Le Concours d’innovation i-Lab est l’un des dispositifs français les plus anciens et les plus importants pour transformer des résultats de recherche technologique en entreprises viables. Depuis sa création en 1999, il a aidé des milliers de porteurs de projet à passer de résultats obtenus en laboratoire, d’inventions protégées et de premiers prototypes à la création d’entreprises technologiques en France.
i-Lab joue un rôle particulièrement important pour les projets de haute technologie issus d’universités, d’organismes publics de recherche, d’établissements hospitaliers et d’équipes de recherche d’entreprises. Il peut également soutenir des porteurs de projet indépendants qui disposent d’une innovation technologique suffisamment mûre et d’un projet crédible de création d’entreprise autour de cette innovation.
Le programme ne doit pas être considéré comme une aide générale destinée à toutes les jeunes entreprises. Il vise les projets pour lesquels la faisabilité technique a déjà été démontrée, mais qui nécessitent encore d’importants travaux de recherche et de développement avant que le produit, le procédé ou le service technologique puisse atteindre le marché.
En juillet 2026, la 28e édition d’i-Lab était clôturée. Les candidatures avaient été acceptées jusqu’au 3 février 2026. Les règles de cette édition constituent la référence complète la plus récente pour les futurs candidats, mais les conditions, les limites d’ancienneté des entreprises, les dates et les documents demandés devront être vérifiés lors de l’annonce du prochain concours.
Qu’est-ce que le Concours d’innovation i-Lab ?
Le Concours d’innovation i-Lab est financé par l’État français dans le cadre de France 2030. Il est mis en œuvre par Bpifrance en collaboration avec le ministère français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Son objectif principal ne consiste pas simplement à financer un projet de recherche. Il vise à soutenir la création et le développement initial d’une entreprise technologique française fondée sur une innovation importante.
Cette distinction influence l’ensemble de la candidature. Les évaluateurs examinent la technologie, mais aussi les fondateurs, les droits de propriété intellectuelle, la demande du marché, la stratégie de financement, les effets environnementaux et la capacité de l’entreprise à poursuivre son développement après la période couverte par la subvention.
Dans le cadre de la 28e édition, la subvention maximale atteignait 600 000 euros, sur la base d’un montant maximal de 1 million d’euros de dépenses admissibles. Le projet et la convention de financement pouvaient généralement s’étendre sur une période maximale de trois ans.
Le concours était ouvert aussi bien aux porteurs de projet n’ayant pas encore créé leur entreprise qu’aux entreprises récemment constituées respectant les limites d’ancienneté applicables.
La place d’i-Lab dans le parcours français de financement des hautes technologies
La France a mis en place une succession de programmes permettant de faire passer une innovation issue de la recherche des travaux scientifiques à la création d’une entreprise, puis à sa croissance et à son développement industriel.
Tableau 1. Place d’i-Lab dans le parcours français de financement de l’innovation
| Programme | Principale étape de développement | Candidat habituel | Objectif principal |
|---|---|---|---|
| i-PhD | Première exploration entrepreneuriale | Doctorants et jeunes chercheurs | Évaluer le potentiel entrepreneurial des résultats de recherche et élaborer un premier projet |
| Bourse French Tech Emergence | Première phase de maturation d’une technologie de pointe | Future entreprise ou entreprise de haute technologie récemment créée | Réduire le risque technique initial et financer les travaux de faisabilité |
| i-Lab | Création et développement initial de l’entreprise | Porteurs de projet ou entreprises technologiques récemment créées | Achever des travaux intensifs de recherche et de développement et construire une entreprise viable autour de la technologie |
| i-Nov | Projet d’innovation de grande ampleur | PME innovante déjà structurée | Financer un projet important de recherche et de développement dont les dépenses admissibles se chiffrent généralement en millions d’euros |
| Première Usine | Premier déploiement industriel | Jeune entreprise industrielle ou PME innovante | Mettre en place une première ligne pilote ou un premier site de production commerciale |
La différence essentielle réside dans le fait qu’i-Lab se concentre sur la création d’une entreprise autour d’une innovation technologique. Le programme ne sert pas uniquement à financer des travaux de laboratoire et n’est pas principalement destiné aux investissements industriels de grande ampleur.
