L’industrie pharmaceutique doit relever un défi technologique majeur : rendre la fabrication des médicaments plus respectueuse de l’environnement sans compromettre leur qualité, leur sécurité, leur accessibilité financière ni leur disponibilité. Les procédés pharmaceutiques traditionnels peuvent nécessiter d’importantes quantités de solvants chimiques, des opérations de purification énergivores, des équipements spécialisés et des environnements soumis à des contrôles rigoureux. Même des améliorations relativement modestes de ces procédés peuvent permettre de réduire considérablement les déchets, d’accroître la productivité industrielle et de renforcer les chaînes d’approvisionnement pharmaceutiques.
Le Royaume-Uni entend répondre à ce défi grâce au concours Sustainable Medicines Manufacturing Innovation: Collaborative Research and Development (CR&D), Round 2, consacré à l’innovation pour une fabrication plus durable des médicaments au moyen de projets collaboratifs de recherche et développement. Organisé par Innovate UK, organisme appartenant à UK Research and Innovation (UKRI), en partenariat avec le ministère britannique de la Santé et des Affaires sociales (Department of Health and Social Care, DHSC), ce dispositif prévoit des subventions comprises entre 500 000 et 1 million de livres sterling par projet collaboratif.
Le concours dispose d’une enveloppe globale pouvant atteindre 7 millions de livres sterling. Il soutient les technologies susceptibles de rendre la fabrication des médicaments plus respectueuse de l’environnement et plus compétitive sur le plan économique. Le dépôt des candidatures a commencé le 5 octobre 2026 et se termine le 2 décembre 2026 à 11 heures, heure du Royaume-Uni.
Toutefois, ce programme ne constitue pas une aide classique au remplacement d’équipements. Il s’adresse aux projets collaboratifs de recherche industrielle et de développement expérimental portant sur des technologies ayant déjà atteint un stade de maturité relativement avancé. Les candidats doivent démontrer des avantages mesurables en matière d’environnement ou de productivité, présenter une stratégie crédible de commercialisation et associer au projet au moins une petite ou moyenne entreprise admissible, immatriculée au Royaume-Uni.
Pour les fabricants de médicaments, les entreprises de biotechnologie, les spécialistes du génie des procédés et les organismes de recherche, il est essentiel de bien comprendre ces distinctions. La subvention peut réduire sensiblement les risques financiers liés au développement d’une technologie industrielle prometteuse, mais une candidature solide exige bien davantage qu’une idée séduisante sur le plan écologique.
Pourquoi la fabrication pharmaceutique durable constitue une priorité stratégique au Royaume-Uni
Le Royaume-Uni possède l’un des écosystèmes européens les plus développés dans les domaines de la recherche pharmaceutique et de la fabrication de médicaments. Ses atouts ne se limitent pas aux grands groupes pharmaceutiques internationaux. Ils comprennent également des fabricants spécialisés de produits chimiques, de jeunes entreprises de biotechnologie, des prestataires de développement et de fabrication pharmaceutiques, des sociétés d’ingénierie, des fournisseurs de technologies analytiques et des établissements de recherche de renommée internationale.
Selon l’Office for Life Sciences, les entreprises britanniques du secteur biopharmaceutique ont réalisé un chiffre d’affaires d’environ 81,5 milliards de livres sterling au cours de l’exercice 2024-2025 et employaient près de 148 200 personnes. Ce secteur regroupait approximativement 3 100 entreprises, ce qui témoigne de l’ampleur des activités économiques et scientifiques associées au développement et à l’approvisionnement en médicaments.
L’ensemble du secteur britannique des sciences de la vie a généré un chiffre d’affaires de 125,8 milliards de livres sterling durant la même période. Dans cet ensemble, les entreprises dont l’activité principale était la fabrication ont réalisé 38,1 milliards de livres sterling de chiffre d’affaires et employaient environ 120 200 personnes. Ces chiffres comprennent toutefois les entreprises de technologies médicales ainsi que les entreprises biopharmaceutiques. Ils ne doivent donc pas être interprétés comme correspondant exclusivement à la fabrication de médicaments.
Un autre indicateur de l’importance économique de cette industrie provient des statistiques britanniques sur la compétitivité des sciences de la vie. En 2023, la fabrication pharmaceutique a généré une valeur ajoutée brute d’environ 20,4 milliards de livres sterling, exprimée aux prix constants de 2020. Les exportations britanniques de produits pharmaceutiques ont atteint 24,7 milliards de livres sterling en 2024, tandis que les importations se sont élevées à environ 25,9 milliards de livres sterling.
Les dépenses de recherche témoignent également de la forte intensité technologique du secteur. En 2024, les entreprises britanniques ont réalisé environ 9,3 milliards de livres sterling de dépenses en recherche et développement pharmaceutiques, soit 17 pour cent de l’ensemble des dépenses de recherche et développement des entreprises au Royaume-Uni. Environ 63 pour cent de ces dépenses étaient financées par les entreprises elles-mêmes, tandis que les sources étrangères représentaient approximativement 34 pour cent du financement.
Ces chiffres permettent de comprendre l’importance des subventions publiques ciblées sur l’innovation. Le programme ne peut pas remplacer les milliards investis par les entreprises pharmaceutiques dans la recherche et la fabrication. Il peut néanmoins contribuer à surmonter certains obstacles technologiques et commerciaux qui empêchent des procédés prometteurs de dépasser le stade de la démonstration.
Tableau 1. Principaux indicateurs de l’industrie pharmaceutique et du secteur des sciences de la vie au Royaume-Uni
| Indicateur | Valeur vérifiée | Période de référence |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires des entreprises biopharmaceutiques britanniques | 81,5 milliards de livres sterling | 2024-2025 |
| Emploi dans le secteur biopharmaceutique | 148 200 personnes | 2024-2025 |
| Nombre d’entreprises biopharmaceutiques | Environ 3 100 | 2024-2025 |
| Chiffre d’affaires de l’ensemble des entreprises des sciences de la vie | 125,8 milliards de livres sterling | 2024-2025 |
| Chiffre d’affaires des entreprises des sciences de la vie dont la fabrication constitue l’activité principale | 38,1 milliards de livres sterling | 2024-2025 |
| Dépenses des entreprises en recherche et développement pharmaceutiques | 9,3 milliards de livres sterling | 2024 |
| Exportations de produits pharmaceutiques | 24,7 milliards de livres sterling | 2024 |
| Valeur ajoutée brute de la fabrication pharmaceutique | 20,4 milliards de livres sterling | 2023, aux prix constants de 2020 |
Ces statistiques correspondent à des indicateurs économiques et à des ensembles d’entreprises différents. Le chiffre d’affaires biopharmaceutique comprend des activités autres que la fabrication, tandis que la catégorie plus large des entreprises manufacturières des sciences de la vie inclut également les sociétés de technologies médicales. La valeur ajoutée brute concerne plus précisément l’activité de fabrication pharmaceutique.
Les dernières statistiques de l’Office for Life Sciences intègrent également des révisions méthodologiques apportées aux estimations précédemment publiées. Pour comparer les résultats au fil du temps, il convient donc d’utiliser les séries historiques révisées plutôt que d’associer des chiffres provenant de publications établies selon des méthodes différentes.
Parallèlement aux indicateurs traditionnels de productivité et de qualité, la performance environnementale prend une importance croissante. Le NHS England considère les médicaments comme une source importante de l’empreinte carbone du système de santé britannique. Leur cycle de vie élargi serait responsable d’environ un quart des émissions du NHS. Cette estimation comprend les émissions associées à la production, à la distribution, à l’utilisation et à d’autres étapes du cycle de vie des médicaments, et non uniquement celles des usines pharmaceutiques britanniques.
L’amélioration des procédés de fabrication ne représente donc qu’une composante de la décarbonation des soins de santé. Il s’agit néanmoins d’un domaine dans lequel les innovations industrielles peuvent produire des résultats mesurables. La réduction de la consommation de solvants, l’amélioration du rendement des réactions chimiques, la diminution du nombre de lots de production non conformes, la récupération de matières utiles et la mise au point de procédés biologiques plus efficaces peuvent limiter la consommation de ressources tout en renforçant la résilience industrielle.
Le programme Sustainable Medicines Manufacturing Innovation se situe précisément à la rencontre de ces trois enjeux : la performance environnementale, la productivité pharmaceutique et la compétitivité industrielle à long terme.

Que finance réellement la subvention pour la fabrication durable des médicaments ?
Le deuxième concours de recherche et développement collaboratifs s’inscrit dans le programme plus large Sustainable Medicines Manufacturing Innovation Programme, qui fait partie des dispositifs d’investissement du gouvernement britannique destinés au secteur des sciences de la vie.
Le concours est administré au moyen du service de financement de l’innovation d’Innovate UK, avec la participation du ministère de la Santé et des Affaires sociales. Il vise à accélérer le développement technique et la préparation à la commercialisation de technologies capables de rendre la fabrication des médicaments plus durable.
L’enveloppe de 7 millions de livres sterling correspond au montant maximal que les autorités prévoient d’allouer à ce concours, sous réserve de recevoir suffisamment de candidatures de qualité et de prendre les décisions de financement correspondantes. Elle ne constitue pas une garantie que l’intégralité des fonds sera attribuée.
