La France propose deux dispositifs fiscaux étroitement liés, mais fondamentalement différents, aux entreprises qui développent des technologies et de nouveaux produits : le crédit d’impôt recherche, ou CIR, et le crédit d’impôt innovation, ou CII.
Le CIR soutient les activités de recherche scientifique et technique admissibles. Le CII couvre certaines activités de conception de prototypes ou d’installations pilotes de nouveaux produits. Le CIR est accessible aux entreprises de différentes tailles, tandis que le CII est réservé aux microentreprises et aux petites et moyennes entreprises.
La distinction ne dépend pas du caractère apparemment novateur du projet, de l’utilisation de technologies avancées ou de son potentiel commercial. Elle repose sur la nature précise des travaux réalisés.
La question centrale est la suivante :
L’entreprise crée-t-elle de nouvelles connaissances scientifiques ou techniques, ou conçoit-elle un nouveau produit destiné au marché à partir de connaissances déjà disponibles ?
Les travaux visant à surmonter une véritable incertitude scientifique ou technique peuvent relever du CIR. Les travaux réalisés par une PME pour créer le prototype d’un produit nouveau sur le marché concerné et plus performant que les produits existants peuvent relever du CII. Le développement courant de logiciels, l’ingénierie ordinaire, l’adaptation commerciale, la maintenance et la préparation de la production en série peuvent ne relever d’aucun des deux dispositifs.
Cette distinction est particulièrement importante pour les jeunes entreprises et les PME dont les projets passent successivement par la recherche, la conception d’un prototype, l’industrialisation et la mise sur le marché. Un même projet commercial peut comprendre des activités relevant du CIR, des activités relevant du CII et des travaux non admissibles. En revanche, une même opération ou une même dépense ne peut pas être intégrée aux deux crédits d’impôt.
Ce que financent réellement le CIR et le CII
Le CIR vise à encourager les entreprises à mener des travaux de recherche scientifique et technique. Son champ d’application repose en grande partie sur les notions de recherche reconnues au niveau international et définies dans le Manuel de Frascati de l’OCDE.
Le CII constitue une extension du dispositif français de crédit d’impôt recherche aux activités d’innovation qui ne relèvent pas d’une recherche admissible. Il s’applique à la conception de prototypes ou d’installations pilotes de nouveaux produits par des entreprises qui répondent à la définition européenne d’une microentreprise ou d’une petite ou moyenne entreprise.
Le CII a été prolongé pour les dépenses engagées jusqu’au 31 décembre 2027. Son taux normal en France métropolitaine a été réduit de trente à vingt pour cent à compter du 1er janvier 2025. Le CIR reste disponible sans date générale de clôture prévue par la version actuelle du Code général des impôts.
Tableau 1. Principales différences entre le CIR et le CII
| Caractéristique | CIR | CII |
|---|---|---|
| Nom officiel | Crédit d’impôt recherche | Crédit d’impôt innovation |
| Objectif principal | Recherche scientifique et technique | Conception de prototypes ou d’installations pilotes de nouveaux produits |
| Entreprises admissibles | Entreprises industrielles, commerciales et agricoles remplissant les conditions | Uniquement les microentreprises et les petites et moyennes entreprises |
| Critère central | Création de nouvelles connaissances par la résolution d’une incertitude scientifique ou technique | Produit non encore disponible sur le marché concerné et présentant des performances supérieures |
| Taux normal en France métropolitaine | Trente pour cent jusqu’à 100 millions d’euros de dépenses de recherche admissibles | Vingt pour cent |
| Dépenses supérieures à 100 millions d’euros | Le taux du CIR est réduit à cinq pour cent | Sans objet |
| Plafond annuel des dépenses | Aucun plafond général, mais changement de taux au-delà de 100 millions d’euros | 400 000 euros |
| Crédit annuel maximal en France métropolitaine | Dépend du montant des dépenses admissibles | 80 000 euros |
| Date de fin actuellement prévue | Aucune date générale | 31 décembre 2027 |
| Principale autorité technique | Administration fiscale, avec possibilité d’une expertise scientifique du ministère chargé de la Recherche | Autorités fiscales et économiques |
| Bénéficiaire type | De la jeune entreprise de recherche au grand groupe industriel | PME développant un nouveau produit |
Le nom de ces dispositifs peut prêter à confusion. Le CIR ne couvre pas automatiquement toutes les activités réalisées par un service de recherche. Le CII ne couvre pas automatiquement tout produit présenté comme innovant. Chaque opération doit respecter ses propres conditions juridiques et techniques.

Ce qui a changé en 2025 et les règles applicables en 2026
La loi de finances pour 2025 a introduit plusieurs modifications importantes concernant le CIR et le CII.
Pour le CII, les changements les plus visibles sont sa prolongation jusqu’à la fin de 2027 et la réduction de son taux normal en France métropolitaine de trente à vingt pour cent.
Pour le CIR, plusieurs modifications s’appliquent aux dépenses engagées à compter du 15 février 2025. Le taux forfaitaire de dépenses de fonctionnement associé aux dépenses de personnel admissibles a été ramené de quarante-trois à quarante pour cent. Le taux de soixante-quinze pour cent appliqué aux amortissements admissibles a été maintenu.
Le traitement particulier auparavant accordé à certaines dépenses concernant de jeunes docteurs nouvellement recrutés a été supprimé pour les dépenses engagées à compter du 15 février 2025. Les frais de dépôt et de maintien des brevets, les dépenses relatives aux certificats d’obtention végétale et les dépenses de veille technologique ont également été retirés de la base du CIR à compter de cette date.
