euro de fonds propres pour un euro d’aide sollicitée constituait un indicateur important de capacité financière.
Cela ne signifiait pas nécessairement que la totalité de cette somme devait déjà apparaître dans les derniers comptes de l’entreprise au moment du dépôt. Des augmentations de capital prévues et une trajectoire financière crédible pouvaient également être prises en considération. En revanche, une simple promesse de lever des fonds après la sélection ne constituait généralement pas une garantie suffisante.
Un plan de financement crédible doit combiner les fonds propres disponibles, le soutien des actionnaires, les augmentations de capital prévues, la trésorerie existante, les revenus d’exploitation, les prêts bancaires, les investissements privés et le calendrier prévisionnel des versements publics.
Il doit également prévoir un scénario défavorable montrant comment l’entreprise poursuivrait le projet si la levée de fonds, les revenus commerciaux ou certaines étapes techniques étaient retardés.
Le plan financier doit être vérifié avant que l’entreprise n’investisse des ressources importantes dans la préparation du dossier. Un projet technologiquement excellent peut être rejeté si le candidat ne démontre pas qu’il possède les moyens de le mener à terme.
Résultats récents et niveau de concurrence
i-Nov a soutenu un nombre important d’entreprises innovantes françaises, mais la concurrence pour obtenir un financement reste forte.
La vague 11 a reçu 149 candidatures et retenu 42 lauréats, soit un taux de réussite d’environ 28 pour cent. Le montant total de l’aide publique s’est élevé à 43,4 millions d’euros.
La vague 13 a reçu 97 candidatures et sélectionné 24 lauréats pour un montant de 27,6 millions d’euros. La vague 14 a reçu 129 candidatures et retenu 21 lauréats pour un montant de 23,4 millions d’euros.
Ensemble, les vagues 13 et 14 ont permis de sélectionner 45 entreprises et de leur accorder plus de 51 millions d’euros d’aide publique.
Tableau 6. Résultats récents du concours i-Nov
| Vague du concours | Candidatures | Lauréats | Taux de réussite approximatif | Aide publique |
|---|---|---|---|---|
| Vague 11 | 149 | 42 | 28 pour cent | 43,4 millions d’euros |
| Vague 13 | 97 | 24 | 25 pour cent | 27,6 millions d’euros |
| Vague 14 | 129 | 21 | 16 pour cent | 23,4 millions d’euros |
| Vagues 13 et 14 réunies | 226 | 45 | 20 pour cent | Plus de 51 millions d’euros |
Le taux de réussite plus faible de la vague 14 montre que le respect des conditions formelles ne garantit pas l’obtention d’une aide. Les candidats sont mis en concurrence pour un budget limité, et la sélection finale dépend de la qualité technologique, de la pertinence stratégique, de la solidité financière et de la crédibilité du programme de mise en œuvre.

Ce que révèlent les projets récemment sélectionnés
Les lauréats de la vague 14 étaient actifs dans des domaines tels que la protection des données médicales, les biotechnologies, les transports durables, la surveillance environnementale, les infrastructures numériques avancées, les systèmes énergétiques, la production circulaire et les solutions biologiques pour l’agriculture.
Les projets ne se limitaient pas à des travaux de recherche fondamentale en laboratoire. Ils associaient des difficultés techniques encore non résolues à une voie clairement définie vers la démonstration, l’adoption industrielle ou la mise sur le marché.
Parmi les exemples figuraient des systèmes de vidéo volumétrique plus efficaces, des solutions sécurisées pour le traitement de données de santé sensibles, des systèmes de propulsion électrique destinés aux petits navires et des méthodes biologiques de lutte contre les ravageurs agricoles.
Plusieurs caractéristiques apparaissent régulièrement dans les projets sélectionnés.
Premièrement, l’innovation répond à un obstacle technique précis et non à une simple possibilité commerciale. Deuxièmement, le projet aboutit à un résultat pouvant progresser vers une utilisation industrielle ou commerciale. Troisièmement, les avantages attendus sont mesurés à l’aide d’indicateurs de performance, de coût, de santé, d’environnement ou de productivité. Enfin, l’entreprise possède un rôle clairement défini dans l’écosystème français de l’innovation, de l’industrie ou de l’autonomie stratégique.
Un dossier convaincant doit donc associer une forte profondeur technologique à une réelle rigueur commerciale. Une longue description scientifique sans voie crédible vers le marché reste incomplète. De même, des prévisions de ventes ambitieuses sans preuve d’une véritable incertitude technique affaiblissent le projet.