Les projets collaboratifs doivent normalement solliciter une subvention comprise entre 500 000 et 1 million de livres sterling. Il est essentiel de souligner que cette fourchette concerne la demande de financement cumulée des partenaires admissibles, et non le coût économique total du projet.
Un consortium peut donc présenter un programme de recherche dont le coût dépasse 1 million de livres sterling, à condition que les participants apportent les contributions financières nécessaires pour couvrir leur part des dépenses admissibles.
Les projets doivent durer entre neuf et douze mois, commencer au plus tard le 1er avril 2027 et se terminer au plus tard le 31 mars 2028. Les organisations bénéficiaires doivent réaliser leurs activités financées au Royaume-Uni, prévoir d’y exploiter les résultats et y engager la majeure partie des fonds attribués.
Les projets doivent commencer le premier jour d’un mois civil. Aucun travail financé ne peut débuter avant l’approbation officielle de la convention d’attribution de la subvention par Innovate UK.
Tableau 2. Conditions de financement du deuxième concours de recherche et développement collaboratifs pour la fabrication durable des médicaments
| Exigence du programme | Condition officielle |
|---|---|
| Organismes responsables du financement | Innovate UK et ministère de la Santé et des Affaires sociales |
| Enveloppe financière du concours | Jusqu’à 7 millions de livres sterling |
| Subvention demandée par projet collaboratif | De 500 000 à 1 million de livres sterling |
| Ouverture du concours | 5 octobre 2026 |
| Date limite de dépôt des candidatures | 2 décembre 2026 à 11 heures, heure du Royaume-Uni |
| Durée des projets | De 9 à 12 mois |
| Dernière date autorisée pour le démarrage | 1er avril 2027 |
| Dernière date autorisée pour l’achèvement | 31 mars 2028 |
| Catégories de recherche admissibles | Recherche industrielle et développement expérimental |
| Niveau minimal de maturité technologique au démarrage | TRL 6 |
| Progression technologique exigée | Au moins deux niveaux de maturité technologique |
| Participation obligatoire d’une entreprise | Au moins une PME immatriculée au Royaume-Uni sollicitant un financement |
| Part maximale des coûts totaux du projet attribuable à une seule organisation | 70 pour cent |
| Participation des organismes de recherche exerçant des activités non économiques | Limitée collectivement à 30 pour cent des dépenses totales admissibles |
Ces conditions montrent que le financement vise des projets de développement industriel ciblés plutôt que des recherches scientifiques exploratoires sans échéance déterminée. Les candidats doivent démontrer que leur innovation est suffisamment avancée pour atteindre des objectifs techniques et commerciaux significatifs dans un délai de réalisation relativement court.
Quelles entreprises pharmaceutiques et quels organismes peuvent présenter une candidature ?
Le concours est conçu pour soutenir de véritables projets collaboratifs. Une entreprise ne peut pas déposer seule une demande destinée exclusivement à financer ses propres dépenses de recherche.
L’organisation coordinatrice doit être immatriculée au Royaume-Uni. Il peut s’agir d’une entreprise de toute taille, d’un organisme de recherche et de technologie, d’un centre du réseau Catapult, d’un organisme sans but lucratif, d’un organisme public ou d’une organisation caritative.
Les établissements universitaires peuvent participer en tant que partenaires, mais ne peuvent pas assurer la coordination du projet.
Chaque consortium doit comprendre au moins une microentreprise, petite ou moyenne entreprise immatriculée au Royaume-Uni qui sollicite elle-même une subvention. Cette condition est particulièrement importante, car elle permet aux petites entreprises spécialisées dans le développement technologique de travailler avec des fabricants pharmaceutiques déjà établis.
Par exemple, une entreprise de biotechnologie spécialisée dans un procédé biocatalytique innovant pourrait collaborer avec un fabricant à façon capable de réaliser des essais industriels. Un fournisseur de technologies analytiques pourrait travailler avec une entreprise pharmaceutique pour démontrer un système automatisé réduisant le nombre de lots de production non conformes. Une entreprise spécialisée dans la récupération des solvants pourrait s’associer à un organisme de recherche et à un fabricant de médicaments pour valider la qualité et les performances environnementales des matières récupérées.
Le programme n’impose pas systématiquement à la PME de coordonner le projet. Une grande entreprise pharmaceutique peut diriger un consortium admissible, à condition que la participation obligatoire d’une PME et les autres règles de collaboration soient respectées.
Lorsqu’un organisme de recherche et de technologie assure la coordination, il doit collaborer avec deux entreprises, dont une PME et une autre entreprise de taille quelconque.
L’organisation coordinatrice et au moins un autre partenaire doivent solliciter un financement. Aucune organisation ne peut représenter plus de 70 pour cent des coûts totaux du projet. Les candidats doivent également expliquer pourquoi la collaboration est nécessaire et comment les partenaires travailleront ensemble.
Ces règles visent à encourager une coopération réelle plutôt que des partenariats purement formels établis dans le seul but de satisfaire aux critères d’admissibilité.
Une université peut mettre à disposition des équipements analytiques spécialisés, des compétences en formulation pharmaceutique, une expertise en analyse du cycle de vie ou des infrastructures scientifiques. Une entreprise technologique peut apporter ses procédés exclusifs, ses logiciels ou ses équipements. Un fabricant expérimenté peut fournir des installations de production, des systèmes d’assurance qualité, du personnel technique et une voie concrète vers l’adoption industrielle.
Le consortium le plus solide est celui dans lequel les partenaires apportent des compétences complémentaires qu’il serait difficile ou beaucoup plus coûteux de réunir dans le cadre de simples relations commerciales.
La participation internationale est possible, mais la structure du financement reste principalement britannique. Les organisations établies hors du Royaume-Uni peuvent participer sans solliciter de subvention auprès d’Innovate UK, en finançant leurs propres activités. Ces partenaires peuvent exécuter leurs travaux dans leur pays d’origine.
Le recours à des sous-traitants étrangers peut également être envisagé, mais les candidats doivent fournir une justification précise expliquant pourquoi ils ne peuvent pas faire appel à des prestataires britanniques appropriés. Un prix inférieur proposé par un fournisseur étranger ne constitue pas, à lui seul, une justification suffisante.
Le programme limite également à deux le nombre de candidatures qu’une organisation admissible peut coordonner. En revanche, aucune limite numérique équivalente ne s’applique à sa participation en qualité de partenaire.
Quel montant peuvent recevoir les petites, moyennes et grandes entreprises pharmaceutiques ?
Le montant de l’aide financière dépend de deux caractéristiques fondamentales : la taille de l’entreprise participante et la catégorie de recherche dans laquelle le projet est classé.
Innovate UK distingue la recherche industrielle du développement expérimental. La recherche industrielle désigne généralement des travaux planifiés visant à acquérir de nouvelles connaissances, compétences ou technologies pour améliorer des produits ou des procédés. Le développement expérimental se situe habituellement plus près de l’application commerciale et comprend le perfectionnement, les essais, la démonstration ou l’amélioration de technologies à partir de connaissances existantes.
Ces deux catégories sont admissibles, mais les taux maximaux de subvention diffèrent.
Tableau 3. Taux maximaux de financement d’Innovate UK selon la taille de l’entreprise et la catégorie de recherche
| Taille de l’entreprise | Recherche industrielle | Développement expérimental |
|---|---|---|
| Microentreprise ou petite entreprise | 70 pour cent | 45 pour cent |
| Moyenne entreprise | 60 pour cent | 35 pour cent |
| Grande entreprise | 50 pour cent | 25 pour cent |
Une petite entreprise spécialisée dans les technologies pharmaceutiques participant à un projet de recherche industrielle peut donc recevoir une subvention couvrant jusqu’à 70 pour cent de ses dépenses admissibles. Une grande entreprise pharmaceutique participant à la même catégorie de recherche peut obtenir jusqu’à 50 pour cent.
Si le projet relève du développement expérimental, les taux maximaux correspondants diminuent respectivement à 45 pour cent et à 25 pour cent.
Ces pourcentages représentent des plafonds et non des montants garantis. Ils s’appliquent aux dépenses admissibles de chaque entreprise participante, tandis que le consortium doit également respecter la fourchette globale des subventions et les règles de collaboration.
La classification juridique de la taille des entreprises constitue un élément important. Une filiale britannique appartenant à un grand groupe pharmaceutique international ne peut pas nécessairement bénéficier du taux réservé aux petites entreprises indépendantes simplement parce que son effectif local est relativement limité. Les liens de propriété et les données financières pertinentes du groupe peuvent influencer sa classification.
Les entreprises doivent donc établir correctement leur statut avant de compléter la partie financière de leur candidature.
Comment les universités et les organismes de recherche sont-ils financés ?
Le programme prévoit des règles distinctes pour les organismes de recherche exerçant des activités non économiques.
Ensemble, ces organismes peuvent représenter jusqu’à 30 pour cent des dépenses totales admissibles du projet. Cette limite s’applique collectivement à tous les organismes de recherche concernés.
Les organismes admissibles de recherche et de technologie, les organisations caritatives, les organismes sans but lucratif, les institutions publiques et les organismes de recherche remplissant les conditions applicables peuvent recevoir jusqu’à 100 pour cent de leurs dépenses admissibles relatives aux activités non économiques.