Ces changements exigeaient une vigilance particulière pour le calcul du CIR relatif à 2025, car les dépenses engagées avant et après le 15 février pouvaient relever de règles différentes. Pour les dépenses de 2026, les nouvelles règles s’appliquent pendant toute l’année civile. Au 26 juillet 2026, le dernier guide officiel disponible est le Guide du crédit d’impôt recherche 2025, publié par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche le 29 octobre 2025.
Tableau 2. Principales modifications du CIR et du CII applicables aux déclarations de 2026
| Disposition | Situation antérieure | Situation applicable en 2026 |
|---|---|---|
| Taux normal du CII en France métropolitaine | Trente pour cent | Vingt pour cent |
| Date de fin du CII | 31 décembre 2024 avant prolongation | Prolongé jusqu’au 31 décembre 2027 |
| Forfait de fonctionnement du CIR sur les dépenses de personnel | Quarante-trois pour cent | Quarante pour cent |
| Forfait de fonctionnement du CIR sur les amortissements admissibles | Soixante-quinze pour cent | Soixante-quinze pour cent |
| Traitement particulier des jeunes docteurs | Majoration lorsque les conditions étaient remplies | Supprimée pour les dépenses engagées à compter du 15 février 2025 |
| Frais de dépôt et de maintien des brevets dans le CIR | Certaines dépenses pouvaient être admises | Exclus pour les dépenses engagées à compter du 15 février 2025 |
| Veille technologique dans le CIR | Admissible sous conditions et dans la limite d’un plafond | Exclue pour les dépenses engagées à compter du 15 février 2025 |
| Dépenses liées aux brevets dans le CII | Certaines dépenses pouvaient être admises | Maintenues lorsqu’elles sont directement liées à un nouveau produit admissible |
La suppression de certaines dépenses de brevet dans le CIR ne doit pas être automatiquement étendue au CII. Le Code général des impôts continue d’inclure certaines dépenses relatives aux brevets, aux certificats d’obtention végétale, à l’enregistrement des dessins et modèles et à leur défense lorsque ces dépenses sont directement liées à un prototype ou à une installation pilote admissible.
Quelles entreprises peuvent bénéficier du CIR ?
Le CIR est accessible aux entreprises industrielles, commerciales et agricoles imposées en France selon un régime réel d’imposition, ainsi qu’à certaines entreprises bénéficiant d’exonérations fiscales expressément prévues.
Il n’est pas réservé aux PME, aux entreprises nouvellement créées, aux sociétés détenues par des capitaux français ou à certains secteurs technologiques. Un groupe industriel, une entreprise de logiciels, une jeune entreprise de biotechnologie, un bureau d’ingénierie ou une entreprise agricole peuvent être admissibles s’ils réalisent des travaux de recherche répondant aux conditions prévues.
Une entreprise n’est pas admissible au seul motif qu’elle emploie des chercheurs, détient des brevets ou exerce son activité dans un secteur de haute technologie. L’admissibilité est appréciée au niveau de chaque opération de recherche.
Une opération relevant du CIR doit normalement répondre à cinq critères liés entre eux :
-
Nouveauté : les travaux visent à créer des connaissances qui ne sont pas immédiatement disponibles dans le domaine scientifique ou technique concerné.
-
Créativité : ils reposent sur des concepts, des hypothèses ou des méthodes originaux, et non sur l’application courante de procédés établis.
-
Incertitude : le résultat, la méthode ou la voie technique ne peut pas être déterminé à l’avance par un professionnel compétent à partir des connaissances disponibles.
-
Démarche systématique : la recherche est planifiée, budgétée, documentée et conduite selon une méthode organisée.
-
Transférabilité ou reproductibilité : les connaissances et les résultats peuvent être consignés, communiqués, reproduits ou utilisés dans des recherches ultérieures.
La distinction la plus importante oppose la nouveauté scientifique ou technique à la nouveauté commerciale. Un produit peut être nouveau pour l’entreprise, voire nouveau sur le marché, sans créer de connaissances nouvelles. Un tel projet ne relève donc pas automatiquement du CIR.
Les activités de recherche admissibles au CIR peuvent comprendre la recherche fondamentale, la recherche appliquée et le développement expérimental. Dans les déclarations des entreprises, le développement expérimental pose les plus grandes difficultés de classement, car il se déroule souvent parallèlement à la conception ordinaire d’un produit.
Un prototype peut relever du CIR lorsqu’il est construit pour vérifier une hypothèse de recherche ou surmonter une incertitude scientifique ou technique déterminée. Une fois cette incertitude résolue, les travaux ultérieurs relatifs à l’apparence du produit, au confort de l’utilisateur, à l’intégration de solutions courantes, aux fonctions commerciales ou à la préparation industrielle peuvent sortir du champ du CIR.
Le guide officiel du CIR souligne que l’entreprise doit identifier l’obstacle scientifique ou technique, décrire l’état des connaissances disponibles et expliquer pourquoi un professionnel compétent n’aurait pas pu résoudre la difficulté par une simple démarche d’ingénierie courante.
Quelles entreprises peuvent bénéficier du CII ?
Le CII est accessible uniquement aux entreprises qui répondent à la définition européenne d’une microentreprise ou d’une petite ou moyenne entreprise.