Un projet peut être trop précoce pour i-Lab si le principe scientifique n’a pas encore été démontré. À l’inverse, il peut être trop avancé si la technologie est achevée et que le besoin principal concerne la construction d’une usine ou l’acquisition de grands équipements de production.
Situation actuelle du concours
La 28e édition d’i-Lab a été ouverte en novembre 2025 et clôturée le 3 février 2026 à midi, heure de Paris.
En juillet 2026, le concours n’acceptait donc plus de candidatures et la liste officielle des lauréats n’avait pas encore été publiée. Les candidats potentiels doivent utiliser les règles de la 28e édition uniquement comme référence pour préparer un futur dossier.
La prochaine édition peut modifier :
-
les dates de création des entreprises admissibles ;
-
le calendrier de dépôt des candidatures ;
-
les conditions financières ;
-
les exigences environnementales ;
-
les formulaires et justificatifs demandés.
Les entreprises doivent éviter de préparer leur candidature en fonction d’une date déjà dépassée ou de supposer que les mêmes règles seront automatiquement reconduites.
Qui peut présenter une candidature ?
i-Lab peut soutenir une personne physique portant un projet de création d’entreprise technologique ou une entreprise récemment constituée qui respecte les conditions d’ancienneté et d’établissement prévues par le concours.
Pour la 28e édition, l’entreprise devait généralement avoir été immatriculée au Registre du commerce et des sociétés après le 1er décembre 2023. Une période d’admissibilité plus large s’appliquait à certains anciens bénéficiaires de la Bourse French Tech Emergence et à certains projets issus des programmes Pépite.
La nationalité du candidat ne constituait pas la principale restriction. Un porteur de projet étranger pouvait participer, à condition que l’entreprise soutenue soit créée en France et que le projet remplisse toutes les conditions juridiques, financières et technologiques.
Lorsque l’entreprise n’était pas encore constituée, le candidat devait devenir à la fois associé et dirigeant de la future société. Lorsque l’entreprise existait déjà, le candidat devait normalement participer à son capital et à sa direction.
Un candidat ne pouvait présenter qu’un seul projet. Une équipe de fondateurs plus large pouvait participer, mais une personne devait être officiellement désignée comme candidate principale.

Quel niveau de maturité technologique est nécessaire ?
i-Lab n’est pas destiné à une idée purement théorique ni à une hypothèse scientifique qui n’a encore fait l’objet d’aucune vérification.
Avant le dépôt de la candidature, le projet doit normalement disposer des éléments suivants :
-
Un principe technologique démontré ou une preuve de concept.
-
Des éléments montrant que les obstacles techniques restants peuvent être traités dans le cadre d’un programme structuré de recherche et de développement.
-
Une voie crédible permettant d’obtenir ou de maîtriser les droits de propriété intellectuelle nécessaires.
-
Une première compréhension du marché visé et du problème rencontré par les futurs clients.
-
Un projet réaliste de création et de financement de l’entreprise.
Le produit ou le procédé ne doit toutefois pas être entièrement achevé. La subvention a précisément pour fonction de soutenir les travaux de recherche, d’expérimentation, de conception de prototypes, de validation et de création d’entreprise qui restent à accomplir.
Il existe donc une période d’admissibilité étroite mais importante. Le projet doit être suffisamment mûr pour justifier la création d’une entreprise, tout en comportant encore une incertitude technologique importante.
Entreprises issues de la recherche publique et transfert de technologie
Une part importante des lauréats d’i-Lab provient de la recherche publique française.