Les établissements universitaires peuvent obtenir un financement équivalant à 80 pour cent du coût économique complet de leurs recherches. Ils doivent appliquer la méthode de calcul des coûts prévue par le dispositif britannique Transparent Approach to Costing et transmettre les informations financières requises par l’intermédiaire du service de financement de l’innovation.
Cette distinction devient particulièrement importante lors de l’élaboration du budget. Les dépenses universitaires ne peuvent pas simplement être ajoutées à celles des entreprises et soumises au taux applicable à une PME.
La nature des activités doit également être prise en compte. Un organisme de recherche exerçant des activités commerciales ou économiques dans le cadre du projet peut être soumis aux plafonds applicables aux entreprises, et non aux règles réservées aux activités de recherche non économiques.
La bonne démarche consiste donc à définir d’abord la contribution technique de chaque partenaire, puis à déterminer les règles de calcul des coûts et de financement qui lui sont applicables.
Exemple réaliste d’un projet collaboratif bénéficiant d’une subvention de 920 000 livres sterling
Les taux de subvention deviennent plus faciles à comprendre lorsqu’ils sont appliqués à une structure budgétaire concrète.
Imaginons un consortium fictif développant une technologie avancée de récupération et de réutilisation des solvants employés dans la fabrication pharmaceutique. Une petite entreprise technologique britannique dirige le développement technique, une entreprise industrielle de taille moyenne apporte ses compétences en procédés et ses installations de démonstration, tandis qu’un organisme de recherche et de technologie effectue des essais indépendants et des analyses environnementales.
Supposons que les activités commerciales relèvent de la recherche industrielle et que l’organisme de recherche exerce des activités non économiques admissibles.
Tableau 4. Exemple de budget d’un projet collaboratif de recherche sur la fabrication pharmaceutique durable
| Partenaire du consortium | Dépenses admissibles | Taux de subvention | Subvention demandée | Contribution du partenaire |
|---|---|---|---|---|
| Petite entreprise technologique britannique | 600 000 £ | 70 pour cent | 420 000 £ | 180 000 £ |
| Entreprise industrielle de taille moyenne | 500 000 £ | 60 pour cent | 300 000 £ | 200 000 £ |
| Organisme de recherche et de technologie | 200 000 £ | 100 pour cent | 200 000 £ | 0 £ |
| Total | 1 300 000 £ | Taux différenciés | 920 000 £ | 380 000 £ |
Ce tableau constitue une simulation financière illustrative. Il ne représente ni un projet réellement financé ni un budget approuvé par Innovate UK.
Dans cet exemple, le consortium réalise des activités de recherche admissibles d’une valeur de 1,3 million de livres sterling tout en sollicitant une subvention publique de 920 000 livres sterling. Les partenaires commerciaux apportent 380 000 livres sterling, tandis que l’organisme de recherche bénéficie d’une prise en charge intégrale de ses activités non économiques supposées admissibles.
Le principal participant représente environ 46,2 pour cent des dépenses admissibles du projet, soit moins que le plafond de 70 pour cent applicable à une seule organisation. L’organisme de recherche représente approximativement 15,4 pour cent du total, ce qui reste inférieur au plafond de 30 pour cent fixé pour les activités non économiques des organismes de recherche.
La subvention demandée se situe également dans la fourchette autorisée par le programme.
Cependant, cette structure financière ne suffirait pas, à elle seule, pour obtenir le financement. Les candidats devraient aussi démontrer le niveau initial de maturité technologique exigé, la progression technologique prévue, les avantages environnementaux, la faisabilité commerciale et le respect de toutes les autres conditions du concours.
Cet exemple montre également pourquoi l’expression jusqu’à 1 million de livres sterling ne doit pas être confondue avec un investissement d’un million entièrement financé par l’État. Le projet peut nécessiter d’importantes contributions privées, et les entreprises doivent être capables de financer leur part.
Les candidats doivent aussi tenir compte du calendrier des dépenses. Les subventions d’Innovate UK sont normalement réclamées sur la base des dépenses admissibles engagées, conformément aux conditions applicables, plutôt que versées intégralement et sans restriction au début du projet. Les entreprises doivent donc disposer d’une trésorerie suffisante pour couvrir les salaires, les matériaux, les prestations sous-traitées et les essais de démonstration avant de recevoir les remboursements correspondants.
Quelles dépenses de recherche et de fabrication peuvent être financées ?
Le programme applique les règles habituelles d’Innovate UK relatives aux dépenses admissibles, sous réserve des conditions particulières du concours.
Les dépenses de personnel devraient représenter une part importante du budget de nombreux projets d’innovation pharmaceutique. Les coûts admissibles peuvent notamment comprendre le travail des chimistes, des ingénieurs, des analystes scientifiques, des chercheurs en biotechnologie, des responsables de projet et d’autres salariés directement impliqués dans les activités de recherche. Ces dépenses doivent être calculées conformément à la méthode prescrite par Innovate UK et justifiées par des documents appropriés.
Le programme peut également couvrir les frais généraux admissibles, les matériaux, l’utilisation d’équipements affectés au projet, la sous-traitance, les déplacements nécessaires et certaines autres dépenses directement liées aux travaux.
Pour les fabricants pharmaceutiques, cela peut comprendre les réactifs consommables, les enzymes, les catalyseurs, les matériaux de laboratoire, les analyses spécialisées, les essais pilotes et les prestations techniques nécessaires à la validation de la technologie.
Toutefois, l’admissibilité dépend de la nature des dépenses et de leur utilisation effective.
L’achat d’un nouveau réacteur industriel pour 250 000 livres sterling ne rend pas automatiquement l’intégralité de son prix admissible au financement. Lorsqu’un équipement est comptabilisé comme une immobilisation, la dépense admissible peut se limiter à la part de son amortissement correspondant à son utilisation pendant le projet de recherche.
De même, les matériaux consommés pendant les expérimentations peuvent être admissibles, tandis que les dépenses liées à la production commerciale courante ou aux activités ordinaires de l’entreprise peuvent ne pas l’être.
Les activités confiées à des sous-traitants doivent être nécessaires, proportionnées et correctement justifiées. Une entreprise peut avoir besoin de spécialistes extérieurs pour réaliser des analyses d’impuretés chimiques, évaluer les impacts environnementaux ou effectuer certains essais techniques. Toutefois, un budget de sous-traitance important ne doit pas se substituer à une véritable collaboration entre les principaux partenaires.
Le budget doit également éviter toute double comptabilisation des dépenses, notamment des frais généraux déjà pris en compte dans une autre catégorie.
Le financement de la recherche ne doit pas être confondu avec une aide sans affectation particulière aux investissements matériels. La construction ordinaire d’usines, la conception d’infrastructures sans démonstration technologique appropriée et le remplacement habituel d’équipements ne constituent pas les objectifs centraux de ce programme.
Les candidats devraient donc construire leur modèle financier autour des ensembles de travaux nécessaires au développement et à la validation de l’innovation, plutôt que de commencer par dresser une liste d’achats d’équipements et de chercher ensuite à les présenter comme des dépenses de recherche.
Chimie verte : réduire l’impact environnemental de la synthèse pharmaceutique
La chimie verte constitue le premier grand axe technologique du concours. Elle englobe les innovations qui réduisent l’utilisation de substances chimiques dangereuses, améliorent l’efficacité des réactions, remplacent des matières dont la production est particulièrement polluante et créent des voies de fabrication plus durables pour les principes actifs pharmaceutiques.
La production pharmaceutique peut nécessiter des synthèses complexes comportant plusieurs étapes, notamment pour les médicaments constitués de petites molécules. Plusieurs réactions, opérations de purification et changements de solvants peuvent être indispensables avant qu’une substance atteigne le degré de pureté requis pour la suite de sa transformation.
Les conséquences environnementales d’un procédé dépendent donc non seulement de la réaction chimique finale, mais également des ressources consommées tout au long du processus de fabrication.
La biocatalyse représente une approche potentiellement intéressante. Les enzymes peuvent permettre des réactions très sélectives dans des conditions différentes de celles de la fabrication chimique traditionnelle. Dans certaines applications, les procédés biocatalytiques peuvent réduire le recours à certains réactifs, améliorer la sélectivité et simplifier les étapes ultérieures de purification.
Cependant, ces avantages ne sont pas automatiques. La stabilité des enzymes, la concentration des réactions, la production des catalyseurs, les besoins de séparation et les coûts du procédé déterminent ensemble si cette approche présente un réel intérêt industriel.
La chimie en flux constitue un autre domaine prometteur. Elle repose sur la réalisation continue des réactions plutôt que sur le recours exclusif aux opérations classiques par lots. Le fonctionnement continu peut améliorer la maîtrise des réactions, favoriser les échanges thermiques et permettre l’utilisation d’équipements plus compacts. Il peut également présenter des difficultés techniques importantes liées à la manipulation des solides, à l’encrassement, au contrôle des procédés et au nettoyage.
Dans le cadre du concours actuel, un projet reposant sur la chimie en flux devrait démontrer davantage que les avantages généraux de la fabrication continue. Il devrait présenter une innovation précise, un niveau initial de maturité suffisamment avancé et des améliorations mesurables directement liées à la production de médicaments.