Cela signifie généralement que l’entreprise emploie moins de 250 personnes et réalise soit un chiffre d’affaires annuel ne dépassant pas 50 millions d’euros, soit un total de bilan annuel ne dépassant pas 43 millions d’euros. Elle doit également prendre en compte les entreprises partenaires et liées concernées.
Une société française comptant 40 salariés peut donc ne pas satisfaire à la définition d’une PME si elle appartient à un grand groupe. À l’inverse, une entreprise indépendante en croissance peut conserver son statut de PME jusqu’à ce que les règles relatives au dépassement des seuils entraînent sa perte. Selon les indications officielles, une entreprise qui dépasse les seuils de la PME perd généralement son admissibilité au CII à compter de la deuxième année consécutive de dépassement.
Le CII s’applique à la conception d’un prototype ou d’une installation pilote d’un nouveau produit. Selon le Code général des impôts, ce produit peut être matériel ou immatériel, mais il doit remplir deux conditions cumulatives :
-
il n’est pas encore disponible sur le marché concerné ;
-
il se distingue des produits existants ou antérieurs par de meilleures performances techniques, une écoconception supérieure, une meilleure ergonomie ou des fonctionnalités améliorées.
Le marché concerné doit être défini de manière réaliste. Il peut s’agir d’un marché professionnel spécialisé plutôt que de l’ensemble du marché français ou mondial, mais l’entreprise doit identifier les produits concurrents ou comparables déjà disponibles.
Un produit n’est pas nouveau simplement parce qu’il ne figure pas encore dans le catalogue du demandeur. Une version remaniée, une adaptation destinée à un seul client ou une combinaison de fonctions connues peut ne pas respecter le critère si des produits comparables offrent déjà les mêmes performances.
Les produits numériques peuvent être admissibles. Un logiciel, une application ou une plateforme numérique peuvent constituer un nouveau produit immatériel. En revanche, un nouveau service, un processus interne, une méthode commerciale ou une modification de l’organisation ne constituent pas automatiquement un produit au sens du CII.
Le prototype ou l’installation pilote doit servir de modèle à la création du nouveau produit et ne doit pas être destiné à une vente courante. Les dépenses liées à la phase de production commerciale du produit sont exclues.
CIR, CII ou développement courant ?
La meilleure méthode de classement ne consiste pas à déterminer si l’ensemble de l’entreprise est innovant. Il faut diviser le projet en opérations distinctes et examiner l’objectif de chacune d’elles.
Tableau 3. Classement pratique des activités courantes de développement
| Activité | Traitement probable | Justification |
|---|---|---|
| Développement d’un nouvel algorithme lorsque les méthodes existantes ne permettent pas d’atteindre le résultat requis | CIR potentiellement applicable | Une incertitude technique est étudiée au moyen d’hypothèses et d’essais |
| Étude d’un matériau dont le comportement dans les conditions requises est inconnu | CIR potentiellement applicable | Les travaux visent à créer de nouvelles connaissances scientifiques ou techniques |
| Construction d’un prototype expérimental pour vérifier une hypothèse de recherche | CIR potentiellement applicable | Le prototype fait partie de la méthode de recherche |
| Conception d’un prototype destiné au marché après résolution de l’obstacle scientifique | CII potentiellement applicable pour une PME | Les travaux concernent un nouveau produit et non la création de connaissances |
| Développement d’un produit numérique présentant des fonctions sensiblement supérieures | CII potentiellement applicable pour une PME | Un produit immatériel peut satisfaire au critère du nouveau produit |
| Ajout de fonctions courantes à un logiciel existant | Généralement aucun des deux | Application de solutions connues sans recherche admissible ni nouveauté suffisante du produit |
| Correction d’anomalies et maintenance d’un système | Aucun des deux | La maintenance courante ne crée ni connaissances nouvelles ni nouveau produit |
| Transfert d’un logiciel existant vers un autre environnement d’hébergement | Généralement aucun des deux | Adaptation technique courante |
| Adaptation d’un produit pour un client particulier | Dépend de la nature des travaux | Une adaptation commerciale ne suffit pas à elle seule |
| Conception d’outillages pour la production en série | Généralement aucun des deux | La préparation industrielle intervient normalement après la création du prototype |
| Étude de marché ou essais publicitaires | Aucun des deux | Activité commerciale et non recherche ou conception d’un prototype |
Une entreprise peut passer du CIR au CII dans le cadre d’un même programme de développement de produit.
Elle peut d’abord étudier un problème technique non résolu dans le cadre du CIR. Après avoir surmonté cet obstacle, une PME peut concevoir le prototype d’un nouveau produit destiné au marché dans le cadre du CII. Les travaux ultérieurs d’ingénierie industrielle, de certification, de commercialisation et de lancement de la production peuvent sortir du champ des deux crédits.
L’entreprise doit éviter d’appliquer le CIR et le CII au même salaire, au même montant d’amortissement, à la même facture de sous-traitance ou à la même opération technique. Les règles officielles du CII interdisent expressément l’intégration d’une même dépense dans les deux calculs.
Quelles dépenses peuvent être intégrées au CIR ?
La base du CIR commence par les dépenses directement liées à des opérations de recherche scientifique et technique admissibles.