Lors du concours de 2024, environ 65 pour cent des projets lauréats étaient issus de la recherche publique, tandis que 53 pour cent concernaient des brevets détenus par des établissements publics. Environ 60 pour cent des lauréats avaient été accompagnés par un incubateur public.
Dans la sélection de 2025, la part des projets issus de la recherche publique a atteint environ 74 pour cent.
Ces chiffres montrent qu’i-Lab est l’un des principaux dispositifs français permettant de transformer les résultats de la recherche universitaire et publique en entreprises. Toutefois, l’existence d’un brevet ou d’un résultat scientifique ne suffit pas à créer une entreprise capable d’attirer des financements.
Une équipe issue de la recherche doit déterminer :
-
qui détient les brevets, les logiciels, les données et les connaissances techniques ;
-
si la nouvelle entreprise recevra la propriété de ces éléments ou une licence d’exploitation ;
-
si la licence sera exclusive et valable sur les marchés visés ;
-
quels paiements, redevances ou contreparties financières seront exigés ;
-
si les fondateurs ont le droit d’utiliser les résultats de recherche ;
-
si des droits appartenant à des tiers peuvent limiter l’exploitation commerciale.
Les négociations relatives au transfert de technologie peuvent associer une université, un organisme de recherche, un établissement hospitalier, une société d’accélération du transfert de technologies ou plusieurs copropriétaires. Elles doivent commencer bien avant les dernières étapes du concours.
Une licence non finalisée ou une structure de propriété imprécise peut retarder la création de l’entreprise, réduire la confiance des investisseurs et empêcher la conclusion de la convention de financement.
Projets d’entreprises dérivées d’une société existante
i-Lab peut également soutenir une nouvelle entreprise créée autour d’une technologie provenant d’une société existante.
Selon les règles de la 28e édition, la participation de l’entreprise d’origine dans la nouvelle société devait rester inférieure à 25 pour cent. Cette condition permettait de distinguer un véritable projet entrepreneurial indépendant d’une filiale contrôlée par une entreprise déjà établie.
Une entreprise dérivée crédible doit définir clairement les actifs et les droits qui appartiendront à la nouvelle société.
Tableau 2. Principales questions à résoudre lors de la création d’une entreprise technologique dérivée
| Question | Point à clarifier |
|---|---|
| Propriété de la technologie | Les brevets, logiciels et connaissances techniques seront-ils transférés ou concédés sous licence ? |
| Matériel et données | Quels actifs matériels et numériques la nouvelle entreprise pourra-t-elle utiliser ? |
| Indépendance des fondateurs | L’équipe fondatrice disposera-t-elle d’un véritable pouvoir sur la stratégie et le fonctionnement de l’entreprise ? |
| Relations avec l’ancien employeur | L’entreprise d’origine restera-t-elle cliente, fournisseur, actionnaire ou partenaire de recherche ? |
| Financement | Qui financera les travaux de recherche et de développement avant et après la subvention ? |
| Dépendance commerciale | La nouvelle entreprise pourra-t-elle travailler avec d’autres clients que l’entreprise d’origine ? |
La nouvelle société doit disposer d’une indépendance suffisante pour construire son propre marché, attirer des investisseurs et maîtriser son développement. Une dépendance excessive à l’égard de l’entreprise d’origine peut affaiblir la solidité commerciale et la gouvernance du projet.
Montant de la subvention et dépenses admissibles
Dans le cadre de la 28e édition, le montant maximal de la subvention i-Lab était de 600 000 euros. La base maximale de dépenses admissibles pouvait atteindre 1 million d’euros.
Cela ne signifie pas que chaque projet sélectionné reçoit automatiquement 600 000 euros ni que chaque candidat obtient une aide couvrant 60 pour cent de ses coûts. Le montant final dépend des dépenses acceptées, des règles applicables aux aides d’État, des besoins du projet et de la décision de financement.