Les solvants durables représentent un autre domaine important. Les procédés pharmaceutiques traditionnels dépendent souvent de solvants organiques pour la synthèse, l’extraction, la purification, la cristallisation et le nettoyage. Remplacer un solvant issu de ressources fossiles par une solution renouvelable peut réduire les émissions sur l’ensemble du cycle de vie, mais le produit de substitution doit aussi répondre aux exigences de qualité pharmaceutique.
La pureté, les impuretés résiduelles, la teneur en eau, la stabilité, la compatibilité avec les procédés existants et l’énergie nécessaire à la purification déterminent tous la possibilité d’adopter un nouveau solvant.
L’axe consacré à la chimie verte comprend également de nouvelles approches de catalyse chimique, des procédés sans solvants, la fabrication biologique de principes actifs pharmaceutiques et des solutions de remplacement de la synthèse traditionnelle sur support solide.
Pour les candidats, la proposition la plus convaincante repose généralement sur une modification clairement définie du procédé, dont les effets peuvent être mesurés par comparaison avec une méthode de fabrication existante et crédible.
Fabrication circulaire : récupération des solvants, réutilisation de l’eau et efficacité des matières
Le deuxième axe du programme concerne la circularité, dont l’objectif est de réduire la consommation de ressources et la production de déchets en maintenant les matières dans le circuit de production aussi longtemps que possible.
Dans l’industrie pharmaceutique, la circularité soulève des difficultés techniques différentes de celles rencontrées dans de nombreux autres secteurs. Les matières peuvent entrer en contact avec des substances actives, des réactifs toxiques, des produits biologiques ou des composés intermédiaires sensibles. Le fait de récupérer une matière ne signifie pas automatiquement qu’elle peut être réutilisée.
La récupération des solvants illustre particulièrement bien cette difficulté.
Une usine pharmaceutique peut produire des quantités importantes de déchets contenant des solvants. Un système de récupération pourrait séparer les substances chimiques valorisables de ces déchets et les réintroduire dans des applications appropriées, réduisant ainsi les besoins en solvants neufs.
Toutefois, les solvants récupérés doivent respecter les spécifications applicables. Les impuretés résiduelles, les produits de dégradation et les risques d’accumulation de contaminants doivent être compris et maîtrisés.
Un projet de démonstration financé par une subvention pourrait étudier un procédé innovant de séparation par membranes, une configuration de purification plus efficace ou une technologie hybride de récupération destinée à réduire la consommation énergétique des méthodes de séparation traditionnelles.
L’évaluation environnementale devrait porter sur l’ensemble du procédé de récupération plutôt que de se concentrer uniquement sur la quantité de solvant collectée.
Un système qui récupère davantage de solvant, mais nécessite une quantité excessive d’énergie pour le purifier, peut procurer un avantage environnemental inférieur à ce que laisse supposer son taux initial de récupération.
La réutilisation de l’eau présente des difficultés similaires. Les installations pharmaceutiques peuvent consommer de l’eau lors du nettoyage, de la formulation, de la préparation des équipements et d’autres opérations de fabrication. Des technologies innovantes de traitement et de réutilisation peuvent réduire les besoins en eau douce, mais leur application doit respecter les exigences de qualité correspondant à l’utilisation envisagée.
L’eau récupérée pour un service technique n’est pas automatiquement adaptée aux opérations impliquant un contact avec le produit. Le projet doit déterminer les caractéristiques de qualité nécessaires, les dispositifs de surveillance, les mesures de prévention des contaminations et les exigences réglementaires applicables.
La circularité peut également concerner les matières plastiques, les emballages pharmaceutiques et les composants utilisés dans la fabrication de médicaments biologiques. Les solutions innovantes peuvent comprendre le recyclage, la substitution de matériaux, l’amélioration des procédés de séparation ou la réduction de la dépendance à certains consommables à usage unique.
Dans tous ces domaines, la sécurité pharmaceutique et la qualité de fabrication demeurent essentielles. L’avantage environnemental ne peut pas être évalué indépendamment des risques de contamination, de la compatibilité des matériaux et des exigences pratiques d’une production réglementée.
Productivité et efficacité des ressources : la place des technologies numériques dans la fabrication
Le troisième axe vise l’amélioration de la productivité et de l’efficacité des ressources grâce à l’innovation technologique.
Dans l’industrie pharmaceutique, une productivité accrue ne signifie pas nécessairement produire davantage de médicaments avec moins de salariés. Elle peut consister à augmenter la proportion de produits conformes, réduire le nombre de lots de fabrication rejetés, améliorer l’utilisation des équipements, raccourcir les cycles de développement et éliminer les consommations inutiles de produits chimiques, d’énergie ou de matériaux.
La fabrication continue, l’intensification des procédés, l’automatisation, la robotique, l’intelligence artificielle et les systèmes analytiques avancés peuvent contribuer à atteindre ces objectifs.
Les technologies analytiques de procédé, connues sous le sigle PAT, sont particulièrement pertinentes. Au lieu de dépendre exclusivement d’analyses de laboratoire réalisées avec un certain délai, les fabricants peuvent utiliser des mesures effectuées pendant la production pour mieux comprendre les paramètres essentiels du procédé.
Un dispositif de surveillance plus précis peut permettre de détecter plus tôt les écarts, d’améliorer le contrôle du procédé et de réduire le risque que des matières non conformes poursuivent inutilement les étapes de fabrication.
Les jumeaux numériques peuvent contribuer à des objectifs similaires en représentant les procédés de production dans un environnement informatique. Selon la technologie utilisée, un modèle numérique peut aider les chercheurs à étudier les conditions de fonctionnement, prévoir le comportement d’un procédé ou analyser des modifications avant de réaliser des expériences physiques.
Cependant, un modèle numérique n’est pas intrinsèquement durable. L’argument environnemental doit être étayé par des preuves montrant que son utilisation améliore effectivement un résultat pertinent.
Par exemple, si un système automatisé d’optimisation des procédés réduit le nombre d’expériences nécessaires pour déterminer des conditions de fonctionnement acceptables, le candidat devrait quantifier les matières et l’énergie économisées grâce aux essais évités. Si un système de surveillance réduit les pertes de production, le projet devrait définir le taux initial de pertes et la méthode utilisée pour mesurer l’amélioration.
Les projets fondés sur l’intelligence artificielle doivent également traiter de la qualité des données, de la fiabilité des modèles, de la validation et de l’intégration pratique des résultats dans un environnement de fabrication réglementé.
Le concours peut soutenir l’innovation numérique, mais un projet limité au développement général d’un logiciel, sans lien convaincant avec la fabrication durable des médicaments, aurait peu de chances de démontrer son adéquation aux objectifs du programme.
Niveaux de maturité technologique : pourquoi les premières recherches de laboratoire peuvent être inadmissibles
L’une des exigences les plus caractéristiques du deuxième concours de recherche et développement collaboratifs concerne le niveau minimal de maturité technologique.
Le programme impose aux technologies d’avoir atteint au moins le niveau TRL 6 et de progresser d’au moins deux niveaux de maturité technologique pendant la réalisation du projet.
Le niveau TRL 6 correspond généralement à une technologie dont le fonctionnement a été démontré dans un environnement représentatif des conditions d’utilisation. Il s’agit d’un stade nettement plus avancé qu’un simple concept scientifique ou qu’une première preuve de faisabilité en laboratoire.
Pour une technologie de récupération des solvants, les preuves pertinentes pourraient comprendre l’exploitation antérieure d’un système pilote représentatif utilisant des matières comparables à celles rencontrées dans la fabrication pharmaceutique.
Pour un procédé biocatalytique, elles pourraient comprendre des données suffisamment avancées sur la réaction et le traitement, démontrant que la technologie fonctionne au-delà des premières expériences exploratoires à petite échelle.
Une entreprise ayant seulement identifié une enzyme ou un matériau membranaire prometteur lors de tests préliminaires pourrait donc se situer à un stade trop précoce pour ce concours.
À l’inverse, une technologie déjà démontrée au niveau TRL 6 pourrait proposer un programme structuré destiné à atteindre le niveau TRL 8, à condition que le projet puisse effectivement réaliser les étapes de vérification et de validation nécessaires.
Les candidats doivent également prendre en compte le niveau de maturité commerciale. La réussite d’une démonstration technique ne garantit pas automatiquement que la technologie soit prête à être commercialisée.
Le marché peut exiger des travaux réglementaires supplémentaires, des investissements industriels, une qualification auprès des clients, une intégration dans les installations existantes ou des preuves de rentabilité économique.
Une candidature solide doit donc expliquer deux trajectoires de développement liées : la manière dont la technologie progressera sur le plan technique et celle dont la subvention contribuera à réduire les obstacles à son adoption commerciale.
Cet aspect est particulièrement important dans l’industrie pharmaceutique, où la mise en œuvre industrielle peut nécessiter de longues procédures de validation et de conformité réglementaire, même lorsque la technologie sous-jacente fonctionne correctement.
Exemples réels de projets britanniques consacrés à la fabrication durable des médicaments
Le programme plus large Sustainable Medicines Manufacturing Innovation a déjà soutenu des projets qui illustrent les technologies et les modèles de collaboration pertinents pour le concours actuel.
En mars 2025, Innovate UK Business Connect a annoncé que 14 projets collaboratifs de recherche et développement avaient reçu une part d’une enveloppe de 13 millions de livres sterling. Ces projets portaient sur la chimie verte, la circularité, la productivité et l’efficacité des ressources.