Tableau 4. Principales catégories de dépenses du CIR selon les règles de 2026
| Catégorie de dépense | Traitement indicatif | Condition principale |
|---|---|---|
| Amortissement de nouveaux actifs de recherche | Potentiellement admissible | Actif directement affecté aux opérations de recherche admissibles |
| Rémunérations et charges sociales des chercheurs | Potentiellement admissibles | Le salarié participe directement et effectivement aux travaux admissibles |
| Dépenses relatives aux techniciens de recherche | Potentiellement admissibles | La contribution technique et le temps consacré doivent être documentés |
| Personnel administratif et d’appui | Non admissible séparément | Le soutien indirect est pris en compte dans le forfait de fonctionnement |
| Dépenses de fonctionnement forfaitaires | Admissibles selon la formule légale | Quarante pour cent des dépenses de personnel admissibles et soixante-quinze pour cent des amortissements admissibles |
| Recherche sous-traitée | Potentiellement admissible | Le prestataire doit disposer de l’agrément requis et effectuer de véritables travaux de recherche |
| Travaux officiels de normalisation | Partiellement admissibles | Uniquement certaines dépenses liées aux réunions officielles de normalisation |
| Frais de brevet engagés après le 15 février 2025 | Exclus du CIR | La réforme a retiré ces catégories de la base de recherche |
| Veille technologique après le 15 février 2025 | Exclue du CIR | L’ancienne catégorie ne s’applique plus |
| Commercialisation, conception commerciale et vente | Non admissibles | Il ne s’agit pas de recherche scientifique ou technique |
Les dépenses de personnel de recherche ne peuvent pas être justifiées uniquement par les contrats de travail et les intitulés de poste. L’entreprise doit pouvoir démontrer quels salariés ont participé à chaque opération, quelles tâches ils ont accomplies et combien de temps ils ont consacré aux travaux admissibles.
Les salariés ne doivent pas nécessairement consacrer la totalité de leur temps à la recherche. Une quote-part raisonnable peut être retenue lorsqu’elle repose sur des relevés fiables. L’entreprise doit éviter d’intégrer automatiquement la totalité du salaire de chaque ingénieur, développeur ou responsable technique.
Pour 2026, la formule légale des dépenses de fonctionnement est la suivante :
Quarante pour cent des dépenses de personnel admissibles, auxquels s’ajoutent soixante-quinze pour cent des amortissements admissibles
Cette formule vise à représenter les frais indirects de fonctionnement. Elle ne permet pas d’ajouter séparément les salaires réels du personnel administratif, financier, d’entretien ou d’appui général.
Quelles dépenses peuvent être intégrées au CII ?
Le CII possède ses propres catégories de dépenses. Il ne doit pas être calculé en reproduisant automatiquement la méthode du CIR.
Tableau 5. Principales catégories de dépenses du CII
| Catégorie de dépense | Traitement indicatif | Condition principale |
|---|---|---|
| Amortissement de biens nouvellement créés ou acquis | Potentiellement admissible | Bien directement affecté à un prototype ou à une installation pilote admissible |
| Dépenses directes de personnel | Potentiellement admissibles | Personnel directement et exclusivement affecté aux opérations admissibles de conception |
| Amortissement de brevets et de droits similaires | Potentiellement admissible | Lien direct avec le nouveau produit admissible |
| Frais de dépôt et de maintien des brevets | Potentiellement admissibles | Doivent concerner l’opération relevant du CII |
| Frais d’enregistrement des dessins et modèles | Potentiellement admissibles | Liés au prototype ou à l’installation pilote |
| Défense des brevets, dessins et modèles | Potentiellement admissible | Relation directe avec le produit admissible |
| Travaux externes de conception ou d’ingénierie | Potentiellement admissibles | Le prestataire doit disposer de l’agrément approprié |
| Forfait général de dépenses de fonctionnement | Non prévu dans la catégorie actuelle du CII | La formule de quarante et soixante-quinze pour cent du CIR ne doit pas être appliquée automatiquement |
| Production en série | Non admissible | Le CII s’applique avant la production courante |
| Publicité, vente et lancement commercial | Non admissibles | Dépenses commerciales et non conception d’un prototype |
Le personnel pris en compte dans le CII doit être directement et exclusivement affecté aux opérations admissibles de conception. Cette formulation oblige l’entreprise à séparer la création du prototype de l’assistance commerciale, des projets courants pour les clients, de la maintenance, de la gestion administrative de la certification et de la préparation de la production.
Le Code général des impôts ne prévoit actuellement aucun forfait général de dépenses de fonctionnement dans la catégorie du CII. L’ancienne disposition a été supprimée. Les entreprises ne doivent donc pas ajouter le forfait du CIR à la base du CII sans fondement juridique distinct.
Taux et montants maximaux en 2026
Tableau 6. Taux du CIR et du CII applicables en 2026
| Dispositif et territoire | Taux | Plafond des dépenses |
|---|---|---|
| CIR en France métropolitaine | Trente pour cent jusqu’à 100 millions d’euros | Aucun plafond général global |
| CIR sur la part supérieure à 100 millions d’euros | Cinq pour cent | Aucun plafond général global |
| CIR dans un département d’outre-mer | Cinquante pour cent jusqu’à 100 millions d’euros | Cinq pour cent au-delà de 100 millions d’euros |
| CII en France métropolitaine | Vingt pour cent | 400 000 euros par an |
| CII dans un département d’outre-mer | Soixante pour cent | 400 000 euros par an |
| CII pour une petite entreprise en Corse | Quarante pour cent | 400 000 euros par an |
| CII pour une entreprise moyenne en Corse | Trente-cinq pour cent | 400 000 euros par an |
Ces taux figurent dans la version de l’article 244 quater B en vigueur depuis le 1er janvier 2026.