Tableau 3. Principaux paramètres financiers de la 28e édition d’i-Lab
| Paramètre | Condition de référence |
|---|---|
| Subvention maximale | 600 000 euros |
| Base maximale de dépenses admissibles | 1 million d’euros |
| Forme de l’aide | Subvention non remboursable |
| Durée maximale du projet et de la convention | Jusqu’à trois ans |
| Avance initiale | Jusqu’à 70 pour cent de la subvention accordée |
| Versement final | Au moins 20 pour cent conservés jusqu’à la vérification finale |
| Financement complémentaire | Attendu de la part des fondateurs, des investisseurs, des revenus de l’entreprise ou d’autres sources compatibles |
Les dépenses admissibles pouvaient comprendre le personnel interne, les études techniques, les expérimentations, les prototypes, les installations pilotes, l’amortissement du matériel, les études de marché, la protection de la propriété intellectuelle, les expertises extérieures, les formations et la recherche de partenaires.
Pour les entreprises qui existaient déjà au moment du dépôt de la candidature à la 28e édition, les dépenses étaient généralement admissibles uniquement à partir du 4 février 2026. Les coûts engagés avant la date applicable ne doivent pas être intégrés au budget sans confirmation explicite.
Un service fondé sur une technologie pouvait être admissible, mais uniquement lorsque sa valeur reposait sur une véritable innovation technologique. Une place de marché numérique classique, une activité de conseil ou une plateforme commerciale dépourvue d’incertitude technique importante ne correspondrait normalement pas à l’objectif du programme.
Comment la subvention est-elle versée ?
La totalité de la subvention n’est pas nécessairement versée au début du projet.
Selon les règles de la 28e édition, le versement pouvait comprendre une avance initiale représentant jusqu’à 70 pour cent du montant accordé, au maximum deux paiements intermédiaires supplémentaires et un solde final d’au moins 20 pour cent.
Les paiements suivants dépendaient de la présentation de justificatifs de dépenses et d’une nouvelle vérification du plan de financement de l’entreprise. Le bénéficiaire pouvait devoir démontrer des dépenses admissibles représentant au moins deux fois le montant des versements déjà reçus avant de percevoir un nouveau paiement.
Ainsi, même une avance importante ne supprime pas la nécessité d’une planification financière. L’entreprise doit toujours couvrir les dépenses non admissibles, les impôts, les recrutements, les retards et les coûts engagés avant leur remboursement ou leur vérification finale.
La subvention doit donc être considérée comme un élément d’un plan de financement plus large, et non comme l’unique source de capitaux de l’entreprise.
Financements complémentaires et gestion de la trésorerie
La subvention maximale peut sembler élevée, mais de nombreux projets de haute technologie nécessitent beaucoup plus de capitaux avant de pouvoir générer des revenus commerciaux stables.
L’entreprise peut avoir besoin de financements supplémentaires pour les autorisations réglementaires, la conception industrielle, la validation clinique ou technique, le recrutement, la préparation de la production, le développement commercial et l’expansion internationale.
Une candidature solide doit intégrer la subvention dans une stratégie financière plus générale.
Tableau 4. Sources de financement pouvant compléter une subvention i-Lab
| Source de financement | Rôle possible |
|---|---|
| Apports des fondateurs | Couvrir la création de la société et les premières dépenses de fonctionnement |
| Investisseurs individuels | Financer les premiers recrutements et la préparation commerciale |
| Fonds d’investissement | Soutenir des étapes technologiques, réglementaires et commerciales plus importantes |
| Prêts bancaires ou prêts à l’innovation | Apporter des liquidités supplémentaires lorsque la capacité de remboursement est crédible |
| Autres programmes publics | Financer des activités compatibles qui ne sont pas déjà couvertes par i-Lab |
| Financement par un client ou un partenaire industriel | Soutenir des essais, un développement commun ou une première mise en œuvre |
| Revenus d’exploitation | Réduire la dépendance aux capitaux extérieurs lorsque des ventes précoces sont possibles |
Le plan de financement doit préciser à quel moment chaque source sera disponible et quelles dépenses elle couvrira.