Parallèlement, le programme a financé neuf grands projets de recherche stratégique, appelés Grand Challenges, représentant plus de 61 millions de livres sterling de subventions engagées et plus de 16 millions de livres sterling de co-investissements industriels, selon le portefeuille de projets publié en février 2026.
Ces précédents sont importants, mais il ne s’agit pas de financements attribués dans le cadre du deuxième concours CR&D actuellement ouvert. Les plafonds financiers et les exigences des précédents projets collaboratifs et des Grand Challenges sont différents.
Tableau 5. Projets britanniques confirmés dans le domaine de la fabrication durable des médicaments
| Organisation coordinatrice | Projet ou technologie | Informations confirmées sur le financement | Innovation principale |
|---|---|---|---|
| HydRegen Ltd | Bio2Amine-Fampridine | Bénéficiaire d’un précédent concours de recherche collaborative ; montant individuel non précisé dans l’annonce examinée | Fabrication biocatalytique d’un principe actif pharmaceutique |
| EnsiliTech et CPI | Antibodies Unchained | 1,4 million de livres sterling attribué dans le cadre du programme précédent | Technologie de stabilisation des anticorps visant à réduire la dépendance à la chaîne du froid |
| Proxisense Ltd | Projet SENSE, LiquiSensor | Bénéficiaire d’un précédent concours de recherche collaborative ; montant individuel non précisé dans l’annonce examinée | Surveillance continue des procédés et des solvants |
| Exactmer | Industrialising UK Bio-Based Solvents | 7 316 907 livres sterling au titre des Grand Challenges | Solvants renouvelables de qualité pharmaceutique et purification avancée |
| AstraZeneca UK | A Sustainable Future Factory | 9 781 258 livres sterling au titre des Grand Challenges | Robotique, automatisation, intelligence artificielle et amélioration des procédés industriels |
| Origin Peptides | Environmental Peptide Production | 6 411 241 livres sterling au titre des Grand Challenges | Synthèse de peptides en milieu aqueux et passage à l’échelle industrielle |
Les montants correspondent à des financements publiés ou engagés pour des projets antérieurs du programme général, et non à des subventions attribuées lors du deuxième concours. Les objectifs des projets ne doivent pas être présentés comme des résultats achevés et vérifiés de manière indépendante.
HydRegen : développer une voie biocatalytique pour les principes actifs pharmaceutiques
HydRegen illustre la manière dont une entreprise technologique britannique spécialisée peut contribuer à une fabrication pharmaceutique plus respectueuse de l’environnement grâce à une innovation chimique clairement définie.
Son projet Bio2Amine-Fampridine, développé avec le partenaire Drochaid, figurait parmi les bénéficiaires du précédent concours de recherche et développement collaboratifs pour la fabrication durable des médicaments.
Le projet utilise la technologie biocatalytique de HydRegen afin d’étudier une voie de fabrication d’un principe actif pharmaceutique. Ses avantages recherchés comprennent la réduction de la dépendance aux catalyseurs métalliques ainsi que l’amélioration de la durabilité et des performances économiques du procédé.
Ce type de recherche correspond particulièrement bien à l’axe de la chimie verte, car il vise une transformation industrielle précise plutôt qu’une activité générale de gestion environnementale.
Pour être industriellement utile, un procédé biocatalytique doit offrir une sélectivité, un rendement, une maîtrise des impuretés et une régularité de production acceptables. Ces caractéristiques déterminent si la technologie peut réellement concurrencer les méthodes traditionnelles.
Pour les futurs candidats, l’exemple de HydRegen montre l’intérêt de sélectionner un procédé pharmaceutique précis, d’identifier ses faiblesses techniques et de développer une solution de remplacement dont les performances peuvent être mesurées.
L’annonce officielle confirme l’existence du projet et sa participation au programme de financement précédent. Elle ne permet pas d’établir un montant individuel attribué qui aurait été vérifié séparément, ni un résultat commercial définitif.
EnsiliTech et CPI : réduire la dépendance à la chaîne du froid
Un autre exemple important est la collaboration entre EnsiliTech et CPI, qui a obtenu 1,4 million de livres sterling dans le cadre du programme Sustainable Medicines Manufacturing Innovation d’Innovate UK.
Le projet étudie la technologie Ensilication d’EnsiliTech, qui vise à stabiliser les médicaments à base d’anticorps et à réduire leur dépendance au stockage et au transport sous température contrôlée.
La recherche utilise comme produit thérapeutique de référence le trastuzumab, un anticorps monoclonal employé dans le traitement de certains cancers.
De nombreux médicaments biologiques sont sensibles aux conditions de stockage et de transport. Le maintien de températures appropriées peut nécessiter des infrastructures énergivores, des systèmes de surveillance, des emballages spécialisés et des dépenses logistiques supplémentaires.
Une technologie capable de préserver la stabilité des produits dans des conditions de stockage moins contraignantes pourrait réduire certains de ces besoins. Elle pourrait également limiter les pertes de médicaments liées aux interruptions de la chaîne du froid.
La collaboration avec CPI vise à évaluer la faisabilité technique de l’intégration du procédé de stabilisation dans la fabrication d’anticorps. Les activités prévues comprennent également une analyse des coûts et une évaluation du cycle de vie.
Cette distinction est essentielle. L’attribution confirmée de 1,4 million de livres sterling établit que le projet a obtenu des fonds pour le développement et l’évaluation de la technologie. Elle ne prouve pas, à elle seule, que son adoption industrielle soit achevée ou qu’une quantité précise d’émissions de carbone ait déjà été évitée.
Cet exemple montre néanmoins que la fabrication durable des médicaments dépasse la seule synthèse des principes actifs. Elle peut également concerner la formulation, les exigences de conservation et l’ensemble du cycle allant de la production à la livraison.
Exactmer : développer des solvants biosourcés de qualité pharmaceutique
Exactmer coordonne l’un des grands projets Grand Challenges, qui bénéficie d’un financement confirmé de 7 316 907 livres sterling pour l’industrialisation de solvants biosourcés.
La valeur totale annoncée du projet est d’environ 9,29 millions de livres sterling. Il rassemble des fournisseurs de technologies, des entreprises chimiques, des partenaires de l’industrie pharmaceutique et des organismes de recherche.
Parmi les participants figurent Celtic Renewables, CPI, Croda, Cytiva, OXCCU, Queen Mary University of London et l’Université de Leeds. GSK intervient comme partenaire stratégique sans recevoir de financement dans ce projet.
Les travaux portent sur des solutions de remplacement biosourcées de solvants traditionnellement issus des ressources fossiles, notamment des substances apparentées à l’acétonitrile, à l’acétone et à l’heptane.
L’une des principales difficultés consiste à atteindre les spécifications de pureté et de teneur en eau nécessaires à la fabrication pharmaceutique, sans compromettre les avantages environnementaux potentiels par des coûts ou des besoins énergétiques de purification excessifs.
Le consortium prévoit d’utiliser des technologies avancées de purification membranaire et de démontrer les performances des solvants dans des environnements représentatifs de la fabrication de médicaments.
Son ambition déclarée est de réduire d’au moins 60 pour cent les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie par rapport aux solvants traditionnels équivalents.
Ce chiffre représente un objectif du projet, et non un résultat achevé et vérifié de manière indépendante.
Le projet Exactmer illustre particulièrement bien les relations entre l’innovation chimique, le développement des chaînes d’approvisionnement et l’adoption industrielle. Une matière renouvelable peut présenter un potentiel environnemental considérable, mais elle doit aussi être disponible commercialement, compatible avec les opérations existantes et capable de répondre aux exigences de qualité pharmaceutique.
AstraZeneca : construire une usine pharmaceutique plus durable
AstraZeneca UK coordonne le projet Grand Challenge A Sustainable Future Factory, soutenu par une subvention de 9 781 258 livres sterling.
Le consortium réunit de grandes entreprises pharmaceutiques, des sociétés technologiques spécialisées et plusieurs établissements de recherche. Son programme de développement comprend l’automatisation, la robotique, l’intelligence artificielle, les analyses avancées et différentes approches destinées à améliorer l’efficacité industrielle.
Le projet étudie comment des technologies telles que les réacteurs à optimisation autonome, l’expérimentation automatisée et la surveillance des procédés fondée sur les données peuvent contribuer à réduire les déchets et à améliorer l’efficacité de la fabrication pharmaceutique.
Son intérêt réside notamment dans le modèle de collaboration industrielle.
Les grandes entreprises pharmaceutiques peuvent apporter des exigences opérationnelles réelles, une expertise de production et l’accès à des environnements industriels représentatifs. Les petites entreprises peuvent fournir des technologies spécialisées qu’une seule organisation industrielle aurait des difficultés à développer entièrement par ses propres moyens.
Les établissements de recherche peuvent alors contribuer à la validation analytique, à la modélisation, au génie des procédés et aux mesures indépendantes.
Bien que le financement accordé au projet Grand Challenge d’AstraZeneca dépasse les plafonds du deuxième concours actuel, son modèle de partenariat reste instructif pour les projets collaboratifs de recherche de moindre envergure.