Le crédit annuel maximal théorique du CII est donc de 80 000 euros en France métropolitaine, de 240 000 euros dans un département d’outre-mer, de 160 000 euros pour une petite entreprise en Corse et de 140 000 euros pour une entreprise moyenne en Corse.
Exemple de calcul du CIR
Prenons l’exemple d’une entreprise ayant engagé les dépenses admissibles suivantes en 2026 :
| Dépense | Montant |
|---|---|
| Personnel de recherche | 300 000 euros |
| Amortissements admissibles | 20 000 euros |
| Recherche externe agréée | 100 000 euros |
Les dépenses forfaitaires de fonctionnement sont calculées ainsi :
300 000 euros × quarante pour cent + 20 000 euros × soixante-quinze pour cent = 135 000 euros
La base provisoire du CIR est donc :
300 000 euros + 20 000 euros + 100 000 euros + 135 000 euros = 555 000 euros
Le CIR provisoire est de :
555 000 euros × trente pour cent = 166 500 euros
Ce montant ne constitue pas automatiquement la créance définitive. L’entreprise doit encore vérifier l’admissibilité de chaque opération, l’affectation du personnel, les règles de sous-traitance, les subventions publiques et les pièces justificatives.
Exemple de calcul du CII
Une PME située en France métropolitaine engage 500 000 euros de dépenses qui seraient autrement admissibles au CII en 2026.
La base annuelle étant plafonnée à 400 000 euros, le calcul est le suivant :
400 000 euros × vingt pour cent = 80 000 euros
Les 100 000 euros supplémentaires ne créent pas de crédit d’impôt innovation et ne sont pas reportés à l’année suivante du seul fait du dépassement du plafond annuel.
Subventions publiques et double financement
Une entreprise peut combiner le CIR ou le CII avec des subventions, des avances remboursables et d’autres financements publics. Toutefois, les aides couvrant les mêmes opérations doivent être prises en compte dans le calcul du crédit d’impôt.
Les subventions publiques et les avances remboursables affectées à des opérations admissibles de recherche ou d’innovation doivent généralement être déduites de la base du crédit d’impôt concerné. La déduction doit correspondre à la part du soutien public qui finance des dépenses également intégrées au CIR ou au CII.
Lorsqu’une subvention publique finance un projet plus large comprenant de la recherche, de l’industrialisation, des équipements et des activités commerciales, l’entreprise doit répartir la subvention entre les différents volets selon une méthode documentée. Seule la part correspondant aux dépenses intégrées à la base du crédit d’impôt doit normalement réduire cette base.
Une avance remboursable est déduite, même si elle doit ultérieurement être remboursée. Lorsque l’entreprise reverse l’avance à l’organisme financeur, le montant remboursé peut généralement être réintégré dans la base du crédit d’impôt au titre de l’année du remboursement, conformément aux règles applicables.
Tableau 7. Exemple de répartition des financements dans un même projet technologique
| Volet du projet | Instrument potentiel |
|---|---|
| Recherche scientifique et travaux expérimentaux | CIR |
| Prototype d’un nouveau produit destiné au marché et développé par une PME | CII |
| Recherche collaborative avec un organisme de recherche agréé | CICo potentiellement applicable |
| Démonstration industrielle soutenue par un appel à projets | France 2030 ou autre subvention |
| Machines de production et investissement dans une usine | Programme d’investissement industriel, prêt ou avantage fiscal |
| Commercialisation et acquisition de clients | Ressources de l’entreprise, fonds propres ou financement commercial |
L’entreprise doit tenir une matrice de financement qui indique chaque lot de travaux, chaque catégorie de coûts, chaque source d’aide publique et le traitement fiscal retenu. Cette démarche est particulièrement importante lorsqu’un même projet bénéficie d’une aide de Bpifrance, de France 2030, d’une subvention régionale et d’un crédit d’impôt.

Travaux sous-traités et agrément des prestataires
Les règles de sous-traitance du CIR sont souvent mal comprises.
Une entreprise qui mène ses propres recherches en interne n’a pas besoin d’un agrément de prestataire CIR pour déclarer les dépenses relatives à ses chercheurs et à son équipement. L’agrément concerne principalement le prestataire extérieur dont le client souhaite intégrer les factures de recherche à sa propre base CIR.
Pour le CIR, les opérations sous-traitées admissibles doivent généralement être réalisées par des organismes agréés ou par des experts scientifiques et techniques agréés. Le montant pris en compte est limité à trois fois le montant des autres dépenses de recherche admissibles engagées directement par le déclarant, avant application des plafonds propres à la sous-traitance.
La limite annuelle générale est de 2 millions d’euros. Elle est portée à 10 millions d’euros lorsqu’il n’existe pas de lien de dépendance entre le donneur d’ordre et le prestataire extérieur. Le prestataire doit normalement réaliser directement l’opération sous-traitée, même si une sous-traitance limitée à un autre organisme agréé peut être autorisée pour des travaux nécessaires.
Pour le CII, les travaux externes admissibles de conception de prototypes ou d’installations pilotes doivent être confiés à des entreprises agréées ou à des bureaux d’études et d’ingénierie agréés.
Le client doit conserver davantage que la seule facture du prestataire. Le dossier justificatif doit comprendre le contrat, le cahier des charges, la description de la contribution du prestataire, les rapports techniques, les livrables, les résultats et les éléments démontrant que les travaux étaient réellement liés à l’opération admissible de recherche ou d’innovation. Le ministère chargé de la Recherche demande notamment que la contribution de chaque sous-traitant soit décrite et appuyée, si nécessaire, par les contrats et les livrables correspondants.