Une déclaration générale selon laquelle l’entreprise prévoit de lever des fonds ultérieurement ne suffit pas. Les candidats doivent présenter des montants réalistes, des dates, l’état des discussions avec les investisseurs, des hypothèses de trésorerie et des solutions de remplacement.
Comment les projets i-Lab sont-ils évalués ?
L’évaluation d’i-Lab dépasse largement la seule qualité scientifique. Le jury national examine l’ensemble du projet de création d’entreprise.
Tableau 5. Principaux domaines d’évaluation d’i-Lab
| Domaine d’évaluation | Éléments examinés | Preuves à préparer |
|---|---|---|
| Technologie | Nouveauté, preuve de concept et obstacles techniques restant à résoudre | Résultats d’essais, données du prototype, comparaisons techniques et étapes de développement |
| Équipe fondatrice | Engagement, expérience et capacité à diriger l’entreprise | Répartition des rôles, temps consacré au projet, programme de recrutement et compétences manquantes |
| Propriété intellectuelle | Propriété, licences et liberté d’exploitation | Brevets, conditions de licence, accords de transfert et analyse des droits de tiers |
| Marché | Besoin des clients, taille du marché et potentiel de croissance | Entretiens, lettres d’intérêt, étude de marché et modèle de revenus |
| Finances | Crédibilité du budget et stratégie de financement complémentaire | Prévisions de trésorerie, plan de levée de fonds et engagements financiers |
| Effets environnementaux | Respect du principe consistant à ne pas causer de préjudice environnemental important | Comparaison avec une solution de référence, prise en compte du cycle de vie et mesures de réduction des risques |
| Valeur sociale et stratégique | Emplois, bénéfices pour la santé, autonomie industrielle et effets territoriaux | Indicateurs chiffrés et hypothèses documentées |
| Viabilité de l’entreprise | Capacité à devenir une activité durable | Plans réglementaire, industriel et commercial |
La procédure de sélection comprend généralement une première analyse, un examen technique régional, une évaluation approfondie, un entretien consacré au projet entrepreneurial et une décision finale du jury national.
Les finalistes peuvent être évalués par plusieurs membres du jury. La présentation orale ne doit donc pas constituer une simple répétition du dossier écrit. Les fondateurs doivent être capables de défendre leurs hypothèses, d’expliquer clairement la technologie et de démontrer leur engagement personnel dans l’entreprise.

Engagement du fondateur et qualité de l’équipe
Le programme soutient la création d’une entreprise, et pas seulement les travaux techniques. Le rôle du fondateur est donc essentiel.
Le candidat principal doit être prêt à participer activement à la direction de l’entreprise. Un chercheur qui souhaite rester entièrement extérieur à l’activité et considérer l’entreprise comme un projet secondaire peut avoir des difficultés à satisfaire les exigences entrepreneuriales.
L’équipe n’a pas besoin de posséder toutes les compétences au moment du dépôt. Elle doit cependant connaître ses lacunes et expliquer comment elles seront comblées.
Les compétences nécessaires peuvent concerner la direction scientifique, l’ingénierie, le développement du produit, la réglementation, la production, les finances, la vente et la gestion de l’entreprise.
Pour les chercheurs du secteur public, le passage d’un poste en laboratoire à la direction d’une entreprise peut nécessiter une autorisation de l’établissement, un aménagement du temps de travail ou une modification formelle de leur situation professionnelle. Ces questions doivent être réglées suffisamment tôt.
Exigences environnementales et principe consistant à ne pas causer de préjudice important
La 28e édition appliquait expressément le principe consistant à ne pas causer de préjudice environnemental important.