Procédure de candidature et de sélection
Pour la vague 14, les candidats devaient déposer un dossier complet sur la plateforme PICXEL de Bpifrance. La procédure comprenait une première vérification, une évaluation approfondie, une audition devant un jury, une décision finale de financement et la préparation des conventions.
Le dossier comprenait une présentation détaillée du projet sur les plans technique et commercial, un budget, un résumé destiné à la communication publique, un formulaire officiel de demande d’aide, une évaluation des effets environnementaux et socio-économiques, les comptes financiers, les documents fiscaux, les comptes consolidés lorsque cela était nécessaire et les justificatifs relatifs au pouvoir du signataire.
Les candidats ne doivent pas attendre les dernières semaines d’un futur appel pour rassembler ces éléments. La préparation des volets techniques, des devis de sous-traitance, des prévisions financières, des indicateurs environnementaux, de l’analyse des aides d’État et du parcours réglementaire peut nécessiter plusieurs mois.
La meilleure préparation commence avant l’ouverture du concours. Une entreprise peut constituer un dossier de projet prêt à être financé, puis l’adapter aux spécifications thématiques, aux conditions financières et aux modèles officiels de la nouvelle vague.
Raisons fréquentes de rejet d’une candidature i-Nov
Un projet peut respecter les critères formels d’admissibilité tout en restant insuffisamment compétitif.
Les faiblesses fréquentes comprennent la présentation d’un programme ordinaire de développement de produit sans véritables obstacles de recherche, le choix d’un thème uniquement en raison d’une ressemblance générale avec le secteur d’activité, des prévisions de marché non étayées, une demande d’aide maximale sans plan de financement et une dépendance excessive à l’égard de prestataires extérieurs pour les travaux technologiques essentiels.
D’autres problèmes peuvent concerner le mélange entre dépenses de recherche et coûts commerciaux, l’absence de preuve concernant la propriété intellectuelle, l’omission du parcours réglementaire dans les secteurs soumis à autorisation, des affirmations environnementales sans données mesurables ou la présentation de l’avance remboursable comme s’il s’agissait d’une subvention définitive.
Chaque faiblesse peut affecter plusieurs critères d’évaluation à la fois. Des prévisions de ventes irréalistes peuvent, par exemple, affaiblir à la fois l’analyse de l’effet économique et le plan financier.
i-Nov ou un autre dispositif de financement ?
Avant de préparer un dossier complet, une entreprise doit comparer i-Nov avec les autres instruments nationaux, régionaux et européens disponibles.
Tableau 7. Situations dans lesquelles i-Nov peut être adapté ou non
| Situation du projet | Appréciation probable |
|---|---|
| L’entreprise a besoin de moins de 1 million d’euros pour une étude de faisabilité ou un premier prototype | Une aide ou un prêt à l’innovation de plus faible montant proposé par Bpifrance peut être plus adapté |
| Le porteur valorise des travaux de recherche publique et l’entreprise n’a pas encore été créée | i-PhD ou i-Lab peut mieux correspondre au projet |
| L’entreprise dispose d’un projet de recherche et développement compris entre 1 million et 5 millions d’euros, avec des obstacles techniques clairement définis | i-Nov peut constituer une solution adaptée |
| Le projet dépend d’un grand groupement formel de partenaires | Un programme collaboratif i-Démo ou un financement européen peut être plus pertinent |
| La technologie est prête et la principale dépense concerne la construction du premier site de production | Première Usine peut être le dispositif le plus approprié |
| Le projet concerne principalement la modernisation régionale d’un outil de production | Un programme France 2030 régionalisé ou une aide régionale peut être plus adapté |
| L’entreprise ne peut pas financer au moins 55 à 65 pour cent des dépenses admissibles selon le modèle de la vague 14 | Le projet peut devoir être réduit, reporté ou associé à une augmentation de capital et à d’autres financements |
| Le projet concerne principalement la promotion, les ventes ou l’expansion internationale | i-Nov ne constitue probablement pas le bon instrument |
Les entreprises doivent choisir leur dispositif de financement en fonction du stade réel de leur projet et non uniquement en fonction du montant maximal de l’aide disponible.
Un projet trop précoce pour i-Nov peut tout de même être admissible à une aide à la faisabilité, à une aide à l’innovation, à un prêt ou à i-Lab. À l’inverse, un projet ayant déjà achevé sa phase de recherche et nécessitant surtout des capacités de production peut mieux correspondre à Première Usine ou à un autre programme d’investissement industriel.
Cinq questions à examiner avant de préparer une candidature
Avant d’investir dans la préparation d’un dossier i-Nov complet, la direction de l’entreprise doit répondre à cinq questions.
-
Quelle incertitude technique le projet permettra-t-il de résoudre ?