Calendrier d’agrément des prestataires
Une première demande d’agrément CIR doit être déposée entre le 1er janvier et le 31 mars de l’année à compter de laquelle l’agrément est demandé. Une demande de renouvellement doit généralement être déposée entre le 15 août et le 30 novembre de la dernière année de validité de l’agrément en cours.
Par exemple, un prestataire demandant son premier agrément à compter de 2026 devait déposer son dossier entre le 1er janvier et le 31 mars 2026.
Un organisme demandant l’agrément CIR peut également demander l’agrément CII. Le guide officiel du CIR précise que, lorsque l’agrément CIR est accordé, l’agrément CII peut être délivré sur demande sans exiger un second dossier technique complet.
Déclaration, utilisation et remboursement du crédit
Le CIR et le CII sont déclarés à l’aide du formulaire 2069-A-SD, joint à la déclaration fiscale correspondante de l’entreprise.
Le crédit d’impôt est calculé par année civile, même lorsque l’exercice comptable de l’entreprise ne coïncide pas avec l’année civile. Une entreprise qui clôture ses comptes en septembre doit donc identifier les dépenses admissibles engagées de janvier à décembre pour l’année du crédit d’impôt.
Le crédit est d’abord imputé sur l’impôt sur les sociétés ou sur l’impôt sur le revenu dû par l’entreprise au titre de l’activité admissible. Selon la règle générale, la créance non utilisée peut être reportée pendant trois ans. Le solde restant devient ensuite remboursable.
Certaines entreprises peuvent demander un remboursement immédiat, sous réserve de respecter les conditions applicables. Cela concerne notamment les PME admissibles, les jeunes entreprises innovantes et certaines entreprises nouvellement créées. Une société créée depuis moins de deux ans peut devoir fournir des justificatifs prouvant la réalisation effective des dépenses lors de sa demande de remboursement.
Le versement d’un remboursement ne signifie pas nécessairement que l’admissibilité scientifique ou technique a été définitivement validée. L’administration peut ultérieurement vérifier la déclaration et demander des éléments techniques, comptables et relatifs au personnel.
Recourir au rescrit pour réduire l’incertitude
Le rescrit permet à une entreprise de demander à l’administration une prise de position formelle préalable sur l’admissibilité d’une opération déterminée.
Pour le CIR, chaque demande doit normalement concerner une seule opération de recherche. Elle doit présenter l’état des connaissances scientifiques ou techniques, l’incertitude identifiée, la méthode de recherche prévue, les personnes concernées et les dépenses estimées.
La demande doit être déposée suffisamment tôt selon les règles de procédure applicables. Dans le cadre du rescrit spécifique, l’administration dispose généralement de trois mois pour répondre. Lorsque les conditions légales sont remplies, l’absence de réponse peut produire une prise de position favorable opposable.
Une décision favorable sur l’admissibilité scientifique ne confirme pas automatiquement tous les montants déclarés. L’administration peut encore vérifier si les travaux ont été réalisés comme indiqué, si les relevés de temps sont fiables, si les dépenses de personnel ont été correctement calculées et si les subventions ont été convenablement déduites.
Le CII possède sa propre procédure de rescrit. Le formulaire officiel exige que chaque demande porte sur un seul projet et demande à l’entreprise de décrire le marché, les produits concurrents, les performances supérieures, le calendrier et les opérations précisément rattachées au CII.
Tableau 8. Situations dans lesquelles un rescrit peut être utile
| Situation | Utilité possible du rescrit |
|---|---|
| Le projet combine recherche et développement courant | Clarifier la limite des opérations de recherche admissibles |
| Les travaux logiciels utilisent des technologies complexes mais connues | Vérifier l’existence d’une véritable incertitude technique |
| L’entreprise souhaite déclarer un nouveau produit numérique au titre du CII | Clarifier le marché concerné et les performances supérieures |
| Le projet se poursuit pendant plusieurs années | Sécuriser le classement d’une opération clairement définie |
| Une créance importante dépend d’une seule question technique contestable | Réduire le risque avant que le montant du crédit devienne élevé |
L’entreprise doit présenter le projet avec exactitude. Un rescrit obtenu sur la base d’informations incomplètes ou trompeuses peut ne pas protéger une déclaration sensiblement différente.
Documentation et préparation au contrôle
Une déclaration CIR ou CII solide se construit pendant l’exécution du projet et non plusieurs mois après la fin de l’exercice.
Pour le CIR, le dossier justificatif doit normalement comprendre :
-
l’état des connaissances scientifiques et techniques avant le début des travaux ;
-
l’incertitude ou l’obstacle précis ;
-
les hypothèses et la démarche de recherche ;
-
les essais, les approches infructueuses et les résultats ;
-
la contribution de chaque salarié et de chaque prestataire extérieur ;
-
le lien entre les opérations techniques, les temps enregistrés et les dépenses financières.
La description scientifique doit être préparée avec la participation directe des chercheurs, ingénieurs ou développeurs qui ont réalisé les travaux. Un conseiller fiscal ou un spécialiste de la rédaction des dossiers de financement peut structurer le document, mais une description générale rédigée sans l’équipe technique apportera rarement des preuves suffisantes.