Les projets devaient examiner si leur technologie risquait de provoquer des dommages importants dans six domaines :
-
atténuation du changement climatique ;
-
adaptation au changement climatique ;
-
ressources en eau et milieux marins ;
-
économie circulaire ;
-
prévention de la pollution ;
-
biodiversité et écosystèmes.
Les candidats devaient prendre en considération l’ensemble du cycle de vie de la technologie et la comparer à une solution de référence appropriée.
Un projet ne peut pas se limiter à affirmer de manière générale que l’innovation est durable. Le dossier doit préciser les ressources utilisées, la consommation d’énergie, les matières, les émissions, les déchets, l’utilisation de l’eau et les éventuels effets indirects.
Une technologie médicale peut, par exemple, procurer un avantage majeur pour la santé tout en utilisant des matières rares ou en produisant des déchets difficiles à traiter. Une solution numérique peut réduire l’utilisation de ressources physiques tout en augmentant la consommation d’électricité des infrastructures informatiques.
L’évaluation environnementale doit donc présenter aussi bien les avantages que les conséquences négatives possibles.
Résultats récents du concours
Les derniers résultats publiés d’i-Lab montrent un niveau de concurrence élevé.
En 2024, 440 candidatures ont été déposées et 74 projets ont été sélectionnés. Le montant total de l’aide publique a atteint 28 millions d’euros.
En 2025, le nombre de candidatures est passé à 473, tandis que le nombre de lauréats a diminué à 62. Neuf projets ont reçu la distinction Grand Prix et 14 ont obtenu une mention spéciale du jury. Le soutien total s’est élevé à 23 millions d’euros.
Tableau 6. Résultats récents du concours i-Lab
| Année des résultats | Candidatures | Lauréats | Taux de réussite approximatif | Soutien total | Aide moyenne par lauréat |
|---|---|---|---|---|---|
| 2024 | 440 | 74 | 16,8 pour cent | 28 millions d’euros | Environ 378 000 euros |
| 2025 | 473 | 62 | 13,1 pour cent | 23 millions d’euros | Environ 371 000 euros |
La baisse du taux de réussite, passé d’environ 16,8 pour cent à 13,1 pour cent, montre qu’i-Lab est un concours particulièrement sélectif.
L’admissibilité formelle ne constitue que la première étape. Le projet est ensuite comparé à d’autres entreprises issues de la recherche selon la qualité de la technologie, de l’équipe, de la propriété intellectuelle, du potentiel commercial et du plan de financement.
Résultats à long terme d’i-Lab
Entre le lancement du concours en 1999 et l’année 2024, les données officielles font état de :
-
24 643 candidatures déposées ;
-
583 millions d’euros d’aide au total ;
-
2 224 entreprises technologiques innovantes créées.
Différentes évaluations officielles estiment qu’environ 63 à 65 pour cent des entreprises créées grâce au concours étaient toujours en activité à la date de l’évaluation concernée.
Ces données indiquent qu’environ deux tiers des entreprises soutenues ont poursuivi leurs activités, même si leur survie varie selon l’année de création, le secteur, le stade de développement et la date de mesure.
Les rapports officiels mentionnent également 25 anciens lauréats d’i-Lab dont les entreprises ont ensuite accédé aux marchés Euronext ou Nasdaq Europe.
Ces résultats montrent qu’i-Lab est un instrument durable de création d’entreprises, et non un simple concours ponctuel de recherche.
i-Lab et le développement du secteur français des hautes technologies
En mars 2025, la France comptait environ 2 589 jeunes entreprises de haute technologie, dont 385 créées au cours de l’année 2024.
La stratégie France 2030 vise la création de 500 nouvelles entreprises de haute technologie par an d’ici 2030.
i-Lab contribue à cet objectif en soutenant l’étape où les résultats de la recherche doivent devenir des organisations juridiques et commerciales indépendantes.