L’attribution de la subvention confirme l’existence du programme de développement. Elle ne doit pas être interprétée comme la preuve que toutes les technologies proposées ont déjà permis d’obtenir les réductions de déchets ou de consommation énergétique attendues.
Origin Peptides : repenser la chimie de la production des peptides
Origin Peptides dirige le projet Grand Challenge Environmental Peptide Production, qui a reçu un financement de 6 411 241 livres sterling.
Ses partenaires comprennent CPI, New Gradient et Queen Mary University of London.
Le projet s’attaque aux difficultés environnementales associées à la production de peptides grâce à une nouvelle approche de synthèse en milieu aqueux et au développement de technologies adaptées à la fabrication industrielle.
La production de peptides peut nécessiter des quantités importantes de réactifs et de solvants, notamment lorsque des étapes complexes de synthèse et de purification sont indispensables. De nouvelles approches réduisant la dépendance aux procédés chimiques fortement consommateurs de ressources pourraient donc présenter des avantages considérables.
Selon la description publiée du projet, la technologie d’Origin Peptides a déjà fait l’objet d’une démonstration en laboratoire à petite échelle. Le programme financé vise ensuite à développer le procédé et les équipements associés en vue d’une production industrielle.
La différence entre une méthode démontrée en laboratoire et un procédé pharmaceutique pouvant être déployé à l’échelle industrielle est considérable. Un changement d’échelle réussi doit tenir compte de la régularité des réactions, de la purification, de la qualité du produit, de la maîtrise du procédé, de la conception des équipements et de l’économie générale de la production.
Ce cas montre également pourquoi les candidats doivent distinguer les réalisations déjà vérifiées des résultats futurs attendus.

Mesurer les améliorations environnementales : les preuves qu’une candidature solide doit apporter
L’une des exigences déterminantes du deuxième concours CR&D est que les affirmations relatives à la durabilité reposent sur des mesures de référence et des indicateurs clairement définis.
Cette exigence a des conséquences importantes sur la préparation des projets.
Une proposition qui promet une fabrication pharmaceutique plus respectueuse de l’environnement sans expliquer comment les progrès seront mesurés laisse une partie essentielle de son argumentation technique sans réponse.
Les candidats doivent établir un procédé de référence crédible et expliquer comment la nouvelle technologie sera comparée à ce procédé. Dans l’idéal, la comparaison devrait porter sur une quantité équivalente de produit pharmaceutique répondant aux mêmes exigences de qualité pertinentes.
Pour la production de principes actifs pharmaceutiques, les indicateurs utiles peuvent comprendre l’énergie consommée par kilogramme de produit conforme, la quantité totale de matières nécessaires par kilogramme de produit, la consommation de solvants, la qualité des solvants récupérés et les déchets générés pendant la transformation.
L’intensité massique du procédé, souvent désignée par le sigle PMI, est particulièrement utile pour évaluer la consommation de matières. Elle exprime le rapport entre la masse totale des matières utilisées et la quantité de produit obtenue.
Pour les projets de récupération de l’eau, les mesures peuvent inclure la consommation d’eau douce, la qualité de l’eau récupérée, l’énergie nécessaire au traitement et la proportion d’eau récupérée répondant aux exigences de l’utilisation envisagée.
Pour la fabrication biotechnologique, les indicateurs de performance peuvent comprendre le rendement en produit, la durée du cycle de production, la consommation de milieux de culture, les déchets issus des consommables, les lots rejetés et l’énergie nécessaire aux opérations de transformation et de purification.
Les calculs de l’empreinte carbone exigent une attention supplémentaire. Une réduction de la consommation énergétique directe d’une usine ne se traduit pas nécessairement par une diminution équivalente des émissions sur l’ensemble du cycle de vie.
Si un solvant de remplacement nécessite moins d’énergie pendant la synthèse pharmaceutique, mais beaucoup plus d’énergie lors de sa propre production ou purification, le résultat environnemental global peut différer de l’amélioration apparente observée dans l’usine.
L’analyse du cycle de vie peut aider à identifier ces compromis en examinant un ensemble plus complet de consommations, d’émissions et d’étapes du procédé.
Lorsque cela est pertinent, les candidats devraient également examiner la qualité des données disponibles, les incertitudes de leurs calculs et les hypothèses utilisées pour comparer la technologie proposée avec la situation de référence.
Les objectifs mesurables doivent être ambitieux, mais crédibles. Une proposition annonçant des économies exceptionnellement élevées sans éléments justificatifs peut être moins convaincante qu’une proposition présentant des améliorations plus modestes, mais étayées par des données expérimentales solides.
Par exemple, un candidat peut proposer de réduire la quantité de solvant nécessaire par kilogramme de produit conforme. Le projet devrait alors définir la consommation initiale, l’amélioration attendue, les conditions d’essai, la méthode de mesure et les éléments nécessaires à la vérification des résultats.
Si l’amélioration repose sur une modélisation plutôt que sur des essais déjà réalisés, la candidature doit présenter le résultat comme une prévision et expliquer comment le projet permettra de le valider.
Cette rigueur est essentielle, car Innovate UK finance le développement technologique, et non de simples intentions environnementales.
Les exigences réglementaires peuvent déterminer si une innovation atteint réellement l’usine
La fabrication pharmaceutique est une activité fortement réglementée. Toute technologie modifiant un procédé de fabrication peut soulever des questions relatives à la qualité du produit, à la contamination, à la validation, à la maîtrise des procédés ou au statut réglementaire du médicament.
Le concours exige explicitement que les candidats prennent en compte les obstacles réglementaires et expliquent comment ils seront surmontés.
Dans le domaine de la chimie verte, la modification d’une voie de synthèse peut changer le profil des impuretés ou d’autres caractéristiques essentielles d’un principe actif pharmaceutique. Même si le nouveau procédé est préférable sur le plan environnemental, il doit respecter les spécifications de qualité pertinentes.
Pour la récupération des solvants, les fabricants peuvent devoir démontrer que les matières récupérées satisfont aux exigences de pureté définies et que leur réutilisation n’entraîne pas de contamination inacceptable.
Pour la fabrication continue, les développeurs peuvent avoir à démontrer la pertinence du contrôle des procédés, de la traçabilité, de la manipulation des matières et des stratégies de gestion des écarts.
La Medicines and Healthcare products Regulatory Agency, ou MHRA, supervise le cadre réglementaire pharmaceutique applicable au Royaume-Uni. Les bonnes pratiques de fabrication, connues sous le sigle BPF, définissent des exigences essentielles pour assurer une production et un contrôle réguliers des médicaments.
Les recommandations internationalement reconnues, notamment la ligne directrice ICH Q13 relative à la fabrication continue, peuvent également orienter le développement technique de systèmes de production pharmaceutique appropriés.
La procédure réglementaire exacte dépend du médicament, de la technologie et de la nature du changement de fabrication envisagé. Toutes les innovations ne nécessitent pas les mêmes autorisations, et l’acceptation réglementaire ne peut pas être présumée au seul motif qu’un procédé présente des avantages environnementaux.
Les candidats devraient donc associer les spécialistes de la qualité et des affaires réglementaires dès la conception du projet, plutôt que d’attendre la fin du développement technique.
Dans certains cas, le projet ne pourra pas achever toutes les démarches réglementaires pendant la période de financement de neuf à douze mois. L’essentiel est d’identifier les obstacles, de mener les activités de développement et de validation appropriées et d’établir une stratégie crédible pour les étapes restantes.
Une proposition traitant à la fois des performances du procédé et de sa mise en conformité réglementaire est commercialement plus convaincante qu’une proposition considérant la réglementation comme une simple formalité administrative future.
Préparer le partenariat et le dossier de candidature
La procédure de candidature est gérée par l’intermédiaire du service de financement de l’innovation d’Innovate UK.
L’organisation coordinatrice crée la candidature et invite les organisations participantes à la rejoindre. Chaque partenaire est responsable de la saisie de ses propres informations financières et des réponses requises concernant les retombées du projet.
Le dossier comprend des informations générales sur le projet, des questions techniques et commerciales évaluées, des données financières et des informations sur les retombées attendues.
Une candidature solide devrait commencer par la description d’un problème de fabrication précis, plutôt que par une présentation abstraite de la technologie.
Par exemple, une entreprise développant des équipements de récupération de solvants devrait expliquer les caractéristiques des flux de déchets concernés, les limites des procédés de séparation disponibles et l’obstacle technique qui empêche les solutions existantes d’atteindre le niveau de qualité ou de coût requis.
Le candidat devrait ensuite montrer comment son innovation surmonte cet obstacle, quelles preuves préliminaires établissent son niveau actuel de maturité et quelles activités expérimentales permettront d’atteindre le niveau de performance suivant.
Cette argumentation technique doit être reliée à une véritable possibilité de commercialisation.
Les clients potentiels peuvent comprendre des fabricants de principes actifs pharmaceutiques, des sociétés de fabrication pharmaceutique à façon, des producteurs de médicaments biologiques ou des fournisseurs de matières spécialisées destinées à l’industrie pharmaceutique.
La candidature doit expliquer pourquoi ces clients adopteraient la technologie, quels avantages financiers ou opérationnels ils pourraient en retirer et comment l’innovation se positionnerait face aux solutions existantes.