Le relevé des temps doit être assez détaillé pour relier chaque salarié à des opérations admissibles précises. Les données créées pendant le projet sont généralement plus solides que les estimations reconstituées uniquement après une demande de l’administration.
Lors d’un contrôle du CIR, l’administration fiscale française peut demander au ministère chargé de la Recherche d’évaluer le caractère scientifique des travaux déclarés. Le rôle de ce ministère est limité au volet de recherche. Le ministère de l’Économie et les autorités fiscales sont compétents pour examiner les activités relevant du CII qui ne constituent pas de la recherche.
Le dossier justificatif doit également permettre de rapprocher la description technique des bulletins de salaire, des données comptables, des tableaux d’amortissement, des factures, des conventions de subvention et des déclarations fiscales. Une opération techniquement solide peut néanmoins faire l’objet d’une rectification lorsque les preuves financières sont insuffisantes.
Statistiques officielles du CIR et du CII
Les dernières données officielles détaillées disponibles en juillet 2026 concernent les dépenses engagées en 2023. Elles sont provisoires et ont été extraites en avril 2025.
En 2023, environ 29 700 entreprises ont déclaré près de 27 milliards d’euros de dépenses admissibles dans les volets recherche, innovation et nouvelles collections. La créance fiscale totale correspondante atteignait environ 7,85 milliards d’euros.
Les dépenses de recherche ont produit une créance de 7,318 milliards d’euros. Les dépenses d’innovation ont produit une créance CII de 500 millions d’euros. Les dépenses relatives aux nouvelles collections dans les secteurs du textile, de l’habillement et du cuir ont produit une créance de 31 millions d’euros.
Tableau 9. Données officielles relatives au CIR et au CII pour 2023
| Volet | Entreprises déclarantes | Bénéficiaires | Dépenses déclarées | Créance fiscale |
|---|---|---|---|---|
| Recherche, CIR | 19 098 | 16 089 | 25,153 milliards d’euros | 7,318 milliards d’euros |
| Innovation, CII | 11 030 | 10 688 | 1,659 milliard d’euros | 500 millions d’euros |
| Nouvelles collections | 750 | 726 | 163 millions d’euros | 31 millions d’euros |
| Ensemble du dispositif | 29 720 | 23 526 | 26,975 milliards d’euros | 7,850 milliards d’euros |
Les chiffres du CII pour 2023 reposent sur le taux de trente pour cent alors applicable en France métropolitaine. Ils ne doivent pas être utilisés comme une prévision directe du coût ou de la valeur du CII après la réduction du taux à vingt pour cent en 2025.
Environ quatre-vingt-un pour cent des 16 089 bénéficiaires du volet recherche du CIR étaient des PME. Toutefois, les PME recevaient environ trente et un pour cent du montant de la créance de recherche. Les entreprises de taille intermédiaire recevaient 2,099 milliards d’euros et les grandes entreprises 2,979 milliards d’euros.
Tableau 10. Répartition de la créance de CIR recherche selon la taille de l’entreprise en 2023
| Catégorie d’entreprise | Créance de CIR recherche | Part du CIR recherche |
|---|---|---|
| PME | 2,241 milliards d’euros | Trente virgule six pour cent |
| Entreprises de taille intermédiaire | 2,099 milliards d’euros | Vingt-huit virgule sept pour cent |
| Grandes entreprises | 2,979 milliards d’euros | Quarante virgule sept pour cent |
Les industries manufacturières recevaient environ cinquante-six pour cent du CIR recherche, tandis que les entreprises de services en recevaient environ quarante et un pour cent. La principale activité de services était le conseil et l’assistance informatiques.
Le CII présentait une structure sectorielle très différente. Les entreprises de services recevaient quatre-vingt-deux virgule six pour cent de la créance d’innovation, tandis que le conseil et l’assistance informatiques représentaient à eux seuls un peu plus de la moitié de cette créance.
La part importante des entreprises numériques et de services ne signifie pas que les travaux logiciels courants sont automatiquement admissibles. Chaque projet numérique doit encore satisfaire soit aux critères de recherche du CIR, soit au critère du nouveau produit du CII.
Créances, remboursements et résultats réels sont des indicateurs différents
La créance fiscale ne correspond pas nécessairement à une somme versée par l’État au cours de la même année.
Le crédit peut être imputé sur l’impôt, reporté ou remboursé ultérieurement. Une entreprise peut également corriger une déclaration, faire l’objet d’un contrôle ou voir une partie de sa créance rejetée.
Le nombre d’entreprises déclarantes ne correspond pas nécessairement au nombre de bénéficiaires. Dans un groupe fiscalement intégré, plusieurs filiales peuvent déclarer des dépenses, tandis que la société mère reçoit la créance fiscale.
Une augmentation des dépenses déclarées ou du montant du CIR ne prouve pas à elle seule une hausse équivalente des recherches privées supplémentaires. L’évaluation de l’effet économique réel nécessite des données distinctes sur les investissements supplémentaires en recherche et développement, l’emploi, les connaissances nouvelles, les brevets, la productivité, les nouveaux produits et la croissance des entreprises.