Le système général comprend également les incubateurs de la recherche publique, les organismes de transfert de technologie, la Bourse French Tech Emergence, les fonds d’investissement consacrés aux technologies de pointe, i-PhD, i-Nov et les programmes d’industrialisation.
Le lien entre ces instruments apparaît clairement dans le passage d’i-PhD à i-Lab. Parmi les anciens lauréats d’i-PhD ayant créé une entreprise, environ la moitié l’ont fait dans les trois années suivantes, et au moins 44 ont ensuite remporté i-Lab.
Cette progression montre que la France construit un parcours structuré entre la recherche scientifique et l’entrepreneuriat, plutôt que de s’appuyer sur un concours de financement isolé.
Exemples de lauréats récents d’i-Lab
Les lauréats récents illustrent la diversité des technologies soutenues par le programme.
MagnetFab est issue de travaux menés à l’Institut Néel et au CNRS. L’entreprise développe des procédés permettant d’intégrer directement des microaimants sur des composants électroniques. Sa technologie peut être utilisée dans la microélectronique, les microsystèmes et les technologies quantiques, tout en réduisant la taille des composants et la dépendance à certaines terres rares.
Orinova développe de nouvelles associations thérapeutiques contre le cancer. Ce projet illustre l’importance de preuves scientifiques solides, d’une protection adaptée de la propriété intellectuelle et d’un parcours clinique crédible.
Nova Data Analytics développe une technologie de graphes de connaissances destinée au commerce électronique et à l’analyse de données complexes. Sa sélection montre que les projets fondés sur des logiciels peuvent être admissibles lorsque leur avantage concurrentiel repose sur une véritable innovation technologique et non sur un modèle numérique classique.
Ces exemples montrent qu’i-Lab peut soutenir les biotechnologies, les matériaux avancés, les technologies médicales, les procédés industriels et les systèmes numériques complexes.
Raisons fréquentes pour lesquelles un projet i-Lab peut manquer de compétitivité
Un projet peut rencontrer des difficultés lors de la sélection lorsque :
-
la preuve de concept reste insuffisante ;
-
le transfert de la propriété intellectuelle n’a pas été négocié ;
-
le fondateur n’est pas prêt à diriger l’entreprise ;
-
le projet repose principalement sur un service ordinaire ou une plateforme numérique classique ;
-
la demande des clients est supposée plutôt que démontrée ;
-
le budget n’est pas relié aux étapes techniques ;
-
l’entreprise ne dispose d’aucun plan de financement crédible au-delà de la subvention ;
-
les risques environnementaux sont ignorés ;
-
les exigences réglementaires ou industrielles ne sont pas expliquées ;
-
la nouvelle société reste excessivement dépendante d’un laboratoire, d’un employeur ou de l’entreprise d’origine.
Plusieurs faiblesses apparaissent souvent simultanément. Une propriété intellectuelle imprécise peut empêcher une levée de fonds. Un engagement insuffisant du fondateur peut réduire la confiance dans la mise en œuvre du projet. Des prévisions commerciales non étayées peuvent fragiliser à la fois la stratégie commerciale et le plan de financement.
Le projet est-il prêt pour i-Lab ?
Un projet est plus susceptible d’être prêt lorsque le principe de la technologie a été démontré, que le programme de recherche et de développement restant est clairement défini et que la nouvelle société peut obtenir des droits suffisants pour commercialiser les résultats.