La réponse doit définir des obstacles scientifiques, techniques, logiciels, industriels ou réglementaires mesurables, et non simplement énumérer les fonctions du produit qui restent à développer. -
Pourquoi le projet correspond-il au domaine stratégique publié ?
Le lien doit reposer sur les spécifications détaillées du concours, et non sur une interprétation générale de l’intitulé du secteur. -
L’entreprise peut-elle financer la partie du budget non couverte par l’aide publique ?
La direction doit examiner les fonds propres disponibles, les augmentations de capital prévues, les besoins de trésorerie, la capacité d’endettement et le calendrier des versements. -
Quel résultat concret existera à la fin du projet ?
Le dossier doit préciser le niveau de maturité attendu, le prototype, le système validé, le résultat réglementaire ou la démonstration obtenue. -
Comment le projet créera-t-il une valeur mesurable après son achèvement ?
Les évaluateurs ont besoin d’éléments démontrant le potentiel de revenus, la demande des clients, la création d’emplois, les exportations, la valeur industrielle, les effets environnementaux ou le renforcement de l’autonomie stratégique.
Une réponse incertaine ne signifie pas nécessairement que l’entreprise doit renoncer au financement public. Elle peut indiquer que le projet doit encore être préparé ou qu’un autre dispositif de financement correspond mieux à sa situation.
Comment préparer la prochaine vague i-Nov
Puisqu’aucune nouvelle vague i-Nov n’est actuellement ouverte, les entreprises peuvent utiliser cette période pour renforcer leur projet sans chercher à l’adapter artificiellement à un calendrier déjà expiré.
La première priorité consiste à définir le projet indépendamment de la demande de financement. L’entreprise doit préciser sa situation technologique initiale, les obstacles non résolus, le niveau de maturité visé, les volets de travail, les besoins en personnel et les résultats attendus.
La deuxième priorité consiste à établir un plan de financement complet. Celui-ci doit comprendre le modèle de dépenses admissibles, la contribution de l’entreprise, les besoins en fonds propres, le calendrier de trésorerie et les éventuelles obligations de remboursement liées à l’avance remboursable.
La troisième priorité consiste à vérifier la demande du marché. Les entretiens avec des clients, les discussions relatives à des essais pilotes, les lettres d’intérêt, les consultations réglementaires et l’analyse de la concurrence peuvent considérablement renforcer le dossier commercial.
La quatrième priorité consiste à chiffrer les effets économiques, sociaux et environnementaux. L’emploi, le chiffre d’affaires, les exportations, les émissions, la consommation d’énergie, l’utilisation de matières, la consommation d’eau et les autres indicateurs doivent reposer sur des hypothèses transparentes et des méthodes de calcul vérifiables.
Enfin, l’entreprise doit suivre les annonces officielles de Bpifrance, de l’ADEME et de France 2030. La prochaine vague peut modifier la fourchette budgétaire admissible, l’intensité de l’aide, les thèmes, les documents demandés, la procédure d’évaluation ou la durée des projets.
Les candidats ne doivent jamais utiliser un ancien modèle de dossier sans vérification ni supposer que les conditions de la vague 14 resteront automatiquement applicables.
Conclusion
i-Nov est l’un des concours français de financement de l’innovation les plus intéressants pour les jeunes entreprises et les PME, mais il compte également parmi les plus exigeants.
Dans le cadre de la dernière vague achevée, les projets admissibles devaient représenter entre 1 million et 5 millions d’euros de dépenses et durer de 12 à 36 mois. Les petites entreprises pouvaient recevoir une aide publique couvrant jusqu’à 45 pour cent des dépenses admissibles, tandis que les entreprises de taille moyenne pouvaient recevoir jusqu’à 35 pour cent.
Cette aide associait une subvention et une avance remboursable. Les candidats devaient donc toujours disposer de fonds propres, de liquidités et de financements extérieurs importants pour mener leur projet à terme.
Un projet i-Nov compétitif ne repose pas uniquement sur un produit innovant. Il doit présenter des obstacles technologiques clairement définis, un programme de développement réaliste, une forte capacité financière, des effets économiques ou environnementaux mesurables et une trajectoire crédible entre la recherche, le développement et la mise sur le marché.
Pour les entreprises qui remplissent ces conditions, i-Nov peut apporter un financement important, une reconnaissance publique et une crédibilité supplémentaire auprès des investisseurs, des banques, des clients et des partenaires industriels.
Pour les entreprises encore trop peu avancées, principalement centrées sur la commercialisation courante, déjà engagées dans la construction industrielle ou incapables de financer leur part du projet, un autre dispositif de Bpifrance, de France 2030, des régions ou de l’Union européenne constituera généralement une solution plus appropriée.