Tableau 11. Interprétation des indicateurs de résultats du CIR et du CII
| Indicateur | Signification |
|---|---|
| Dépenses déclarées | Coûts que les entreprises ont intégrés dans leurs propres déclarations fiscales |
| Créance fiscale | Droit calculé avant son utilisation définitive et une éventuelle vérification ultérieure |
| Bénéficiaire | Entreprise ou groupe fiscal ayant le droit d’utiliser le crédit |
| Remboursement en numéraire | Montant effectivement remboursé par l’administration fiscale |
| Résultat de recherche | Connaissances nouvelles ou résultat scientifique ou technique vérifié |
| Résultat d’innovation | Nouveau produit effectivement achevé ou introduit sur le marché |
| Prévision | Effet futur attendu qui n’a pas encore été confirmé |
Une entreprise qui annonce avoir déclaré un CIR n’a pas nécessairement démontré que toutes ses opérations ont été validées lors d’une expertise scientifique. De même, un remboursement accordé ne prouve pas que le projet a produit un produit commercialement réussi.
Le crédit d’impôt en faveur de la recherche collaborative
Les entreprises qui travaillent avec des organismes publics ou agréés de recherche doivent également examiner le crédit d’impôt en faveur de la recherche collaborative, ou CICo.
Le CICo est distinct du CIR. Il soutient certains contrats de collaboration en recherche conclus avec des organismes de recherche et de diffusion des connaissances agréés.
Selon la version de l’article 244 quater B bis en vigueur depuis le 1er janvier 2026, les contrats de collaboration admissibles peuvent être conclus jusqu’au 31 décembre 2028. Les dépenses de recherche facturées admissibles sont limitées à 6 millions d’euros par an. Le taux est de cinquante pour cent pour les PME et de quarante pour cent pour les autres entreprises admissibles.
Le CICo n’est pas destiné à une relation ordinaire entre un client et un fournisseur. Le contrat doit définir un objectif commun de recherche, répartir les travaux, les risques et les résultats, et empêcher l’attribution intégrale à l’entreprise de tous les résultats de propriété intellectuelle. Les dépenses facturées par l’organisme de recherche ne peuvent pas dépasser quatre-vingt-dix pour cent des dépenses totales consacrées aux opérations collaboratives.
Une même dépense ne peut pas être intégrée à la fois au CICo et à un autre crédit d’impôt. L’entreprise doit donc comparer le CICo avec les règles de sous-traitance du CIR avant de choisir le traitement d’un partenariat de recherche.
Démarche pratique de préparation du CIR et du CII
L’entreprise doit classer ses travaux avant de calculer le crédit d’impôt.
Une méthode pratique consiste à :
-
Diviser le projet général en opérations techniquement distinctes.
-
Déterminer l’état initial des connaissances scientifiques, techniques et commerciales.
-
Vérifier si chaque opération concerne une incertitude de recherche, la conception d’un nouveau produit ou un développement courant.
-
Affecter le personnel, les équipements, les prestataires et les financements publics à chaque opération.
-
Calculer séparément le CIR et le CII sans chevauchement de dépenses.
-
Préparer les preuves techniques et financières avant de déposer le formulaire 2069-A-SD.
La limite d’admissibilité doit être réexaminée chaque fois que le projet passe à une nouvelle phase. La recherche peut prendre fin lorsque l’incertitude technique est résolue. Le CII peut prendre fin lorsque le prototype ou l’installation pilote est achevé et que commence la préparation courante de la production.
Un spécialiste de la rédaction des demandes de financement ou un conseiller en aides publiques peut aider à structurer le récit du projet, à séparer les lots de travaux, à préparer la matrice de preuves et à coordonner les subventions avec les crédits d’impôt. Le CIR et le CII exigent toutefois aussi la participation directe des équipes techniques, des comptables et des spécialistes de la fiscalité.
Le dossier le plus solide n’est pas celui qui utilise le vocabulaire le plus complexe. C’est celui dans lequel le problème technique, les travaux réalisés, les personnes mobilisées, les coûts engagés et les résultats obtenus peuvent être reliés et vérifiés.
Évaluation finale
Le CIR et le CII comptent parmi les principaux instruments de soutien à la recherche et à l’innovation des entreprises en France.
Le CIR peut financer une part importante des travaux scientifiques et techniques admissibles, notamment les dépenses de personnel, les amortissements, les dépenses de fonctionnement calculées forfaitairement et la recherche externe agréée. Il est accessible aux entreprises de différentes tailles, mais nécessite de démontrer l’existence d’une véritable incertitude scientifique ou technique et d’une démarche systématique visant à créer de nouvelles connaissances.
Le CII constitue une aide plus limitée, mais potentiellement précieuse, pour les PME qui conçoivent des prototypes ou des installations pilotes de nouveaux produits. En France métropolitaine, il couvre vingt pour cent d’une base annuelle admissible limitée à 400 000 euros, soit un crédit théorique maximal de 80 000 euros.
La règle de conformité la plus importante consiste à ne pas qualifier toute activité de développement de recherche, ni toute amélioration de produit d’innovation admissible.
Une incertitude scientifique ou technique oriente vers le CIR. Un nouveau produit destiné au marché et présentant des performances supérieures peut orienter vers le CII. Le développement courant, l’adaptation aux besoins d’un client, la maintenance, la préparation industrielle et le lancement commercial peuvent ne relever d’aucun des deux dispositifs.
Les entreprises qui classent correctement leurs travaux, enregistrent la contribution des salariés, séparent les financements publics et préparent les preuves techniques au fur et à mesure peuvent intégrer le CIR et le CII à une stratégie de financement plus large. Celles qui reposent sur des affirmations générales d’innovation, des relevés de temps reconstitués ou des dépenses qui se chevauchent s’exposent à un risque beaucoup plus élevé de rectification lors d’un contrôle ultérieur.