Tableau 7. Évaluation de l’état de préparation d’un projet pour i-Lab
| Situation du projet | Appréciation probable |
|---|---|
| L’idée scientifique n’a pas encore permis d’obtenir une preuve de concept fiable | Le projet peut être plus adapté à i-PhD, à un programme de maturation ou à une aide de faisabilité |
| La preuve de concept existe, mais d’importants travaux technologiques restent nécessaires | Le projet peut correspondre à i-Lab |
| La propriété intellectuelle ou les conditions de licence ne sont pas encore réglées | La préparation de la candidature devrait être suspendue jusqu’à l’établissement d’une voie de transfert crédible |
| Le fondateur est prêt à diriger l’entreprise et à participer à son capital | Cet élément renforce l’admissibilité et la crédibilité du projet |
| Le projet concerne principalement la création d’un logiciel ordinaire ou une activité de conseil | Il est peu susceptible de correspondre au programme |
| L’entreprise est déjà structurée et prépare un projet de recherche et de développement compris entre 1 million et 5 millions d’euros | i-Nov peut être plus adapté |
| La technologie est achevée et le besoin principal concerne la création d’un premier site de production | Première Usine ou un autre programme industriel peut constituer une meilleure solution |
| Le projet ne prévoit aucun financement complémentaire | L’entreprise aura probablement des difficultés à démontrer sa viabilité financière |
Le dispositif de financement doit être choisi en fonction de la maturité réelle du projet, et non uniquement selon le montant maximal de la subvention.
Comment préparer le prochain concours i-Lab
Les candidats potentiels doivent profiter de la période précédant le prochain concours pour régler les questions qui prennent généralement le plus de temps.
La technologie doit être documentée à l’aide de résultats d’essais, de comparaisons techniques et d’une description précise des obstacles restant à résoudre. Les négociations relatives à la propriété intellectuelle doivent définir ce que l’entreprise détiendra ou exploitera sous licence, ainsi que les conditions applicables.
L’équipe fondatrice doit déterminer la répartition du capital, les responsabilités de direction, les droits de décision et les conditions du passage d’un emploi dans la recherche à la gestion de l’entreprise.
La préparation commerciale doit comprendre des échanges avec des clients, une étude de la concurrence, une analyse réglementaire et de premiers éléments confirmant l’existence d’une demande.
Le modèle financier doit associer la subvention éventuelle aux apports des fondateurs, aux investissements privés, aux autres aides compatibles et à des prévisions réalistes de trésorerie.
Enfin, l’évaluation environnementale doit porter sur l’ensemble du cycle de vie de la technologie et non uniquement sur ses avantages attendus.
Conclusion
i-Lab est l’un des principaux instruments français permettant de transformer la recherche technologique en entreprises capables d’attirer des investissements.
Selon les dernières règles complètes disponibles, les candidats pouvaient demander une subvention maximale de 600 000 euros sur la base de dépenses admissibles pouvant atteindre 1 million d’euros. Le programme pouvait soutenir aussi bien des porteurs de projet avant la création de l’entreprise que des sociétés récemment constituées en France.
i-Lab ne finance toutefois pas une simple idée. Il soutient un projet de création d’entreprise dans lequel la preuve de concept, les droits de propriété intellectuelle, l’engagement du fondateur, le programme de recherche et de développement, le débouché commercial et la stratégie de financement sont suffisamment mûrs.
Pour les entreprises issues de la recherche publique, la réussite dépend de bien davantage que de l’excellence scientifique. Le transfert de technologie, la gouvernance, la situation professionnelle du fondateur et les capitaux complémentaires doivent être réglés en même temps que le programme de recherche.
Pour les entreprises dérivées d’une société existante, la nouvelle structure doit démontrer une véritable indépendance et une maîtrise suffisante des actifs nécessaires à son développement.
Pour tous les candidats, la subvention doit être considérée comme un élément d’une stratégie de financement plus large. Les entreprises qui ne peuvent pas obtenir les droits sur la technologie, démontrer une demande de la part des clients ou attirer des capitaux complémentaires ne sont probablement pas encore prêtes.
Lorsque tous ces éléments sont réunis, i-Lab peut apporter bien plus qu’une aide financière. Une victoire peut renforcer la crédibilité de l’entreprise auprès des investisseurs, des organismes de recherche, des partenaires industriels, des banques et des futurs clients, et aider une innovation issue de la recherche à devenir une entreprise technologique française durable.