Elle doit également démontrer que le projet améliore la productivité, la compétitivité et les perspectives de croissance d’au moins une PME britannique participante.
Cette exigence doit être traitée explicitement. Il ne suffit pas d’affirmer que l’ensemble de l’industrie pharmaceutique bénéficiera du projet.
Pour une petite entreprise technologique, les avantages commerciaux attendus peuvent comprendre la validation d’un produit auprès d’un client industriel, la création de propriété intellectuelle, l’accès à un nouveau marché ou l’établissement d’une stratégie crédible de concession de licences et de ventes futures.
La candidature doit également expliquer la valeur supplémentaire créée par le financement public. Les évaluateurs cherchent à comprendre pourquoi les activités proposées seraient retardées, réduites ou réalisées autrement sans la subvention.
Une justification convaincante de cet effet incitatif repose sur de véritables contraintes financières et techniques, et non sur une simple affirmation selon laquelle le financement serait utile.
La partie financière doit démontrer que les partenaires sont capables d’apporter les contributions nécessaires et de soutenir le développement de la technologie au-delà de la période financée.
Quels éléments Innovate UK examinera-t-il lors de l’évaluation ?
Les candidatures sont examinées par des évaluateurs indépendants chargés d’apprécier la qualité technique, commerciale, organisationnelle et financière des projets.
Les questions notées portent sur le besoin auquel répond l’innovation, l’approche proposée, les compétences de l’équipe, les débouchés commerciaux, les voies de commercialisation, les retombées plus larges, la gestion du projet, les risques et le rapport entre les coûts et les avantages attendus.
Les candidats devraient considérer ces domaines comme étroitement liés plutôt que comme de simples rubriques administratives indépendantes.
L’approche technique doit expliquer en quoi l’innovation proposée diffère des solutions existantes et comment les expériences prévues permettront d’obtenir des preuves fiables.
L’argumentation commerciale doit démontrer que la technologie répond à un véritable problème de fabrication rencontré par des clients identifiables.
La partie consacrée à la gestion du projet doit montrer que les activités peuvent être achevées dans le délai autorisé, tandis que l’analyse des risques doit présenter les principales incertitudes et les moyens de les maîtriser.
Pour la question relative à l’approche et à l’innovation, les candidats disposent d’un maximum de 800 mots. Plusieurs autres questions notées, notamment celles concernant l’équipe et les ressources, la connaissance du marché, les résultats et la stratégie de commercialisation, les retombées générales, la gestion du projet, les risques, la valeur supplémentaire du financement et les coûts, autorisent jusqu’à 400 mots chacune.
Un plan de projet ou un diagramme de Gantt doit accompagner la réponse relative à la gestion du projet, tandis qu’un registre des risques doit être joint à la réponse correspondante. Chaque annexe obligatoire doit être présentée au format PDF, ne pas dépasser deux pages A4 et avoir une taille maximale de 10 Mo.
Les candidats peuvent également fournir des schémas techniques et des informations complémentaires dans les annexes autorisées, sous réserve du respect des limites applicables.
Il est important de souligner que les règles de candidature en ligne précisent que les évaluateurs n’ouvriront pas les liens vers des sites internet insérés dans les réponses écrites. Les preuves essentielles doivent donc être présentées directement dans les réponses ou dans les documents justificatifs autorisés.
Le projet doit également prévoir des modalités de gestion appropriées pour les responsabilités techniques, la prise de décision, l’accès aux données et la propriété intellectuelle.
Après la première évaluation, les candidats présélectionnés devraient participer à des entretiens programmés du 25 au 29 janvier 2027. Le calendrier publié prévoit l’envoi des invitations le 15 janvier et la notification des résultats aux candidats le 3 février 2027.
L’entretien exige des candidats qu’ils présentent et défendent leur proposition, notamment ses hypothèses techniques, sa structure financière, son potentiel commercial et ses principaux risques.
Compte tenu du budget limité du concours, une candidature techniquement admissible n’est pas assurée d’obtenir un financement. Innovate UK applique également une approche de sélection visant à soutenir un ensemble diversifié de technologies et de types de projets.
Les erreurs fréquentes qui peuvent affaiblir une candidature pharmaceutique
Un problème fréquent consiste à confondre une amélioration environnementale générale avec une véritable innovation susceptible de recevoir une subvention.
L’installation d’équipements courants plus économes en énergie peut réduire la consommation d’électricité, mais un projet reposant entièrement sur le remplacement d’équipements existants risque de ne pas démontrer la recherche industrielle ou le développement expérimental exigés par ce concours.
Un deuxième problème consiste à surestimer la maturité technologique. Certains candidats présentent un procédé comme prêt à être démontré dans un environnement industriel alors que les preuves disponibles se limitent à des expériences préliminaires en laboratoire.
Pour le deuxième concours CR&D, l’exigence relative au niveau initial de maturité technologique est explicite. La technologie proposée doit déjà avoir atteint au moins le niveau TRL 6 et pouvoir progresser d’au moins deux niveaux pendant le projet.
L’insuffisance des preuves environnementales représente un autre risque important. Les affirmations concernant la réduction des émissions, des déchets ou de la consommation de matières doivent être accompagnées de données de référence et de méthodes de mesure appropriées.
Sans ces éléments, les avantages environnementaux annoncés peuvent être difficiles à distinguer de simples arguments promotionnels.
Les erreurs financières peuvent également compromettre une proposition pourtant intéressante. Parmi les exemples courants figurent l’application du taux réservé aux petites entreprises à une société qui devrait être classée comme membre d’un groupe plus important, la demande de remboursement intégral d’achats ordinaires d’équipements immobilisés ou l’absence de preuves relatives à la contribution privée requise.
La conception du partenariat mérite une attention tout aussi rigoureuse. Le consortium doit comprendre la PME britannique obligatoire, et la collaboration doit répondre à un objectif technique convaincant.
Un projet dominé par une seule organisation, avec des contributions purement symboliques des autres participants, peut avoir des difficultés à satisfaire aussi bien aux règles formelles de répartition des coûts qu’aux objectifs généraux de collaboration du programme.
Les candidats doivent également éviter de supposer qu’un projet antérieurement retenu peut simplement être présenté une nouvelle fois pour obtenir une autre subvention. Le concours n’autorise pas la réutilisation d’anciennes candidatures sans les nouvelles activités exigées, et les travaux déjà financés ne peuvent pas bénéficier d’un second financement pour les mêmes dépenses.
Les projets concernant la fabrication de médicaments destinés à un usage non humain, la fabrication de dispositifs médicaux ou la conception d’infrastructures sans démonstration technologique appropriée se situent en dehors du champ d’application indiqué.
Enfin, le calendrier du projet doit être réaliste. Une proposition qui dépend du développement d’une technologie entièrement nouvelle, de l’obtention de nombreuses autorisations réglementaires et de l’achèvement d’un déploiement commercial complet en douze mois peut manquer de crédibilité, sauf si des travaux préparatoires importants ont déjà été réalisés.
À quoi ressemble un solide projet d’innovation industrielle sur douze mois ?
Un projet compétitif devrait reposer sur un objectif industriel clairement défini, un ensemble de preuves techniques déjà disponibles et une succession maîtrisable d’activités de développement.
Prenons l’exemple fictif d’une entreprise britannique ayant déjà démontré une nouvelle technologie de purification des solvants au niveau TRL 6. Son prochain objectif consiste à vérifier ses performances dans un environnement représentatif de la fabrication pharmaceutique, à établir une stratégie appropriée de contrôle de la qualité et à produire les preuves commerciales nécessaires à une adoption plus large.
Pendant la phase initiale, le consortium pourrait confirmer les conditions de fonctionnement de référence, les spécifications des matières, les indicateurs environnementaux et les exigences techniques de la démonstration industrielle.
La phase suivante pourrait porter sur l’adaptation des équipements pilotes et de la configuration du procédé aux caractéristiques des flux de solvants pharmaceutiques.
La phase centrale comprendrait des essais de démonstration contrôlés, des mesures de qualité du produit et des analyses des performances énergétiques et matérielles. Les difficultés techniques identifiées pendant les essais conduiraient à des ajustements du procédé et à des validations complémentaires.
La phase finale pourrait être consacrée à l’évaluation des résultats, à la démonstration du progrès technologique, à l’analyse des coûts commerciaux et à la préparation des étapes suivantes vers le déploiement.
Un tel projet permettrait aux partenaires de produire des preuves couvrant la faisabilité technique, l’efficacité des ressources, la qualité et la maturité commerciale.
Il permettrait également une répartition logique des responsabilités. L’entreprise technologique pourrait prendre en charge le développement du procédé, le partenaire industriel gérer les essais de démonstration et un organisme de recherche réaliser des analyses spécialisées ainsi qu’une évaluation du cycle de vie.
Il s’agit d’un exemple de conception de projet, et non d’un projet réellement financé ou d’un calendrier imposé par Innovate UK. Il montre néanmoins comment les exigences technologiques, environnementales et commerciales du programme peuvent être réunies dans un plan de développement cohérent.
Pourquoi cette subvention est importante pour les PME pharmaceutiques britanniques
La participation obligatoire d’une PME britannique représente bien davantage qu’une condition administrative. Elle reflète le rôle que les petites entreprises technologiques peuvent jouer dans le développement d’innovations industrielles utiles aux grands fabricants pharmaceutiques.
Les PME spécialisées possèdent souvent des compétences particulières concernant une réaction chimique, une méthode de séparation, une technologie analytique ou un système automatisé. Cependant, le transfert de ces technologies vers la production pharmaceutique peut nécessiter des installations, des compétences et des moyens de validation qu’une petite entreprise aurait des difficultés à financer seule.
Les subventions de recherche et développement collaboratifs peuvent réduire une partie de cet obstacle financier.
Une petite entreprise peut accéder à des environnements industriels représentatifs, à des capacités analytiques sophistiquées et à des clients potentiels, tout en produisant les preuves nécessaires à une future commercialisation.
Le fabricant établi peut, de son côté, évaluer une technologie prometteuse sans supporter à lui seul l’ensemble du risque de développement.
Les organismes de recherche peuvent apporter une expertise spécialisée et des évaluations indépendantes qui renforcent la fiabilité des résultats.
Ces avantages sont particulièrement importants lorsque l’adoption commerciale nécessite davantage que la simple démonstration du fonctionnement technique.
Un fabricant pharmaceutique doit souvent prendre en compte la régularité de la production, les exigences réglementaires, les coûts d’intégration, la formation des opérateurs, la stabilité de la chaîne d’approvisionnement et la fiabilité des équipements à long terme.
Une subvention permettant d’étudier systématiquement ces obstacles peut créer une valeur dépassant largement le budget immédiat de la recherche.
Toutefois, les candidats doivent conserver une vision réaliste des résultats que le financement peut apporter. La réussite du développement technique ne garantit ni la réalisation de ventes commerciales, ni l’obtention de toutes les autorisations nécessaires, ni l’arrivée de nouveaux investisseurs.
Les meilleurs projets associent donc un objectif technologique ambitieux à des hypothèses crédibles concernant les étapes qui resteront à accomplir après la fin de la subvention.
Comment déposer une candidature avant la date limite ?
Les organisations préparant une demande pour le deuxième concours CR&D doivent établir leur calendrier à partir de la date limite officielle du 2 décembre 2026 à 11 heures, heure du Royaume-Uni.
La première priorité consiste à confirmer l’admissibilité et la conformité du projet aux objectifs du concours. Les entreprises doivent établir correctement leur catégorie de taille, vérifier la participation d’une PME immatriculée au Royaume-Uni sollicitant une subvention, confirmer le niveau initial de maturité technologique et déterminer si les travaux relèvent de la recherche industrielle ou du développement expérimental.
Les partenaires doivent ensuite s’accorder sur le problème industriel à résoudre, les objectifs techniques, les ensembles de travaux, les responsabilités commerciales et le budget.
La préparation financière est particulièrement importante, car chaque organisation participante doit compléter ses propres informations dans le service de financement de l’innovation. Le coordinateur doit veiller à ce que toutes les rubriques obligatoires soient remplies et que les partenaires aient accepté les conditions applicables avant le dépôt.
Le plan de projet, le registre des risques, les preuves techniques et les données environnementales de référence devraient être élaborés parallèlement aux réponses écrites.
Les candidats dont le montant de subvention demandé ou la durée prévue du projet se situe en dehors de la fourchette normalement admissible doivent contacter Innovate UK avec une justification appropriée au moins dix jours ouvrables avant la clôture du concours. Toute dérogation exceptionnelle nécessite l’accord d’Innovate UK et ne doit jamais être considérée comme acquise.
La documentation officielle du concours recommande également de prendre contact suffisamment tôt lorsque des aménagements liés à l’accessibilité ou une assistance supplémentaire à la candidature sont nécessaires.
Après le dépôt, les propositions admissibles passent par la procédure d’évaluation. Les candidats présélectionnés peuvent être invités à un entretien, suivi des décisions de financement et des formalités nécessaires à la mise en place des projets.
Les candidats retenus doivent achever ces formalités et obtenir l’approbation de leur convention d’attribution avant de commencer les activités financées.
L’avenir de la fabrication durable des médicaments au Royaume-Uni
Le programme Sustainable Medicines Manufacturing Innovation illustre une évolution plus large de la manière dont la compétitivité de la fabrication pharmaceutique est définie.
Historiquement, les décisions d’investissement étaient souvent centrées principalement sur la capacité de production, la conformité réglementaire, les coûts de fabrication et la fiabilité. Ces facteurs restent essentiels, mais l’efficacité des ressources, la performance environnementale et la résilience des chaînes d’approvisionnement prennent une importance croissante.
Les technologies développées dans le cadre des précédents concours montrent que la fabrication pharmaceutique durable ne se limite pas à l’utilisation d’électricité renouvelable ou à l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments.
Des innovations apparaissent dans la chimie de synthèse, la biotechnologie, les matériaux avancés, la purification des solvants, l’analyse des procédés, la robotique, la fabrication numérique et la stabilité des produits pharmaceutiques.
Le portefeuille de projets existant montre également qu’il est possible de poursuivre conjointement des objectifs environnementaux et de compétitivité industrielle.
L’amélioration d’une réaction chimique peut réduire les déchets tout en augmentant la production. La récupération d’un solvant précieux peut diminuer les achats de matières et les coûts d’élimination des déchets. Une meilleure surveillance des procédés peut réduire le nombre de lots non conformes tout en améliorant la fiabilité industrielle.
Toutes les technologies ne produiront pas nécessairement l’ensemble de ces avantages, et les résultats réels doivent être démontrés plutôt que supposés. Néanmoins, le programme fournit un mécanisme concret permettant d’étudier les situations dans lesquelles de telles améliorations sont techniquement et économiquement possibles.
Pour les PME britanniques, le concours actuel doté de 7 millions de livres sterling offre la possibilité de rapprocher des innovations suffisamment matures de leur adoption industrielle grâce à une collaboration avec des fabricants et des partenaires scientifiques.
Pour les grandes entreprises pharmaceutiques, le programme constitue un moyen de participer au développement de technologies susceptibles d’améliorer ultérieurement leurs procédés de fabrication et leurs chaînes d’approvisionnement.
Pour les universités et les organismes de recherche, il crée des occasions de mobiliser leurs compétences spécialisées afin de résoudre des problèmes industriels clairement définis.
Le principal défi consiste à réunir ces compétences dans des projets capables de produire des résultats crédibles, mesurables et commercialement pertinents dans les délais autorisés.
Conclusion : transformer une innovation pharmaceutique durable en projet finançable
Le deuxième concours Sustainable Medicines Manufacturing Innovation: Collaborative R&D offre jusqu’à 1 million de livres sterling de subventions aux projets collaboratifs visant à rendre la fabrication pharmaceutique plus durable et plus productive.
Ce financement concerne notamment les entreprises qui développent des procédés avancés de chimie verte, des systèmes de récupération des solvants et des matières, des méthodes améliorées de fabrication biotechnologique, des technologies de production continue et des solutions numériques innovantes pour l’industrie pharmaceutique.
Cependant, l’accès au programme dépend du respect de conditions exigeantes. Les projets doivent associer une PME britannique admissible, présenter une structure collaborative appropriée, s’appuyer sur une technologie ayant atteint au moins le niveau TRL 6, progresser d’au moins deux niveaux de maturité technologique et fournir des preuves d’améliorations mesurables en matière de durabilité.
Les candidats doivent également démontrer la disponibilité des contributions financières nécessaires, présenter un plan de réalisation réaliste, prendre en compte les obstacles réglementaires et établir une stratégie crédible en vue d’une utilisation commerciale.
Les expériences d’organisations précédemment soutenues, comme HydRegen, EnsiliTech, Exactmer, AstraZeneca et Origin Peptides, fournissent des indications précieuses sur les types d’innovations bénéficiant d’un soutien public. Leurs projets illustrent le potentiel de la combinaison entre développement technologique spécialisé, démonstration industrielle et expertise scientifique, tout en soulignant la nécessité de distinguer les améliorations envisagées des résultats effectivement vérifiés.
Pour les entreprises qui envisagent de déposer une candidature, la tâche la plus importante ne consiste pas simplement à identifier une technologie susceptible de rendre la production pharmaceutique plus respectueuse de l’environnement. Il s’agit de démontrer que cette technologie est suffisamment mature pour répondre aux exigences du concours, que les travaux proposés produiront des preuves fiables et que l’innovation qui en résultera présente de véritables perspectives d’adoption industrielle.
Un consortium soigneusement constitué, un plan financier défendable et une méthode rigoureuse de mesure des résultats peuvent faire la différence entre un concept technique intéressant et une candidature compétitive.
i-grants.com (Grantologic) est une plateforme en cours de développement qui vise à mettre en relation les organisations recherchant des subventions avec des rédacteurs professionnels de demandes de financement et des spécialistes du financement de projets. Pour les fabricants pharmaceutiques, les jeunes entreprises de biotechnologie et les développeurs de technologies préparant des projets collaboratifs d’innovation, l’accès à une expertise adaptée peut faciliter la transformation de plans techniques et commerciaux complexes en dossiers de candidature structurés et convaincants.
À mesure que la fabrication durable prend de l’importance pour l’avenir des soins de santé, des programmes de financement comme celui-ci peuvent aider les technologies britanniques prometteuses à passer de démonstrations industrielles validées à une mise en œuvre commerciale concrète.
